Lac du Malécite en Mauricie
Lac du Malécite. Ce petit plan d’eau se situe dans la ZEC Wessoneau, à peu de distance à l’ouest des lacs Toronto et Makamik et à environ 50 km au sud-ouest de La Tuque. Son nom a été proposé par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche en même temps que 23 autres noms amérindiens pour identifier autant de lacs de la ZEC. Approuvé en 1980 par la Commission de toponymie, cet hydronyme rappelle l’existence d’une des nations amérindiennes qui habitaient, avant l’arrivée des Européens, une partie de ce qui allait devenir le Canada et les États-Unis.
Membres de la famille linguistique algique ou algonquienne, les Malécites occupaient principalement le bassin hydrographique de la rivière Saint-Jean. Leur territoire s’étendait jusqu’au Saint-Laurent, en face de Tadoussac, et comprenait une partie du Nouveau-Brunswick et de l’État du Maine. Les relations entre les Malécites et les Blancs ont vraisemblablement débuté au XVIe siècle, alors que les Basques, les Français et les Portugais venaient pêcher dans le golfe, mais c’est Champlain qui, le premier, fait mention de ces Amérindiens dans ses écrits. Le futur fondateur de Québec a en effet entendu parler des guerriers malécites, qu’il nomme Estechemin, au poste de Tadoussac en 1603.
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L’année suivante, Pierre Du Gua de Monts tente d’établir une colonie au cœur du pays malécite, sur l’île Saint-Croix, maintenant Dochet Island au Nouveau Brunswick. Mais, après un hiver rigoureux, il doit renoncer à l’entreprise. Alliés des Français, les Malécites aideront ces derniers lors des guerres contre les Anglais et les Iroquois. Sous le Régime anglais, les Loyalistes les progressivement déposséderont de leurs terres. Ensuite le feront les colons installés par les autorités britanniques. Quelques réserves malécites s’établissent au XIXe siècle, essentiellement au Nouveau-Brunswick.
En 1989, les 229 Malécites recensés au Québec y possédaient deux réserves. Il s’agissait de Cacouna et de Whitworth. On les a créées respectivement en 1891 et en 1876. Pourtant personne n’y habitait. W. F. Ganong écrit en 1889 dans l’introduction du Maliseet Vocabulary que le nom Mal-e-see-jik vient du mot micmac Mal-e-seet, « il parle mal ». Ganong ajoute que les Micmacs et les Malécites affirment que ce mot fut adopté par les Blancs et qu’il leur a été fourni par les Micmacs qui l’utilisaient. Ceux-ci considéraient que le malécite était une imitation du micmac.