Les eaux du Québec

Îles, îlots et îlets au Québec

Îles, îlots et îlets au Québec

Île, Îlot et Îlet

Le Québec est un pays d’îles. Il y en a partout : dans les lacs qu’elles parsèment isolées ou en chapelet., grandes et très grandes, petites et très petites (dans ce dernier cas, on parle plutôt d’îlots et d’îlets.

Certaines des îles sont très connues : celle de Montréal, l’archipel des îles de la Madeleine, l’île Anticosti, l’île d’Orléans, l’île Verte dans la région du Bas-Saint-Laurent, les îles de Sorel, île aux Allumettes… Voici quelque-unes des îles moins connues :

Île Stanislas

Cette île du canton de LeMoine compte une superficie d’une quarantaine d’hectares et se trouve dans la partie nord-est du lac Chibougamau et à quelque 15 km au sud-est de la ville du même nom dans le Nord québécois. Le toponyme Île Stanislas paraît sur une carte géologique de la région en 1911. Il évoque tout un aspect de l’histoire des explorations minières dans ce secteur de la région de Chibougamau. Stanislas Valiquette de Saint-Jérôme (Métabetcouan, au Lac-Saint-Jean, était en effet canotier lors de l’expédition organisée en 1910 par la Commission minière de Chibougamau, constituée par le gouvernement du Québec afin d’évaluer le potentiel minier de ce territoire. Dirigée par Alfred E. Barlow, professeur de géologie pratique à l’Université McGill et ancien membre de la Commission géologique du Canada, la Commission comprenait également J.C. Gwillim, ingénieur des mines et professeur à l’université Queen’s de Kingston, et E.R. Fariboult, membre de la Commission géologique du Canada.

Île Bonfoin

Petite île d’environ 700 mètres de longueur qui, de nos jours, n’est plus qu’une batture. Elle est située à environ 1,5 km à l’ouest du Bout-de-l’Île, là où la rivière des Prairies se jette dans le fleuve Saint-Laurent. En 1857, et encore en 1926, elle s’appelait Isle Bougie. Le nom de Bonfoin lui a probablement été accordé à cause de la qualité du foin qu’on y recueillait. Toutefois, comme certains la connaissent sous le nom de Beaufoin, de Monaghan et de Lajeunesse, il peut s’agir de noms d’anciens propriétaires. En 1672, elle portait le nom de Bourdon, à l’instar de sa voisine au nord.

Île du Bois Debout

Étendue au sud de l’île Migneron, l’île du Bois Debout fait partie d’un groupe de cinq îles situées dans la rivière des Prairies, à l’extrémité nord-est de l’île Jésus. Au XVIIe siècle ce groupe d’îles était désigné sous le nom d’Isles aux Vaches. À l’instar de sa voisine, elle était connue sous ce nom au début du XVIIIe siècle car sa mention se retrouve dans le papier terrier confectionné en 1732 par Elzéar Vallier, supérieur du Séminaire de Québec et seigneur de l’Île-Jésus. Cette appellation implique donc que les arbres n’avaient pas encore été abattus à cette époque, d’où cette expression encore largement en usage dans le monde rural.

Île aux Grues

L’île aux Grues est connue pour les oies qui s’arrêtent sur ses battures aux temps de migrations. Habitée en permanence depuis le XVIIe siècle, cette île vit à un autre rythme, surtout en hiver lorsque les glaces interrompent le travail du traversier qui fait la navette avec le quai de Montmagny.

Le terme batture, emprunté au vocabulaire de la marine, employé dès les débuts de la Nouvelle-France, est passé d’usage en France, mais il s’est maintenant jusqu’à nos jours. Une batture est un rivage affecté par la fluctuation du niveau des eaux sur une portion longue et plate.

La batture Por-à-Vaches a pris son nom d’un terrain ainsi dénommé. Jusqu’au début des années 1950, le Por-à-Vaches était un vaste enclos où les vaches broutaient un excellent foin de grève, croisant sur des ols fertilisés chaque année lors des grandes marées de printemps et d’automne. Ce pâturage est aujourd’hui abandonné, mais on fauche l’herbe et on la sert au bétail pendant l’hiver. Localement, les habitants parlent également du clos des Vaches. Au total, la batture de Saint-André-de-Kamouraska s’étend sur plus de 13 kilomètres.

Île du Corossol

La plus méridionale de l’archipel des Sept Îles, l’île du Corossol, longue d’environ 2 km, se situe vis-à-vis de la baie et de la ville de Sept-Îles. Noté sur les cartes depuis le début du XXe siècle, ce toponyme rappelle le naufrage du Corossol, navire français qui s’était arrêté en rade de Sept-Îles en novembre 1963. Ce tragique événement devait entraîner la mort de Jacques de Lalande de Gayon, coseigneur de Mingan avec Louis Jolliet depuis 1679, ainsi que de plusieurs autres passagers. Ce navire français portait le nom d’un fruit d’origine américaine assez récemment découvert par les Européens, probablement dans les Antilles. Appelé guanabarra presque partout dans les pays de langue espagnole et cœur de bœuf dans les îles française, le corossol est un gros fruit à piquants noirs. Épépiné, on en fait des purées et diverses boissons rafraîchissantes. Par déformation phonétique, on parle souvent d’Île du Carrousel pour désigner ce territoire insulaire de la Côte-Nord. La présence d’un phare sur l’île a suscité la variante dénominative Île de la Lumière.

Île Cairn

L’île Cairn émerge dans la partie méridionale du lac Guillaume-Delisle, importante nappe d’eau qui communique avec la baie d’Hudson toute proche. S’étendant sur 13 km, l’île Cairn, dont la configuration épouse grossièrement celle d’un poisson plat, est formée de rochers aux couleurs particulières (rouge, rose, vert) atteignant 195 mètres de hauteur. Le toponyme qui paraît dans un rapport du géologue Albert Peter Low en 1900, était probablement déjà connu à l’époque. Un cairn est un amas de pierres élevé par les explorateurs des régions polaires afin de marquer leur passage. Les Cris désignent cette île sous l’appellation Mitisinikw, qui ressemble à un ventre d’oiseau, alors que les Inuits la nomment tout simplement Qikirtaaluk, la grande île.

Île à Calculot

Cette petite île située au sud de avec sa voisine l’île aux Goélands à l’Est, l’objet de mes à partire du XIXe siècle. Ceci lui a valu les appellations d’Île Gull, d’Île Verte. Elle porte officiellement depuis 1975 le nom que la botaniste Marcelle Gauvreau avait relevé en 1943 sous la forme de Calculeaux, terme populaire employé par les habitants de la Côte-Nord pour désigner le macareux moine, communément appelé perroquet de mer. Toutefois l’allusion à cet oiseau se retrouve déjà sous la plume de Placide Vigneau en 1858 lorsqu’il désigne cette entité par Île aux Perroquets. Les Montagnais, quant à eux, la désignation sous le nom de Ushakatshuk

Île Canica

Située dans la partie sud-ouest du territoire de la municipalité de Baie-James, près de Matagami, cette grande étendue de terre divise en deux bras les eaux de la rivière Bell, un des grands cours d’eau qui s’écoulent vers la baie James. L’Île Canica s’étend sur une longueur de 26 km et sur une largeur variant entre 5 et 11 km. Quoique d’usage plus ancien, ce toponyme figure sur les cartes topographiques et géologiques depuis 1949. Le nom de Canica est vraisemblablement la déformation du mot kankwanika qui signifie « rivière aux deux embranchements ».

Îlets Percés

Au nombre de deux, les îlets Percés sont situés dans la municipalité de la paroisse de Saint-François-du-Lac, à environ 15 kilomètres en aval de Sorel. Ils sont compris dans un groupe d’îles appelées Îlots des Joncs, qui forment la rive ouest de l’embouchure de la rivière Yamaska. Les Cadastres abrégés des seigneuries, de 1863, indiquent que ces îlets Percés émergent dans la seigneurie de Saint-François. On croit qu’ils ont été dénommés ainsi en raison des nombreux chenaux qui les infiltrent. Le nom d’Îles Mandeville sert également à les désigner.

Îles La Grande Basque et La Petite Basque

Les toponymes La Grande Basque et La Petite Basque identifient deux îles de l’archipel des Sept Îles sur la Côte-Nord. La plus grande de ces îles, d’une superficie d’environ 6 kilomètres carrés, présente un relief accidenté. Au sud, sa petite voisine s’étend sur environ 2 kilomètres carrés. Ces îles ne sont pas nommées sur la carte de Bellin, Baie des Sept Îles (1761). Les noms Grande Basque et Little Basque ne paraîtront que sur la carte de l’hydrographe H. W. Bayfield qui a fait le relevé de ce secteur en 1832-1833. Quant aux appellations Île Grande Basque et Île Petite Basque, elles sont inscrites sur une carte marine de 1960. Le nom de ces îles ne semble pas être attesté avant 1832. Le choix de ces désignations a dû tenir compte alors soit de vestiges soit de traditions orales. Variante : Île aux Basques.

Île Charron

Haute de 9 mètres, longue de 1,7 kilomètres et effilée vers le nord-est, l’île Charron est la plus méridionale des îles de Boucherville situées dans le Saint-Laurent, au nord-est de l’île de Montréal. Presque totalement soudée à l’île Sainte-Marguerite – Molson Island au début du XXe siècle – alors qu’elle en était auparavant séparée par un chenal, l’île Charron a servi de point d’appui à la construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine inauguré en 1967.  Cet aménagement entraîna la disparition de l’agriculture sur l’île. En 1976, le gouvernement acquit une partie de ces îles pour y aménager le parc de récréation des Îles-de-Boucherville et l’île Charron devint, grâce à sa situation, l’endroit du parc. Concédée en 1635 par la Compagnie de la Nouvelle-France à François de Lauson en vendue en même temps que le fief Du Tremblay à René Gaultier de Varennes en 1672, l’île de Charron portera d’abord le nom de Notre-Dame. Par la suite, elle changera d’appellation au rythme de la succession de ses propriétaires. Ainsi, elle deviendra Îles des Lamoureux (incluent l’île Sainte-Marguerite) au moment de son acquisition en 1690 par Louis Lamoureux. Concédée en 1693 à Prudent Bougret, dit Dufort, elle prendra le nom de Dufort jusqu’au moment de son acquisition par Jean Charron (1800-1865) dans la première moitié du XIXe siècle. Charon Island est inscrit sur l’une des cartes de Bayfield en 1858, soit du vivant même de Jean Charron. S’il figure encore sur la carte marine de 1906, le nom Charron sera remplacé ensuite par celui de Dufort, sur des cartes régionales, jusqu’en 1962. Le nom de Charron a ensuite prévalu lors de la publication du Répertoire géographique du Québec en 1969.

Île Perreault

Peu de territoires insulaires ont connu autant de désignations successives en trois siècles d’histoire. Et encore ne s’agit-il ici que d’une toute petite île, la première que l’on rencontre en remontant le cours de la Chaudière, à l’intérieur des limites de Sainte-Marie, dans la Beauce. Le premier nom consigné est celui d’Île Fortunée, partie intégrante d’un fief concédé par l’intendant Jean Talon, en 1672, à François Miville, dit le Suisse, censitaire de Lauzon. Ce fief fut connu sous le nom de Fief ou Seigneurie de la Bonne-Rencontre ou de Fief Miville. Situé à l’est de la rivière Chaudière, il devait inaugurer une série d’établissements sur la route de l’Acadie. Le projet eut peu de suite immédiates. Lors de la concession des seigneuries de la Nouvelle-Beauce, en 1736, le lieu fut désigné sous le nom d’Islet au Sapin. L’acte précise même que c’est à partir de cette île que l’on mesurera les seigneuries en remontant la rivière du Sault de la Chaudière. Le nom est encore connu de plusieurs informateurs, mais sous la forme Île aux Sapins. Un document de 1779 indique Île Manon. Il s’agit là du surnom familier de Marie, décédée en 1820, l’aînée des filles du seigneur d’alors, Thomas-Jacques Taschereau. À cette époque, l’île avait une certaine valeur agricole et servait à la circulation puisqu’on l’utilisait pour la traverse à gué sur les deux rives, pendant l’été, et sur la glace, pendant l’hiver. On rejoignait ainsi le premier moulin banal, sur la rivière de l’Ancien Moulin, dite aujourd’hui Rivière Vallée, du côté ouest de la Chaudière. Après 1857, alors qu’elle appartenait à une famille Lindsay, elle fut nommée Île aux Cerfs. Elle devint par la suite propriété d’Amédée Perreault, dit Dédé, puis de son frère Philéas et de son neveu Arthur et c’est ainsi qu’elle prit son nom actuel d’Île Perreault… ce qui ne l’empêcha pas de porter le nom de Lessard puisqu’elle fut propriété de Louis Lessard jusqu’en 1945.

Île Perrot

L’île Perrot, la plus à l’ouest des îles de l’archipel d’Hochelaga, marque la limite entre le lac des Deux Montagnes et le lac Saint-Louis. Elle s’étend de l’ouest à l’est sur 11 km de longueur et mesure 4,8 km dans sa plus grande largeur. Le point le plus élevé, au centre de l’île, atteint plus de 55 m de hauteur. Le sol, de nature sablonneuse en général, recouvre un socle sédimentaire composé de grès et de dolomite. Les lieux les plus remarquables de l,île sont la Grande Anse, la pointe du Moulin, l’anse et la pointe au Sable, la pointe du Domaine. Bien située à la confluence de la rivière des Outaouais et du Saint-Laurent, l’île Perrot est vite devenue un carrefour où sont passés voyageurs, missionnaires, explorateurs et militaires. L’île fut concédée l2 29 octobre 1672 à François-Marie Perrot (1644-1691), capitaine du régiment de Picardie et deuxième gouverneur de Montréal. La concession comprenait, en plus, les îles de la Paix, aux Pins, Sainte-Geneviève et Saint-Gilles. Le seigneur Perrot a profité de ce site exceptionnel pour établir sur son domaine un poste de traite de grande renommée. Mais il se livra à des activités illégales, commit diverses exactions à l’endroit des marchands de Montréal et vendit de l’eau-de-vie aux Amérindiens. Dans « Nouveaux voyages en Amérique septentrionale » (1703), le baron de Lahontan écrit que : « M. Perrot n’ayant que mille écus d’appointements, a trouvé le moyen d’en gagner cinquante milles en quelques années, par son grand commerce de pelleteries avec les Sauvages. » Le nom Perrot apparaît dans des procès-verbaux et des lettres sous différentes formes : Perault (1743), Pérot 91745), Pereau (1753), Perreault (1786), Peraut (1794) et Perrot qui se maintient depuis la fin du XVIIIe siècle.

Île aux Perroquets

Les quatre îlots situés à l’ouest de l’archipel de Mingan portent le nom collectif d’Îles aux Perroquets, le même spécifique servant à identifier également l’île la plus septentrionale du groupe. Ce toponyme, qui remonte au XVIIe siècle, est un des plus stables de l’archipel de Mingan. L’oiseau auquel le nom de cette île se rapporte est le macareux arctique (Fratercula arctica ; Common Puffin) présent en grand nombre dans les environs. Un des anciens noms du macareux est « moine », d’où a été tiré son nom latin « fratercula ». Voilà pourquoi il est appelé Fratecula arctica, d’après la désignation de Linné. Toutefois, le mot « macareux » n’étant apparu dans la langue française qu’en 1770, il va de soi que l’on a désigné cet oiseau sous le nom de « perroquet » avant cette date. D’ailleurs J.-B.-Louis Franquelin utilisa, au XVIIe siècle, « perroquets de mer », mais la mention de ce nom est antérieure puisqu’on la rencontre chez Samuel de Champlain en 1613. Les Montagnais ont trois noms pour désigner cette île : Katepwastjet, île du criard, Uetshistunishekau, c’est une roche en forme de nid d’oiseaux et Wetsitujsekaw, île aux œufs.

Île Perry

Petite île de 250 mètres de longueur située à Montréal dans la rivière des Prairies vis-à-vis de Laval-des-Rapides. Connue d’abord comme l’île des Messieurs, elle est devenue la propriété de Charles Perry, marchand de tabac de Montréal, qui lui donna son nom le 19 juillet 1837. Ce dernier mourut en 1845. Le nom réfère aux Messieurs de Saint-Sulpice qui mirent ce site en valeur à proximité des célèbres moulins du Crochet et du Gros Sault. Ce sont deux îles réunies dont l’île Raisin qui, après avoir formé l’île des Messieurs, sont devenues ensemble l’île Perry. Aujourd’hui, elle est également connue sous l’appellation d’île aux Fesses.

Île Patience

D’une longueur de 1,1 km, étroite, inhabitée et entourée de récifs, cette île située au nord de la Grosse Île fait partie de l’archipel de l’Isle-aux-Grues. Publiée sur la carte de Jean Deshayes en 1695, de même que relevée sur celle de Nicolas Bellin en 1761 sous la forme d’I. Patiance, elle résiste à toute explication, même si le mot n’est pas énigmatique. L’hypothèse de Pierre-Georges Roy voulant que ce nom ait été attribué parce que le père Paul Le Jeune avait été oublié sur l’île par les Amérindiens pendant huit jours est séduisante, mais elle ne repose sur aucun document de l’époque.

Île Paton

L’île Paton émerge de la rivière des Prairies, sur environ 0,5 km, à 1,5 km en aval du pont Louis-Bisson, reliant le secteur de Chomedey à Laval, près de l’ancien village de L’Abord-à-Plouffe et la ville de Saint-Laurent. Cette île naturelle, rattachée à l’île Du Tremblay par un petit pont, fait partie du complexe résidentiel du luxe du Havre-des-Îles, dont la construction s’est effectuée de 1872 à 1979. Né en Écosse en 1852, Hugh Paton débarque au Canada en 1871 et s’installe à Toronto, où il travaille dans les entreprises de son oncle, John Shedden, important entrepreneur. Deux ans plus tard, il s’établit à Montréal et devient président de la Sheddon Forwarding Company. C’est en 1880 qu’il acquiert, pour une somme de 2800 $, l’île à laquelle son nom est attaché. Jusqu’à sa mort, en 1942, Paton s’affaire à transformer son île en parc et à l’aménager en jardin féerique. Paton a relié la terre ferme à l’île par un pont splendide en 1886. Dans l’île, il y a un terrain des plus riches et des mieux agencés pour le golf, une serre admirable où l’on peut cueillir en toutes saisons les fleurs les plus rares et les légumes les plus recherchés. De 1963 à 1967, l’île Paron a appartenu à la famille Du Tremblay, longtemps propriétaire du quotidien montréalais La Presse. La résidence était connue sous le nom de The Island.

Île aux Ossements

L’île aux Ossements s’élève au milieu du lac Duparquet, en Abitibi, à 30 kilomètres au nord-ouest de Rouyn-Noranda. Cette petite étendue de terre d’une largeur de 500 mètres portait le spécifique Dry Bone jusqu’en 1983, alors qu’il fut traduit par Ossements et approuvé officiellement. En réalité le dry-bone est un carbonate naturel de zinc ZnCo2, appelé scientifiquement smithsonite en français, d’après James Lewis Macie, dit Smithson (1765-1829) qui, en 1826, a légué aux États-Unis 120 000 livres sterling pour la fondation d’une société, nommée Smithsonian Institution, à Washington.

Île aux Oeufs

Située à une quarantaine de kilomètres au nord de Pointe-des-Monts et à 2 kilomètres de la rive nord du Saint-Laurent, sur la côte-Nord, l’île aux Oeufs, longue de 1,2 km, est étroite, basse, formée de roche granitique et entourée de récifs. Elle est devenue célèbre à la suite du naufrage d’une partie de la flotte de l’amiral anglais Hovenden Walker, dans la nuit du 22 au 23 août 11711. Venu de Boston pour s’emparer de la colonie, l’amiral Walker y perdit dix navires et près de 900 personnes. Sur l’avis de son conseil de guerre, il retourna en Angleterre. Ce toponyme, orthographié « isles aux oeux », en 1694, par Louis Jolliet, est encore plus ancien puisque la première attestation figure sur la carte de Jean Guérard (1631) sous la forme étonnante de I. aux Ceufr. Traduit Egg Island, en langue anglaise, à la fin du XVIIIe siècle, le toponyme Île aux Oeufs ne disparut cependant pas de l’usage. Il rappelle la présence d’oeufs de différents espèces d’oiseaux qui se rendaient autrefois pour y nicher en grand nombre, comme de nos jours d’ailleurs.

Île aux Oies

Sise dans le fleuve Saint-Laurent à l’extrémité nord-est de l’archipel de L’Isle-aux-Grues et à 4,5 km au large de L’Islet-sur-Mer, sur la Côte-du-Sud, cette île, longue de près de 5 km et large de 1 km,, est en fait composée de deux îles réunies par une langue de terre sujette aux inondations que provoquent parfois les hautes marées du fleuve. Une batture s’étend sur plus de 7 km au sud-ouest de l’île aux Oies, reliant cette dernière à sa voisine, l’Île aux Grues. Vers le milieu du XVIE siècle, ces deux îles, n’en faisant qu’une selon certaines cartes, étaient appelées Île du Sud. Plus tard, le 20 octobre 1633, le père Paul Le Jeune, jésuite explorant la Côte-du-Sud, écrit : nous quittâmes cette île – vraisemblablement l’île aux Grues – pour entrer dans une autre appelée Cachibasiouachgate. Nous la pourrions nommer l’Isle aux Oies blanches, car j’en vis plus de mille dans une bande. Elle doit donc son nom à la multitude d’oies qu’on y trouve lors des périodes migratoires. Grand amateur de chasses, Charles Huault de Montmagny (vers 1583-1653), premier gouverneur en titre de la Nouvelle-France (1636-1648), l’acquiert en 1646, ainsi que l’île aux Grues et la seigneurie de la Rivière-du-Sud. Jean-Jacques Moyen, sieur des Granges, achète l’île en 1654, s’y installe et y meurt assassiné par les Iroquois dès l’année suivante. Le seigneur de la Rivière-du-Sud, Louis Couillard, récupère l’île et, en 1668, en cède une partie à son gendre, Paul Dupuy. Trois ans plus tard, l’île est divisée. La partie ouest, appelée à l’époque Petite île aux Oies, devient l’unique propriété de Pierre Bécart de Granville, seigneur de l’Île-aux-Grues. Dupui conserve la partie est, alors dénommée Grande île aux Oies, et la vend, en 1713, aux Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec. Plus tard, les religieuses la baptisent Île Marie, du nom d’un petit bateau amenant à Québec les denrées alimentaires produites dans leur seigneurie insulaire. Petite et Grande îles aux Oies ne seront à nouveau réunies, entre les mains de Augustines, qu’en 1875. L’île aux Oies deviendra, en 1964, la propriété du Club Saint-Laurent puis, vers 1975, celle du Domaine de l’île aux Oies, tous deux clubs privés de chasse. Pour la désigner, on relève de nombreuses variantes de sources écrites et orales, notamment Île Sainte-Marie, La Bécard, Île Hôpital, Île des Prairies, île des Joncs, Île des Brousses.

Île Philemon

De 800 mètres de longueur, l’île Philemon, à peine détachée de la terre ferme, est située au pied de la chute des Chaudières, entre le lit étroit de la rivière des Outaouais et le canal anciennement aménagé comme glissoire pour le bois par la famille Wright. Cette désignation rappelle le fondateur de Hull (Gatineau d’aujourd’hui), Philemon Wright (1760-1839), véritable instigateur du développement de L’Outaouais. N’apparaissant pas sur le plan du canton de Hull en 1884, ce toponyme est probablement postérieur à cette année-là.

J’ai passé la nuit à la fenêtre, mais le temps ne m’a pas duré. Que la campagne est belle! quelle tranquillité! quelle paix profonde! et quelle musique dans ces vagues rumeurs de la nuit! De retour au salon, elle me montra le portrait de sa mère, piquant brunette à qui elle ne ressemble pas du tout, et celui de son père, à qui elle ressemble tant. Ce dernier m’a paru admirablement peint. (Laure Conan : Angéline de Montbrun)
J’ai passé la nuit à la fenêtre, mais le temps ne m’a pas duré. Que la campagne est belle! quelle tranquillité! quelle paix profonde! et quelle musique dans ces vagues rumeurs de la nuit! De retour au salon, elle me montra le portrait de sa mère, piquant brunette à qui elle ne ressemble pas du tout, et celui de son père, à qui elle ressemble tant. Ce dernier m’a paru admirablement peint. (Laure Conan : Angéline de Montbrun). Photographie de Megan Jorgensen.

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