Côte-du-Sud : réseau hydrographique

Le réseau hydrographique de la région de la Côte-du-Sud

Réseau hydrographique : On a souvent parlé de la province de Québec comme d’un pays de lacs et de rivières. Mais cette étiquette s’applique davantage à la partie nord du fleuve Saint-Laurent et è la Gaspésie. Le réseau hydrographique de la Côte-du-Sud est plutôt modeste avec ses quelques lacs de surcreusement glaciaire et c’est rivières paresseuses divisées entre deux bassins versants : celui du Saint-Laurent et celui de la rivière Saint-Jean.

Le fleuve Saint-Laurent est le cours d’eau le plus important de la région qui se définit d’ailleurs par rapport à lui. Dans le jargon des géographes, il s’agit d’un estuaire parce que les eaux subissent l’effet de la marée, mais les riverains, pour leur part, utilisent volontiers le terme « mer » pour désigner le fleuve. L’estuaire a la forme d’un entonnoir qui se rétrécit à la hauteur de Saint-Jean-Port-Joli, mais les eaux demeurent saumâtres jusqu’à l’île d’Orléans.

L’estuaire du Saint-Laurent connaît des marais des forte amplitude. Dans le golfe, le flux est relié à l’attraction de la lune et du soleil alors que dans l’estuaire le refoulement de l’eau de mer vers la source provoque la montée des eaux. Le rétrécissement du fleuve et l’élévation du fond produisent une amplification de cette onde depuis Rivière-du-Loup jusqu’à Portneuf. La variation du niveau d’eau atteint son maximum dans le moyen estuaire (5 è 6 mètres à Saint-François, île d’Orléans).

*

Après avoir franchi l’étranglement de Québec, l’onde commence à s’amortir à la hauteur de Batiscan pour devenir à peine perceptible à Trois-Rivières. Les zones recouvertes par les marées – dans le langage populaire, on parle généralement des grèves et plus rarement des battures – s’entendent parfois à perte de vue. La présence, à plusieurs endroits du littoral, d’une plate-forme presque horizontale se prolongeant sur le fleuve et responsable des ce phénomène.

Le Saint-Laurent a de tout temps joué un rôle très important dans la vie des riveraines. Voie de communication, source de nourriture, lieu de loisir, il avait aussi sa place dans l’imaginaire populaire. Aujourd’hui, les Sudcôtois ont perdu ce rapport intime avec le fleuve. Seuls les adeptes de la voile et quelques baigneurs perpétuent une tradition qui remonte aux premières temps de la colonie.

Le Saint-Laurent draine les principales rivières de la Côte-du-Sud, dont l’orientation est déterminée par celle des plissements des roches sédimentaires des crêtes ; elles son obliques par rapport au fleuve. Après avoir dévalé du plateau appalachien, elles s’étirent dans la plaine pour rejoindre le fleuve en franchissant de petites chutes qui ont fait tourner la plupart des moulins à farine érigés dans les seigneuries.

*

Le versant de la rivière Saint-Jean comprend également quelques cours d’eau importants qui suivent un tracé plutôt perpendiculaire à l’axe laurentien. La rivière Daaquam, la Grande rivière Noire et la rivière Saint-Roch aurait servi de voies de communication avec l’Acadie au 18e siècle. Au siècle suivant, de petites scieries ont été bâties le long des rivières secondaires de cet immense domaine forestier.

Plusieurs rivières de la région prennent leur source dans un des lacs du plateau appalachien. La Côté-du-Sud on en compte environ une centaine qui occupent des dépressions surcreusées par le glacier. Les plus vastes se retrouvent à l’est de la région : Pohénégamook, de l’Est, Sainte-Anne et, probablement, le plus majestueux d’entre eux, le lac Trois-Saumons, cette étonnante vasque taillée dans la blancheur du quartz.

*

Contrairement à d’autres régions du Québec, les rivières de la Côte-Sud n’ont pas été déterminantes pour le développement économique de la région. En fait, ses ressources hydrauliques pouvaient faire tourner quelques moulins, mais était insuffisantes pour soutenir des industries consommant beaucoup d’énergie. Les rivières ont facilité la pénétration à l’intérieur du territoire. Pourtant, elles ont aussi constitué des obstacles aux communications. Avant qu’on érige les premières ponts, les plus importantes devaient être passées à gué. Cela était donc impossible pendant les périodes de crue. En outre, elles n’étaient navigables qu’en canots. Toutefois, elles ont servi au flottage du bois, ce qui a été fatal pour la faune aquatique.

Pont de bois enjambant la rivière Trois Saumons sur la terre de Marc-Arthur Deschênes, à Saint-Jean-Port-Joli (ANQ, Québec. E67/28004-62-H). Photographie manquante.

Illustration : La grève à Saint-Roch-des-Aulnais en 1945. (Mac, fonds Morisset, 6101-B1). Photo : Gérard Moriset, prise en 1945, image libre de droits.

Pour en apprendre plus :

Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.

Laisser un commentaire