Côte-Nord

TNO Rivière-Mouchalagane

TNO Rivière-Mouchalagane

Territoire non organisé de Rivière-Mouchalagane

Le territoire non organisé de Rivière-Mouchalagane est situé dans la municipalité régionale de comté de Caniapiscau qui fait partie de la région administrative de la Côte-Nord. Constitué civilement le 1er janvier 1986, ce TNO couvre une vaste superficie d’environ 32 300 kilomètres carrés.

Rivière Mouchalagane

À la hauteur du 53e parallèle, la rivière Mouchalagane, qui tire sa source des lacs du Sommet et Itomamis, coule vers le sud. Après avoir parcouru une distance de 132 km, elle se jette dans le réservoir Manicouagan. Une multitude de rapides perturbent cette entité hydrographique dont les principaux affluents sont les rivières Labadie, Tuk et Pipicheau. Dans la dernière partie de son cours, soit sur quelque 80 km, elle s’élargit pour former le bassin ouest du réservoir Manicouagan. Antérieurement à la formation du réservoir, ce bassin avait porté le nom de Lac Mouchalagane. L’usage de ce nom montagnais, dont on ignore le motif d’attribution, remonte au moins au début du XVIIIe siècle. Sur sa « Carte du Domaine en Canada de 1731 , le père Laure mentionne « R. Moycha’ouragane ». Le ouragane signifierait « plat, écuelle d’écorce » tandis que l’on pourrait traduire « moucha » par « grand, grande ». L’explorateur Albert Peter Low mentionne Mouchalagan River en 1895. Une enquête toponymique menée en 1979 en territoire montagnais rapporte que l’appellation en usage pour désigner ce lac est Mushaualakan, qui veut dire « tendre les filets vers le large ».

Canton Courchesne

À une quarantaine de kilomètres au sud de Fermont, le canton de Courchesne est irrigué, à l’ouest, par la rivière Carheil, qui s’élargit jusqu’à devenir un lac et, à l’est, par les premiers kilomètres de la rivière Moisie et de ses affluents. Ce canton couvert de forêts et inhabité possède un relief qui s’élève jusqu’à 725 mètres environ. Il rappelle, depuis 1955, le souvenir de monseigneur Georges Courchesne (1880-1950), principal de l’École normale de Nicolet (1919) qui devint le quatrième évêque de Rimouski (1928) et le premier archevêque du même diocèse en 1946. Il est l’auteur de ‘Nos humanités », ouvrage publié en 1927.

Canton Cormier

Dans ce quadrilatère cantonal où se distinguent à peine les premiers kilomètres de la rivière de la Montagne Blanche, l’une des nombreuses branches de la rivière Sainte-Marguerite qui aboutit à l’ouest de Sept-Îles, des lacs minuscules et innombrables se suivent en tous sens, où le relief s’élève à plus de 1 000 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Le nom de ce canton rappelle le souvenir de Victor Cormier, fondateur de la colonie acadienne de Natashquan où il s’établit avec son fils Rémi en 1855. Il honorerait également Dominique, Hippolyte et Louis Cormier, tous trois pionniers de Pointe-aux-Esquimaux, appelée par la suite Havre-Saint-Pierre.

Canton Deschambault

Ce canton se situe à environ 100 km au nord du réservoir Manicouagan, à la hauteur de la baie James. Très arrosé, il est baigné à l’ouest par la rivière Seignelay qui descend jusqu’au réservoir Manicouagan sur un terrain d’une altitude variant autour de 750 mètres. Des fondrières à filament s’étendent ici et là à proximité des lacs. Le nom de ce territoire géographique, situé près de la limite septentrionale des cantons, est celui de Jacques-Alexis de Fleury Deschambault (vers 1642-1715). Issu d’une famille nombre originaire de Saint-Jean de Montaigu en Bas-Poitou, il est arrivé à Québec, à l’âge de 29 ans, avec le titre de « docteur ès lois et avocat au Parlement ». (Mouchalagane)

Canton Des Groseilliers

Ce canton dont le nom paraît sur la carte officielle du Québec en 1963, se situe à quelque 70 km au nord du réservoir Manicouagan. Son terrain, qui s’élève jusqu’à 850 mètres environ, est couvert de nombreux lacs dont plusieurs, s’échelonnant près des rivières, constituent les vestiges de plus vastes étendues d’eau. Le personnage historique qui identifie cet espace géographique est Médard Chouart Des Groseilliers (1618—vers 1696), ce dernier nom étant emprunté à la ferme dite Les Groseilliers qui appartenait aux parents de Médard. Passé au Canada vers 1641, il se mit au service des Jésuites, à la mission huronne située entre le lac Simcoe et le sud-est de la baie Georgienne, mission dont il est revenu en 1646. Après 1652, il se lie avec son beau-frère Pierre-Esprit Radisson pour effectuer ses futurs voyages de traite de fourrures dans la vallée de l’Outaouais (1660) ou dans la région des Grands Lacs (1658). Après leur très fructueuse expédition chez les Outaouais en 1660 et voulant se rendre chez les Cris, à l’encontre de l’interdiction du gouverneur, ce dernier les fait arrêter. Soit par vengeance, soit par dépit, les deux beaux-frères, après avoir vainement cherché des appuis financiers en France, passent du côté de l’Angleterre en transfuges, de 1665 à 1673. Mais ils reviennent à la France en 1674. Par la suite, Des Groseilliers a vécu en paix à Trois-Rivières jusqu’en 1681. L’année suivante, il repartait pour la baie d’Hudson, rentrait à Québec en 1683, était à Versailles en 1684 et enfin se fixait près de Sorel, en 1685, où il est décédé avant 1698, probablement en 1696.

Canton Desjordy

Situé à 25 km au sud de la ville de Fermont, le canton de Desjordy occupe les tout premiers kilomètres d’aval de la rivière Le Gentilhomme, un des affluents les plus septentrionaux de la rivière Moisie qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent à l’est de Sept-Îles, 250 km plus au sud. Les étendues d’eau, nombreuses et petites – sauf le lac Le Gentilhomme au nord – parsèment un territoire dont le plus haut sommet atteint 716 m. Joseph Desjordy de Cabanac (1657-1713), originaire de Carcassonne, est venu en Nouvelle-France comme membre de l’état-major du marquis Jacques Brisay de Denonville, en 1685. Il se rendit à Cataracoui ou fort Frontenac (Kingston) en 1687, participa à l’expédition contre les Iroquois, puis il retourna à Montréal avec sa compagnie. Par la suite, il s’est distingué en 1690 contre les troupes de Phips pour avoir dirigé une attaque à l’est de la rivière Saint-Charles, près de Québec. Par son mariage avec Madeleine Pézard de la Tousche en 1691, il devint copropriétaire de la seigneurie Champlain, et, en 1695, il recevait le fief de Cabanac sur la rivière Richelieu, il termina sa carrière comme major de Trois-Rivières (1712) après avoir occupé le poste de commandant, à titre intérimaire et au même endroit, en 1709.

Canton de Forget

Situé à 80 km au nord-ouest de la ville de Gagnon aujourd’hui disparue, le canton de Forget (1956) est irrigué par la rivière Mouchalagane à l’ouest, plus importante que la rivière Pipichicau, à l’est. Ces deux cours d’eau sont encaissés dans un terrain vigoureux s’élevant jusqu’à 750 m au nord-est. Amédée-Emmanuel Forget (1847-1923) était un avocat,né à Marieville. Après son accession au Barreau du Québec (1871), il devient pendant quelques années secrétaire du Conseil du Barreau du district de Montréal. Dès l’âge de 28 ans, il oriente sa carrière dans les Territoires du Nord-Ouest, où il occupe diverses fonctions reliées aux réclamations des Métis. Greffier de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest (1888), puis lieutenant-gouverneur des mêmes territoires (1898-1905), il devient le premier lieutenant-gouverneur de la Saskatchewan (1905-1910).

Canton de Forgues

Le canton de Forgues est situé au sud du Petit lac Manicouagan, à une quarantaine de kilomètres à l’est du réservoir du même nom. La rivière Toulnustouc Nord-Est, qui en émane, s’encaisse de plus de 300 m dans un plateau rocheux dont le sommet culmine à 1066 m. Le nom, adopté en 1961, qui identifie cette unité territoriale rappelle le souvenir d’Eustache Forgues (1855-1892), qui fut arpenteur sur la Côte-Nord. En octobre 1891, il remplaça le comte Henri de Puyjalon comme gardien du phare de l’île aux Perroquets. Il se noya le 6 mai 1892 en retournant à la terre ferme.

Canton de Francheville

Situé aux confins septentrionaux de l’espace québécois organisé en cantons, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Fermont, cette division géographique se trouve également à la ligne de partage des eaux des bassins de l’Ungava et du Saint-Laurent. Les lacs Derby, Hélène, Peliptacau et Gensart se déversent dans la Caniapiscau alors que le lac Turtle alimente la rivière Peppler, affluent de la Petite rivière Manicouagan. Son terrain montueux, très arrosé, marécageux et sillonné par quelques eskers, se situe généralement au-dessus de 625 m et atteint 7011 m près du lac Gensart. Pierre Francheville (1649-1713), prêtre, secrétaire de monseigneur de Laval (1675), fit du ministère à Beauport (1678-1681), Saint-Pierre de l’île d’Orléans (1681-1689), Rivière-Ouelle (1689-1692), Cap-Saint-Ignace, Saint-Thomas (1692-1698) et Longueuil (1701-1713). À Rivière-Ouelle, il se mit à la tête d’un détachement militaire et empêcha la flotte de Phips d’opérer un débarquement dans la paroisse (1690).

Canton de Frigon

Le canton de Frigon, désigné en 1962, est arrosé par la rivière Séchelles qui prend sa source dans le lac du même nom, à environ une soixantaine de kilomètres au nord du réservoir Manicouagan. Ce cours d’eau tributaire de la rivière Seignelay, comme le ruisseau du Dard, coule dans une profonde vallée, au sud, soit dans le secteur où les altitudes sont plus grandes. Inhabitée et quelque peu marécageuse, cette division territoriale a reçu le nom de François Frigon (1648-1724), pionnier de Batiscan et ancêtre des familles Frigon. Dès 1667, il se fait construire une mansarde à cet endroit et y demeure avec Jean Cusson pour faire du défrichement. L’année suivante, il séjourne presque continuellement à Batiscan où les colons commencent à se fixer. Il s’occupe de traite des fourrures dans la localité, puis se rend à Detroit et au fort Pontchartrain, sur le lac Erie, en 1701, 1705 et 1707. Il portait le surnom de L’Espagnol. Ce toponyme paraît dans le Répertoire géographique du Québec en 1969.

Canton de Gervaise

Arrosé par la rivière Seignelay qui le traverse du nord au sud, le canton de Gervaise dont le nom, choisi en 1958, apparaît sur une carte générale du Québec en 1963, se situe à environ 75 km au nord du réservoir Manicouagan. Cette division cantonale doit son nom à Jean Gervaise (1611-1690), soldat de la 8e escouade arrivé en Nouvelle-France, avec le grand recrutement de 1653. Engagé comme boulanger et défricheur, il s’installe à Montréal, sur la rue Saint-Sulpice. Il occupera comme charge paroissiale la fonction de marguillier à la paroisse de Notre-Dame (1657). En 1673, après avoir agi à titre de procureur fiscal substitut, il est commissionné par le juge Charles d’Ailleboust Des Muceaux pour le remplacer lors de ses nombreuses absences. Il occupera cette fonction jusqu’à peu de temps avant sa mort.

Canton de Godefroy

Situé entre le Petit lac Manicouagan et le réservoir du même nom, juste au sud-est de l’ex-ville de Gagnon, le canton de Godefroy est irrigué par la rivière Hart Jaune et son principal tributaire, la rivière Blough. Coupés par de nombreuses chutes, ces cours d’eau s’encaissent profondément dans un relief montagneux qui dépasse en quelques endroits 700 m d’altitude. Cette division géographique a été nommée en 1958 en l’honneur de Jean-Paul Godefroy (vers 1602-1668) dont le père, prénommé Robert, était membre de la Compagnie des Cent-Associés. Arrivé en Nouvelle-France en 1623 ou en 1626, ce commerçant devenu amiral de la flotte en 1649, a servi comme interprète de Champlain, commis de la traite à Trois-Rivières (1636) et membre du premier Conseil de la colonie. Il a de plus été chargé, en 1651, avec le père Gabriel Druillettes, d’une mission auprès des délégués des colonies de la Nouvelle-Angleterre, dans le but d’établir des relations commerciales avec les Anglais et de les convaincre de combattre les Iroquois. Les délégués des colonies n’ont accepté que la première proposition. Godefroy est retourné en France avec sa famille après 1657.

Canton de Gueslis

Ce canton est situé à environ 75 km au nord du Petit lac Manicouagan. Il est principalement irrigué par la rivière aux Pékans qui coule au nord-est et qui recueille, par un petit cours d’eau, les eaux du lac Duck et de plusieurs autres plans d’eau qui l’entourent. La topographie qui se maintient généralement autour des 750 m atteint 777 m au nord-ouest. On a attribué en 1956 à cette division territoire le nom de François Vaillant de Gueslis (1646-1718), jésuite français ordonné à Québec par monseigneur de Laval en 1675. Il a œuvre à Lorette, au Collège de Québec, chez les Agniers et les Tsonnontouans ; il a fondé une résidence des Jésuites à Montréal (1693-1697) et a inauguré une mission indienne à Détroit. En décembre 1687, le gouverneur de la Nouvelle-France lui a confié la tâche d’aller négocier la paix entre Français et Iroquois auprès du gouverneur de New York, Thomas Dongan.

Canton de Hind

Le canton de Hind s’étend dans la MRC de Caniapiscau à quelque 55 km au sud-ouest de la ville de Fermont. Son territoire est parsemé de nappes d’eau anonymes. Ce toponyme, adopté en 1956, rend un hommage particulier à Henry Youle Hind (1823-1908), originaire de Nottingham et ancien élève de Cambridge, qui s’établit au Canada vers 1846. Chargé de cours en chimie et mathématiques à la Toronto Normal School de 1848 à 1853, il sera ensuite professeur de chimie et de géologie au Trinity College jusqu’en 1863. Ses missions d’exploration du Labrador, accomplies à la demande du gouvernement du Canada-Uni, feront l’objet d’une importante publication à Londres, en 1863, sous le titre « Exploration in the Interior of the Labrador Peninsula ». D’autres missions l’amèneront à la rivière Rouge, en Saskatchewan ainsi qu’au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. C’est dans cette dernière province qu’il se fixera finalement jusqu’à son décès survenu à Windsor.

Canton de Jauffret

Dans la MRC de Caniapiscau, le canton de Jauffret s’étend à quelque 10 km à l’est du réservoir Manicouagan. Son territoire est dominé par les monts Groulx où se retrouve le mont Jauffret qui s’élève à 1060 mètres. Le nom de ce canton évoque depuis 1958 la mémoire du père eudiste André Jauffret (1885-1957). Après son ordination en 1914, il entreprend sa vie missionnaire sur la Côte-Nord, à Betsiamites, pour la poursuivre à Port-Menier, dans l’île d’Anticosti (1914-1916), et à Sept-Îles (1917) puis de nouveau à Betsiamites jusqu’en 1923 Il occupe, par la suite, diverses fonctions dont celles de supérieur à la résidence de Chicoutimi, en 1944, puis de curé à la paroisse du Sacré-Coeur en la même ville, de 1945 à 1949. Il décède à Québec, dans la paroisse de Saint-Coeur-de-Marie.

Lac Jeannine

Le lac Jeannine est localisé à 300 km au nord de Port-Cartier et à 8 km de l’ancienne ville minière de Gagnon, fermée en 1985. Ce lac se décharge par un cours d’eau traversant les déblais de mine et une série de petits lacs pour se jeter ensuite dans le réservoir Manicouagan. On ne connaît pas l’origine de cette appellation, mais il semble qu’elle soit attribuable à un prospecteur de la compagnie minière Québec-Cartier, qui a fait partie d’une équipe qui a découvert un riche gisement de fer en 1957. Ce petit plan d’eau de 1,7 km de long et 800 m de large doit sa notoriété à l’exploitation minière de grande ampleur qui s’est effectué dans son voisinage. Cette localisation périphérique par rapport à l’écoumène québécois a nécessité la construction d,une ville de 4 000 habitants, d’un chemin de fer reliant la mine à Port-Cartier, ainsi que de la centrale hydroélectrique Hart-Jaune. Les travaux d’aménagement se sont déroulés de 1958 à 1961 et la mine a été exploité par plus de 1000 travailleurs entre 1961 et 1976. Ce gisement aujourd’hui épuisé mesurait 701 m de longueur, 243 m de largeur et 304 m de profondeur. On en a tiré plus de 267 millions de tonnes de fer à concentration moyenne de 33%.

Canton de Laclède

Ce canon se situe à environ 200 km au nord de Sept-Îles, dans la partie supérieure du bassin de la rivière Moisie, à la ligne de partage des eaux. Le toponyme, chosi en 1962, rappelle le fondateur de la ville de Saint-Louis, au Missouri, Pierre de Laclède Liguest (1724-1778). Membre d’une compagnie de traite fondée à La Nouvelle-Orléans, Laclède entreprend dès le mois de février 1764, avec René-Auguste Chouteau, qui n’a alors que 15 ans, le défrichement de l’emplacement d’un poste qu’il nomme d’après le saint roi de France de l’époque des Croisades. On semble alors ignorer que la Louisian a été cédée à l’Espagne depuis 1762. Même après 1770, alors que l’administration espagnole finit par s’installer à Saint-Louis et Chouteau continuent à y diriger les affaires locales. Plusieurs habitants du Cahokia et même de la vallée du Saint-Laurent s’étaient installés à Saint-Louis après 1763, notamment pour y poursuivre leurs activités de traite des fourrures.

Canton Lamberville

Traversé par la rivière Sainte-Marguerite, ce canton de la Côte-Nord est situé à quelque 190 km au nord de Sept-Îles et se rattache à la MRC de Caniapiscau. Adopté en 1962, le nom évoque le souvenir du père jésuite Jean de Lamberville (1633-1714), originaire de Rouen. Arrivé en Nouvelle-France en 1669, il est affecté à la mission des Iroquois. Ayant gagné la confiance des Onontagués principalement, les autorités coloniales lui confièrent plusieurs fois des ambassades et des missions de médiation.. En dépit des recommandations qu’il fit aux gouverneurs La Barre et Denonville en vue d’établir une paix durable avec les Cinq-Nations, les Français organisèrent des expéditions punitives qui envenimèrent la situation et conduisirent au massacre de Lachine en août 1689. Sa santé étant devenue précaire et ses ambassades ayant échoué, Lamberville rentra en France où il s’occupa pendant plusieurs années de la procure des missions jésuites du Canada.

Canton de Lauzon

On retrouve ce canton à une quarantaine de kilomètres au nord du réservoir Manicouagan, dans la MRC de Caniapiscau ; désigné en 1958, il est arrosé dans sa partie sud-est par la rivière de la Racine de Bouleau. Le toponyme évoque Jean de Lauson (vers 1620-1661), fils du gouverneur qui portait le même nom. Arrivé définitivement au Québec en 1651, il fut nommé grand sénéchal, ce qui le rendait responsable de l’administration de la justice civile et criminelle sur tout le territoire. Le 22 juin 1661, lors d’une embuscade iroquoise, il fut tué avec ses six compagnons près la rivière Maheu, à Saint-Jean de l’île d’Orléans. Lauzon est devenu graduellement la forme courante de ce patronyme.

Canton Le Courtois

S’étendant à une quarantaine de kilomètres au nord-est du réservoir Manicouagan, le territoire de ce canton dénommé en 1961 est occupé en grande partie par le Petit lac Manicouagan qui longe, du côté ouest, la voie ferrée de la compagnie minière Québec-Cartier. Ce nom rappelle l’oeuvre du père eudiste François-Gabriel Le Courtois (1763-1828) ; réfugié en Angleterre après son refus de prêter serment de fidélité à la Constitution civile française (1791), il est venu au bas-Canada à l’invitation de monseigneur Jean-François Hubert (évêque de Québec. Après un court séjour à Saint-Vallier, Le Courtois exerça un fructueux ministère à Saint-Nicolas puis à Rimouski, ce qui lui donna l’occasion de se rendre à Tadoussac et jusque sur la Basse-Côte-Nord. Nommé curé de Saint-Étienne, à La Malbaie, en 1806, il y demeura jusqu’en 1822 alors qu’on lui confia la paroisse de Saint-Laurent, île d’Orléans, où il décédera.

Canton Leduc

Ce canton se trouve à 40 km au sud de Fermont. Son territoire est baigné par le lac Gras et arrosé par les rivières aux Pékans et Grasse. Officielle depuis 1956, cette désignation évoque le père oblat Hippolyte Leduc (1842-1918), né à Évron (Mayenne). Après un hiver passé dans les missions de la Gatineau, au Québec, il se rend dans l’Ouest canadien où il se retrouve à Saint-Boniface puis à Saint-Norbert, au Manitoba, avant de se diriger en Alberta, en 1870. Nommé vicaire général en 1879, après avoir refusé la charge d’évêque, le père Leduc remplira cette fonction jusqu’à son décès, survenu à Edmonton. En 1883, les habitants de Saint-Albert en Alberta l’ont délégué pour défendre leurs droits auprès du gouvernement fédéral, et, deux ans plus tard, il interviendra comme pacificateur, lors de la rébellion des Métis.

Canton Legal

Cette entité territoire de la MRC de Caniapiscau se situe au sud du canton de Leduc, à 50 km de la ville de Fermont. Ce canton désigné sous ce nom depuis 1956, est arrosé par la rivière Sainte-Marguerite et baigné, entre autres, par les lacs Todd et à la Plaine. Le père oblat Émile Legal (1849-1920), né à Saint-Jean-de-Boiseau (Loire-Atlantique), fut forcé d’émigrer en 1880 par suite de l’expulsion de de France des religieux ; il prononcera ses vœux à Lachine en septembre de cette même année. Dès l’année suivante, il fut affecté aux missions indiennes du diocèse de Saint-Albert en Alberta. Nommé coadjuteur de l’évêque et vicaire général des missions provinciales, en 1897, il sera désigné successivement évêque de Saint-Albert (1902), puis archevêque d’Edmonton (1912). On lui doit une synthèse historique sur l’Église albertienne, publiée sous le titre de « Hystory of Catholic Church in Alberta ».

Un marais forestier. Photographie par Megan Jorgensen.
Un marais forestier. Photographie par Megan Jorgensen.

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