Côte-Nord

TNO Lac-Jérôme

TNO Lac-Jérôme

Territoire non organisé de Lac-Jérôme

Le TNO Lac-Jérôme sé situé dans la région administrative de la Côte-Nord du Québec et fait partie de la municipalité régionale de comté de la Minganie. La superficie totale du TNO Lac-Jérôme est de 41 731 kilomètres carrés.

Canton de Coopman

Ce nom est celui d’un canton situé sur la Moyenne-Côte-Nord, à 75 km à l’est de Sept-Îles. Limité à l’ouest par la rivière Tortue, à l’est par la rivière Manitou et arrosé au centre par la rivière du Sault Blanc et le ruisseau à Moise, il s’élève graduellement de la rive du Saint-Laurent jusqu’à la limite nord où le relief atteint au moins 380 mètres. Le front est occupé par des marais et le reste par de nombreux lacs. En nommant ce canton, on a voulu honorer l’oblat François Coopman (1826-1898), Belge venu au Canada en 1851 et ordonné prêtre l’année suivante, à Ottawa. L’attribution de son nom à ce canton se justifie par le fait que le père Coopman a été missionnaire sur la Côte-Nord en 1858. Le patronyme d’un autre missionnaire oblat, Charpeney, identifie le canton qui jouxte à l’ouest le canton de Coopman tandis qu’à l’est, celui de Bailloquet, rappelle la mémoire d’un missionnaire jésuite.

Canton Margane

Ce canton, désigné en 1949, s’étend sur la rive nord du Saint-Laurent dans le territoire qui constituait la Terre ferme de Mingan, en majeure partie entre les rivières au Tonnerre et Jupitagon. La municipalité de Rivière-au-Tonnerre est incluse dans cette entité cadastrale. Le territoire est arrosé par les lacs Queue de Chat, à Panneau et Maloney. François Margane de Lavaltrie (1685-1750), traiteur, effectue en 1705 ses premières expéditions au fort Pontchartrain avec son cousin Augustin Le Gardeur de Courtemanche. En 1720, il reçoit une concession de pêche de part et d’autre de la rivière Saint-Augustin sur la Basse-Côte-Nord. Il la maintiendra en exploitation jusqu’à son décès. Sa femme étant décédée en 1739, il donne à bail, en 1741, sa concession pour dix ans à Jean-Baptiste Pommereau. Admis par la suite au Séminaire de Québec et ordonné prêtre en 1742, il obtient la cure de la paroisse de Cap-Saint-Ignace (1746-1747), puis devient aumônier à l’Hôtel-Dieu de Québec où il décédera.

Chute Pihu Titshih

Jalonnant le cours de la rivière Saint-Jean, sur la Côte-Nord, cette série de huit cascades, sises à environ 50 kilomètres au nord du village de Mongan, est entourée de nombreuses montagnes dont certains sommets s’élèvent à plus de 450 mètres. Appellation d’origine montagnaise, Pihu Titshih signifie « la petite partie de loup-cervier. » Dans la langue populaire des Québécois, pihu ou pishu est prononcé « pisu » et désigne un gros chausson d’étouffe, sorte de mocassin d’intérieur qui épouse la forme large d’une patte de loup-cervier. On chausse également des pichous pour de la raquette sur la neige.

Rivière Lejamtel

Prenant sa source à 30 kilomètres au sud de la ligne de partage des eaux, ce cours d’eau de la Côte-Nord mesure environ 75 km de longueur et coule à travers une multitude de petits lacs et de rapides. Son cours est parallèle à celui de la rivière Natashquan avant de s’y jeter. Ce toponyme, officiel depuis 1963, rappelle la mémoire d’un prêtre spiritain, l’abbé François Lejamtel (1757-1835), d’origine normande. Envoyé en mission aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon en 1787, il se réfugia ensuite aux îles de la Madeleine en 1792 pour se soustraire aux exigences de la Commission civile du clergé, votée en France par l’Assemblée nationale constituante en juillet 1790. Peu après, il fut nommé à Artichat (île du Cap-Breton) où il demeura jusqu’en 1819. Desservant un grand territoire, il était, de 1808 à 1814, le seul prêtre catholique dans l’île. Il exerça son ministère de 1819 jusqu’à son décès à Bécancour, près de Trois-Rivières.

Canton La Richardière

Borné à l’est par la rivière Aguanish et à l’ouest par la rivière Nabisipi, ce canton de la Minganie se trouve à environ 100 kilomètres à l’est de Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord. Le toponyme rappelle Richard Testu de la Richardière (1681-1741), capitaine de port, né à L’Ange-Gardien. Jusqu’en 1730, il pilote des navires à travers l’Atlantique, dans le golfe du Saint-Laurent et jusqu’à Québec. Après 1730, il devient responsable des relevés hydrographiques dans le fleuve et le golfe du Saint-Laurent et jusqu’à Québec. Après 1730, il devient responsable des relevés hydrographiques dans le fleuve et le golfe et, à ce titre, fait effectuer plusieurs travaux, autour de l’île d’Orléans notamment, et dans le cul-de-sac du port de Québec. On lui doit plusieurs plans, cartes et mémoires. La carte générale du Québec mentionne ce canton en 1951, deux ans après sa désignation.

Lac La Galissonnière

Situé à environ 150 km dans l’arrière-pays de la Basse-Côte-Nord, ce lac fait partie du territoire non organisé de Lac-Jérôme. S’étirant sur 16 km de long, il atteint 2,7 km dans sa partie sud. Il se déverse dans le ruisseau Kaminaskuakamau, affluent de la rivière Natashquan Ouest. Le toponyme paraît sur une carte de 1950. Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693-1756) a fait carrière comme officier de marine pendant 36 ans avant d’être nommé commandant général et gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France, en 1747. Protégé à la Cour, il doit sa nomination au fait que le marquis de La Jonquière, gouverneur désigné, se trouvait prisonnier des Anglais. Pendant deux ans, La Galissonnière s’est employé à renforcer les positions défensives de la colonie, notamment en créant un arsenal à Québec ; il a aussi vu l’importance stratégique de Détroit pour le commerce et la défense de la Nouvelle-France. Il a cherché à augmenter la population et à grandir le territoire du côté de la vallée de l’Ohio. Il a, enfin, tenté de sédentariser davantage soldats et colons, en vue de développer l’agriculture, l’élevage et certaines industries. On trouve une grande anse dénommée La Galissonnière dans la partie nord-est du lac Albanel. Le patronyme est souvent orthographié La Glaissonière (un sel « n »).

Détroit de Jacques-Cartier

Grand chenal maritime de 40 km de largeur environ, séparant l’île d’Anticosti de l’archipel de Mingan, ainsi nommé en 1934 par la Commission de géographie du Québec, à l’occasion de la célébration du quatrième centenaire du premier voyage au Canada du découvreur malouin Jacques Cartier. Sur la mappemonde harléienne de 1536, il est désigné sous l’appellation de Détroit Saint-Pierre, nom attribué par Cartier lui-même, le 1er août 1534, jour de la fête liturgique de saint Pierre. Entre cette date et 1815 où il est identifié par l’appellation de Canal du Labrador ou Labrador Channel, il ne semble pas avoir porté d’autres noms. La variante toponymique Passage Mingan qu’on relève dans le « Répertoire géographique du Québec » de 1969 est la traduction de Mingan Strait qui apparaît sur une carte anonyme de 1896. Variante : Passage Jacques-Cartier.

Lac De Morbihan

Grande étendue d’eau de 26 km2, le lac De Morbihan, parsemé d’îles, est long de 18 km et large de 3,4 km, s’étirant selon un axe nord-ouest – sud-est, dans l’arrière-pays de la Côte-Nord, à 175 km au nord de Havre-Saint-Pierre. Il appartient au bassin supérieur de la rivière Aguanish et ses eaux se déversent dans un tributaire de cette dernière, la rivirèe Aguanish Nord-Ouest. Il tient son nom de Jean de Morbihan, membre de l’équipage de Jacques Cartier lors de son deuxième voyage au Canada en 1535. C’est en 1943 que le nom Lac De Morbihan a été créé par la Commission de géographie du Québec pour identifier cette nappe d’eau. Les Naskapis l’appellent Kapatetik, qui signifie là où il y a un lac avec une rivière de chaque côté. Pour leur part, les Montagnais le désignent sous le nom Upuakumeneu ou Upuakumeneu Nipi, dont la signification est retiré du récipient d’os bouillis. Ce nom évoque une coutume alimentaire amérindienne. Au temps où ils vivaient presque toute l’année dans la forêt, les Montagnais chassaient le caribou. Ils faisaient bouillir les os broyés de cet animal pour obtenir de la graisse ; celle-ci était ensuite recueillie dans un grand plat, à l’aide d’une cuillère, puis congelée. Quant à la graisse qui demeurait dans la marmite, ou lui ajoutait de la neige pour qu’elle fige et on la mangeait ainsi, en attendant de pouvoir consommer celle qui refroidissait dans le plat. Les Montagnais appelaient cela akuakamen tseu d’où le nom du lac Upualumeneu.

Lac Fleur-de-May

De forme irrégulière et très échancrée, ce lac de 22 km de long est situé dans l’arrière-pays de la Côte-Nord, à quelque 180 km de la côte et à 5 km à l’ouest du méridien correspondant à l’embouchure de la rivière Sheldrake. Le lac tient son nom de la frégate appelée « La Fleur de May » que le gouverneur Frontenac a dépêchée à La Rochelle, en France, fin novembre 1690, pour annoncer la victoire sur Phips devant Québec. Selon les termes du contrat passé avec l’Administration, le capitaine de la « Fleur de May », Jean Gancleau, devait recevoir une gratification généreuse de 4 000 livres s’il parvenait à bon port, sans encombre, après une traversée d’hiver. La frégate arriva à La Rochelle à la mi-janvier 1691, avec à son bord le messager de Frontenac, le baron de Lahontan, officier de marine et écrivain qui deviendra célèbre avec la publication du récit de ses voyages en Amérique. Lac Fleur de May apparaît sur l’édition de 1942 de la carte topographique 23 S-E intitulée Ahuanipi. La Commission de géographie du Québec a confirmé l’acceptation de ce nom en 1945. L’attribution de ce toponyme s’inscrivait, selon Isaïe Nantais, dans une opération toponymique de grande envergure qui avait pour objectif de baptiser les plus grands lacs du Québec encore innomés. Effectuée en 1942, et faisant suite à une demande du gouvernement américain, cette opération avait exigé la photographie aérienne du territoire. De leur côté, les Montagnais l’appellent Muhauakanau, qui signifie « lac au pourtour dénué d’arbres ».

Lac de la Robe Noire

Situé dans la MRC de Minganie, le lac de la Robe Noire fait partie du territoire non organisé de Lac-Jérôme. Il draine les lacs François et Gendron pour ensuite se déverser vers les lacs Beaulieu et Beetz par la rivière Quetachou, laquelle se jette dans le golfe du Saint-Laurent à la baie Quetachou. Ce plan d’eau s’étend sur 16 kilomètres de long et sur 4 km de large ; il comporte de nombreuses îles et ses contours forment plusieurs presqu’îles. Le toponyme est mentionné en 1914 dans le « Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec » comme une désignation récente. Les missionnaires furent souvent les premiers Blancs à fréquenter diverses parties du territoire des Montagnais et leur longue soutane de couleur noire leur a valu le surnom de Robes noires. Les habitants de l’arrière-pays de Mignan ont dû côtoyer les pères jésuites peu après l’établissement du fort Mignan, dans la seigneurie concédée à Louis Jolliet en 1679. Les Montagnais appellent ce lac Matnipi, ce qui se traduit par « lac mauvais ».

Lac Ménascouagama

Grande expansion du ruisseau Kaminaskuakamau situé à environ 110 km au nord de Natashquan, sur la Basse-Côte-Nord, ce lac se déverse dans le Petit lac Menahkuakamas et, de là, dans le lac Parent jusqu’à la rivière Natashquan Ouest. Ce toponyme apparaît sur les cartes vers 1960. Ménascouagama, du montagnais minashkuakamau, signifie « c’est un lac entouré d’épinettes noires, de grand conifères, de minashkuau, c’est la forêt, le bois et kamau, étendue d’eau, lac. » Pour leur part, les Naskapis identifient ce plan d’eau Kaminaakuakamau Nipi, « le lac où la forêt est dense ».

À celui qui me dit: Je suis de tel pays, je réponds: De quel arbre? Et de quelle fontaine? (Gilles Vigneault). Photo de Megan Jorgensen.

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