Côte-Nord

Manicouagan et ses environs

Manicouagan et ses environs

Manicouagan : rivière, réservoir et ses environs

Rivière Manicouagan

Cet important cours d’eau de la Côte-Nord coule sur une distance d’environ 200 kilomètres en direction sud, de sa source principale, le réservoir Manicouagan, au Saint-Laurent dans lequel la rivière débouche à Baie-Comeau. Elle reçoit sur sa rive gauche les eaux de la rivière Isoukustouc, principal tributaire de la Toulnustouc, qui se jette dans la Manicouagan entre les barrages Manic-Deux et Manic-Trois.

À la fin d’août 1535, Jacques Cartier, en venant du sud, remarqua l’embouchure de ce grand cours d’eau. « Et environ le mi-chemin de dits isles et le dit hable devers le nort y a une fort grande rivière qui est entre les hautes et basses terres laquelle fait plusieurs bancs à la mer à plus de trois lieus qui est un pays fort dangereux et sonne de deux brasses et moins. »

Ces bancs à la mer furent identifiés par le spécifique St.Jacques sur la mappemonde harleyenne (1542) et sur la carte de Mercator (1569) ainsi que par Basse de Ste-Marie, en 1632, par Champlain.

En juin 1664, accompagné de Papinachois, le père jésuite Henri Nouvel fut le premier missionnaire à remonter la « grande rivière de Manikouaganistikou que les Français appellent la rivière Noire, à cause de sa profondeur ». L’année suivante, il s’embarqua avec quelques Français et se rendit heureusement à l’entrée de la rivière Manicouagan, dans le mois de juin.

Sauf l’usage du tréma, le nom de cette rivière orthographié selon la forme officielle remonte donc à 1665. Le père Laure, en 1731, a noté, quant à lui, « R. Manikouagane ».

Profonde, rapide, courant sur un territoire accidenté qui crée plusieurs chutes favorables au développement électrique, la Manicouagan entra dans les projets d’Hydro-Québec dès le début des années 1950.

En 1956, un barrage fut construit à l’embouchure du lac Sainte-Anne afin de régulariser la Toulnustouc. Quatre ans plus tard, débutèrent les travaux devant mener à l’exploitation de toutes les potentialités de la rivière Manicouagan et de sa voisine à l’ouest, la rivière aux Outardes. Les centrales de Manicouagan fournissent une puissance hydroélectrique de plus de 5 000 MW.

Selon le père Arnaud, « Manicouagan » signifie « là où on enlève l’écorce de bouleau pour réparer les canots d’écorce. » Les pères Lacombe et Guinard, ainsi que monseigneur Laflèche lui donnent le sens de vase à boire. Il rejoint ainsi l’appellation plus récente de Menukuanistuk Shipu, relevée auprès de la communauté montagnaise de Betisamites, qui signifie « rivière à la tasse ». Quant au père Lemoine, il donne lui aussi la première signification et « là où l’on donne à boire » pour la deuxième.

Réservoir Manicouagan

Situé à 220 kilomètres au nord de Baie-Comeau, le réservoir Manicouagan s’est formé à partir de deux nappes d’eau près égales, disposées en arc de cercle vis-à-vis l’une de l’autre : à l’ouest, le lac Mouchalagane, alimenté par la rivière du même nom et par la rivière Seignelay, à l’est, par le lac Manicouagan où se jetaient les rivières de la Racine de Bouleau, Thémines et Hart Jaune. La décharge du lac Mouchallagane rejoignait ensuite le pied du lac Manicouagan pour alimenter la rivière de ce nom.

Ces lacs, épousant le rebord d’une cavité creusée par un météorite il y a plusieurs millions d’années et par suite de l’élévation du niveau de l’eau depuis les années 1960 en raison des aménagement hydroélectriques, se sont rejoints au nord et au sud pour former, en s’étalant, un anneau lacustre au centre duquel l’île constituée se nomme René-Levasseur.

Les premiers Blancs semblent avoir atteint le “lac de Manikouagan” en 1664 et y trouve 64 Papinachois faisant du commerce avec “leurs compatriotes qui habitent le long du grand fleuve Saint-Laurent”. Deux jours plus tard, fête de Saint-Barnabé, le missionnaire décide que le lac allait dorénavant porter le nom de Lac de Saint-Barnabé, “patron particulier de ce grand lac”. Cette appellation qu’on retrouve sur la carte du père Laure en 1731 comme toponyme parallèle à celui de Manikouagane est toutefois tombée en désuétude au profit du toponyme amérindien qui se présentera sous la forme de Tshimanicouagan sur la carte de Gustave Rinfert en 1913.

Un poste de traite se trouvait sur le lac en 1749, selon un “Mémoire” de François-Étienne Cugnet. À une cinquantaine de kilomètres au sud du réservoir, les eaux sont retenues par le barrage Daniel-Johnson dont la centrale fournit une puissance hydroélectrique d’environ 3 000 MW.

Rivière Malianakup

Cette rivière, située sur l’île René-Lévesque, coule sur une distance d’environ 30 km depuis le lac Observation jusqu’au réservoir Manicouagan, à quelque 200 km au nord de la ville de Baie-Comeau, sise à l’embouchure de la rivière Manicouagan. Le toponyme Rivière Malianakup, relevé lors d’une enquête en 1978, a été officialisé par la Commission de toponymie en 1981 à l’occasion de la Journée internationale des femmes. D’origine montagnaise, Malianakup Shipu signifie « rivière à la robe de Marie-Anne ». On ne connaît pas la signification précise de ce toponyme. Suivant les siens cependant, Marie-Anne est le nom d’une Amérindiennes qui s’était fait remarquer par sa tenue vestimentaire et méritait ainsi la reconnaissance toponymique. Afin d’éviter la redondance, le mot « shipu », qui signifie « rivière », n’a pas été retenu dans la désignation officielle.

Municipalité régionale de comté de Manicouagan

Quatrième MRC pour la superficie (39 462 km2), située sur la Haute ou la Moyenne-Côte-Nord, selon les opinions répandues, entre la MRC de La Haute-Côte-Nord et celle de Sept-Rivières. À l’exception de l’étroite bande de municipalités en bordure du Saint-Laurent, le territoire de la MRC se trouve compris dans les Laurentides boréales.

Par suite de l’aménagement des complexes hydroélectriques le long des rivières Manicouagan et aux Outardes, dans les années 1960, le paysage de l’arrière-pays présente une configuration nouvelle, modelée par un cortège de barrages, le plus fameux étant le barrage Daniel-Johnson. La plus grande partie du réservoir Manicouagan se trouve dans la MRC. Étabie en avril 1981, la MRC manicoise compte huit municipalités dont Baie-Comeau, qui rassemble plus des trois quarts de la population totale, et un territoire non organisé, Rivière-aux-Ouatardes, qui couvre 95% de sa superficie.

Sa population, de langue maternelle française, mais qui comprend un noyau de siamites, compte plus de jeunes âgés de moins de 25 ans que la proportion u Québec pour cette catégorie. On retrouve la plus grande partie de la main d’oeuvre dans les secteurs de la transformation, du transport et du bâtiment. La papeterie et l’aluminerie de Baie-Comeau, qui emploient plus de 1 000 personnes chacune, forment la coeur industriel de la MRC. La municipalité régionale de comté tire son nom de deux entités hydrographiques majeures de son territoire : la rivière et le réservoir Manicouagan.

Rivière Hart Jaune

Ce cours d’eau, qui forme la décharge du Petit lac Manicouagan, s’oriente vers le sud-ouest et débouche dans le réservoir Manicouagan. Long de 45 km environ, sa pente, traduite par 234 mètres de dénivellation entre les deux nappes d’eau, a favorisé la construction du barrage hydro-électrique Hart-Jaune, situé à la sortie du Petit Lac Manicouagan. La centrale a une puissance de 48,5 MW. Le terme « hart » désigne un lien de bois flexible (aulne, coudrier, cornouiller) pour lier. La hart jaune pourrait désigner l’aulne rugueux Alnus rugosa qui fournit une teinture jaune. Ce toponyme, approuvé en 1945, paraît sur une carte du Québec publiée en 1962. Le nom montagnais du cours d’eau, Uishauneu Shipu a pour signification « rivière des aulnes ». Variante : Rivière La Ferté.

Réservoir de Manicouagan, l'oeil du Québec. Photo NASA, photographie libre de droits.
Réservoir de Manicouagan, l’oeil du Québec. Photo NASA, photographie libre de droits.

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