Côte-Nord

Côte-Nord : Valeur de ses cantons

Côte-Nord : Valeur de ses cantons

Quelques uns des cantons de la région de la Côte-Nord

Canton de Berthelet

Ce canton inhabité (proclamé en 1965) est arrosé au sud-est par la partie nord du réservoir Manicouagan. Il est identifié par le nom d’Antoine-Olivier Berthelet, né à Montréal en 1798, négociant qui s’est distingué par son exceptionnelle philanthropie. Il a en effet distribué sa fortune considérable à plusieurs communautés religieuses et pour des causes humanitaires. Député de Montréal-Est (1832-1834), il siégea au Conseil législatif tout au plus pendant une partie du mois de juin 1841. Il fut déclaré bienfaiteur insigne par le général des Jésuites, le père Beck, en 1864 et décoré de l’Ordre de Pie-IX, trois ans avant son décès survenu en 1872.

Canton Blondel

Bien que Natashquan soit assez éloigné de ce canton situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du réservoir Manicouagan, sur la rive droite de la rivière Seignelay, c’est sans doute pour souligner le fait que le père eudiste Gustave Blondel fut curé de village (1904-1916) que son nom a été appliqué à ce canton désigné en 1956. Né à Gesnes-le-Gaudelin, diocèse du Mans, en 1864, il fut aussi curé à Saulnierville (1903-1904) et à Church Point en Nouvelle-Écosse, à Bathurst et à Caraquet au Nouveau-Brunswick. Il finit ses jours à Bathurst en 1921, après avoir oeuvré, pendant les quatre dernières années de sa vie, comme aumônier des Soeurs de la Charité à Pointe-au-Père, au Québec.

Canton de Boily

En nommant ce canton inhabité, situé à proximité de la ligne de partage des eaux entre les bassins de l’Atlantique et du Saint-Laurent, on a voulu honorer collectivement trois prêtres qui ont fait du ministère au Lac-Saint-Jean, en Charlevoix et sur la Côte-Nord, notamment aux Escoumins. Il s’agit de deux frères Boily nés à Baie-Saint-Paul : Roger (1825-1896) et Pierre (1842-1887) ainsi que de leur neveu Édouard, né également à Baie-Saint-Paul en 1865 et décédé à Saint-Urbain, en 1932, après avoir été curé aux Escoumins, de 1897 à 1921.

Canton de Corte-Real

Ce canton dont le sommet le plus élevé atteint presque 800 m est arrosé par la rivière de la Racine de Bouleau, l’un des cinq cours d’eau importants qui se jettent dans le réservoir Manicouagan, à environ 90 km plus au sud. Son nom rappelle la mémoire de Gaspar Corte-Real, troisième fils du gouverneur de Terceira )Açores) envoyé par le roi Manuel du Portugal à la découverte de l’Asie par la voie du Nord. Parti de Lisbonne en 1500, il se rend à Terre-Neuve. L’année suivante, il appareille avec trois bateaux, refait le même trajet et remonte au-delà du 50e degré de latitude Nord, peut-être jusqu’à la Terre de Baffin. Il ne revient jamais de cette expédition alors que les deux autres bateaux regagnèrent le Portugal. En 1502, son frère Miguel part à sa recherche et se perd lui aussi. Finalement en 1503, Vasqueanes, l’aîné des trois navigateurs, tente de retrouver ses deux frères cadets, mais il revient sans avoir relevé de traces. Somme toute, cette appellation, parfois orthographiée Cortereal, honore les trois frères navigateurs.

Canton de Costebelle

Un peu à l’ouest d’Aguanish sur la Moyenne-Côte-Nord, ce canton est limité par les rivières Pashashibou, à l’ouest, et Nabisipi, à l’est. La plus grande partie du territoire est marécageuse et le point le plus élevé atteinte 150 m Costebelle est le surnom de Philippe Pastour (1661-1717), lieutenant de roi, gouverneur de Plaisance à Terre-Neuve, puis de l’île Royale en 1714, soit un an après le traité d’Utrecht. Il fut un des artisans les plus courageux de la défense avancée de la France, à un moment où l’Angleterre commençait à convoiter les possessions de sa rivale en Amérique du Nord.

Canton de Sénécal

Le canton de Sénécal est arrosé par la rivière Mouchalagane, l’un des principaux tributaires du réservoir Manicouagan dont il est éloigné d’environ 25 km. Entre la rivière, à l’est, qui coule à quelque 300 m d’altitude et le mont Langy culminant à plus de 730 ma dénivellation est d’environ 430 m. Ce territoire inhabité et montagneux a reçu, en 1962, le nom d’Eusèbe Sénécal (1833-1902), imprimeur-éditeur né à Boucherville et qui a oeuvré à Montréal. Il a édité Le Monde canadien, La Revue canadienne de Montréal (1845-1848) et l’important Dictionnaire généalogique des familles canadiennes (7 volumes, 1871-1890) de monseigneur Cyprien Tanguay.

Canton de Bouat

Ce canton inhabité est situé à environ 75 kilomètres au nord du réservoir Manicouagan. L’appellation évoque la mémoire de François-Marie Bouat (1676-1726), lieutenant du prévôt de la maréchaussée de Montréal dont la fonction consistait à assurer l’ordre public. Lieutenant général ou juge au tribunal de la juridiction de Montréal, il fut également seigneur de Terrebonne, de 1718 à 1720, et commerçant de fourrures.

Canton Sauvageau

Largement baigné dans son axe central est-ouest par le réservoir Manicouagan, le canton de Sauvageau est arrosé par plusieurs cours d’eau, notamment au sud, où le terrain plus élevé de l’île René-Levasseur atteint 640 mètres d’altitude. Ce territoire géographique inhabité a reçu, en 1962, le nom d’Alexis Sauvageau, membre du poste de traite de Tadoussac au XVIIIe siècle. Né en 1965 à Grondines et marié à Marguerite Martin, il est décédé le 25 avril 1751 à l’âge de 56 ans. Son fils Michel, né en 1739, travailla également dans les postes du roi, dont ceux de Godbout et de Sept-Îles.

Canton de Boucault

Le canton identifié par ce nom se trouve à environ 75 km au nord-est du réservoir Manicouagan. Les lacs y sont grands et nombreux et le relief culmine à 853 m au mont Merry. Nicolas-Gaspard Boucault (1689-1755) passa une trentaine d’année de sa vie à Québec où il cumula diverses fonctions administratives : conseiller et procureur du roi, lieutenant particulier de la Prévôté, lieutenant général de l’Amirauté et subdélégué de l’intendant.. En 1721, il visita toutes les paroisses de la vallée du Saint-Laurent avec le procureur général Mathieu-Benoît Collet et, en 1735, il obtenait une concession sur la Basse-Côte-Nord pour l’exploitation de la pêche aux loups marins (phoques). De retour en France en 1754, il rédigea un rapport très nuancé sur son expérience canadienne intitulé « Idée générale du Canada ».

Canton de Brézel

Situé au nord de réservoir Manicouagan, le canton de Brézel est à la même latitude que la rive sud de la baie James. Couvert de forêts et arrosé par de nombreux lacs, son relief se situe en moyenne à 700 m d’altitude. Le nom de ce canton rappelle Auguste Brézel, eudiste né à Fougères (Ille-et-Vilaine) en 1868, missionnaire sur la Côte-Nord et notamment curé de Saint-Eugène-de-Manicouagan, de 1903 à 1911, lieu nommé par la suite Hauterive. Il faisait partie de premier contingent de missionnaires envoyés directement de France à la préfecture du Golfe-Saint-Laurent. Il se noya le 8 décembre 1911 en tentant de traverser la rivière Betsiamites.

Canton de Brien

Canton inhabité d’une altitude moyenne de 600 m donnant, au nord-est, sur le réservoir Manicouagan. Son nom rappelle la mémoire de Dorimène Brien, épouse de John Samuel Bourque (1894-1974), député provincial de Sherbrooke et successivement ministre des Travaux publics, des Finances et des Terres et Forêts dans le cabinet de Maurice Duplessis. Dorimène Brien est décédée en 1957, à l’âge de 56 ans.

Canton Cannon

À une quarantaine de kilomètres au nord de Pointe-des-Monts, ce canton dont la façade orientale donne sur le Saint-Laurent s’arrête à la ZEC de la Rivière-de-la-Trinité, à l’ouest. On y trouve le hameau de Pointe-aux-Anglais qui donne sur le fleuve, près de sa limite nord-est. Quant à l’espace intérieur, il est totalement inhabité. Lawrence J. Cannon (1852-1921) était avocat. Après son admission au barreau, en 1874, il commence à pratiquer à Arthabaska l’année suivante, devient assistant-procureur général du Québec (1891-1905), puis juge à la Cour supérieure (1905 à 1910) pour le district de Trois-Rivières, après quoi il est transféré au district judiciaire de Québec (1910-1920). Proclamé en 1904.

Canton de Cabanac

À environ 75 kilomètres au nord-est du réservoir Manicouagan, le canton de Cabanac, dont l’altitude atteint 700 mètres, est parcouru du nord au sud par la Petite rivière Manicouagan parsemée de lacs de part et d’autre de ses rives. Attribué en 1956, son nom provient de celui de François Desjordy Morreau de Cabanac (1666-1726), originaire de Carcassone, officier arrivé à Québec à l’âge de 16 ans. Il participa à l’expédition contre les Iroquois avec Louis-Hector de Callière (1687) et défendu Québec contre Phips en 1690. Commandant du fort Frontenac (1696) et de celui de Chambly (1711-1712), il fut créé chevalier de Saint-Louis en 1718 et nommé major de Trois-Rivières en 1720.

Canton de Céry

Ce territoire est situé sur la Basse-Côte-Nord. Il est limité au nord par la rivière du Gros Mécatine et, au sud, il fait face à l’archipel du Petit Mécatina. Seul le petit village de Tête-à-la-Baleine occupe cet espace cantonal. Le personnage honoré par ce toponyme est Philippe-Marie d’Ailleboust de Cerry – on écrit aussi Cery – (1702-1787), marchand, natif de Montréal, capitaine de navires et pilote du Saint-Laurent très expérimenté, qui a beaucoup navigué entre Québec, la France, l’île Royale et les Antilles. En 1746, il participa au transport des troupes canadiennes envoyées pour reprendre l’île Royale sous les ordres de Jean-Baptiste Nicolas-Roch de Ramezay. En 1753, il a obtenu une vaste concession à Saint-Augustin sur la Basse-Côte-Nord, et c’est ce qui explique le choix de la région où apparaît son nom. C’est à titre de capitaine de port à Québec, poste qu’il occupa de 1749 à 1759, qu’il fut l’un des quinze membres du conseil de guerre qui recommanda la capitulation de Québec, le 18 septembre 1759. Il passa en France en 1761 avec ses deux fils et revint à Québec en 1763 pour reprendre ses deux filles et une nièce, pensionnaire chez les Ursulines. Proclamé en 1908.

Canton de Chauveau

Proclamé en 1919, le canton de Chauveau, qui figure sur la carte de Taché (1880), de forme irrégulière, est situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Siméon et derrière la seigneurie de Murray Bay. À une altitude voisinant les 700 mètres, il est couvert de forêts et occupé par des lacs, ni très nombreux, ni très grands, mais bien enfoncés entre les collines. Il rappelle la mémoire de Pierre-Joseph-Olivier Chaveau (1820-1890), né à Charlesbourg, avocat qui eut une carrière exceptionnelle et des plus actives. C’est à lui qui revient l’honneur d’avoir constitué le premier gouvernement de la province de Québec, en 1867, au début de la Confédération canadienne. Il occupa cette charge de premier ministre jusqu’en 1873, assumant en même temps les fonctions de secrétaire provincial et de responsable de l’Éducation. Il est d’ailleurs renommé pour avoir été le surintendant de l’Instruction publique (1855-1867) et le fondateur des écoles normales d’État. Il fut également sénateur, shérif de Montréal de 1877 à 1890 et professeur de droit romain (1878) à l’Université Laval de Montréal-Nord où il devint doyen de la Faculté de droit en 1884. Comme écrivain, on lui doit le roman Charles-Guérin (1853), un recueil de poèmes, quelques biographies, dont celle de François-Xavier Garneau, des discours et conférence, un recueil de souvenirs et de légendes, quelques essaies et de très nombreux articles de journaux.

Canton de Chauvin

Le canton de Chauvin se trouve à 25 kilomètres au nord de Tadoussac, soit assez près du lieu auquel est lié le nom du capitaine Pierre de Chauvin de Tonnetuit, calviniste qui, à l’été 1600, et comme lieutenant de Troilus de La Roche Mesgouez, est venu installer un petit poste de traite de fourrures sur la rive gauche de l’embouchure du Saguenay. Son entreprise tourna court puisque seulement cinq hommes sur seize survécurent au rigoureux hiver qui suivit. Chauvin est revenu est revenu à Tadoussac en 1602, avec deux bateaux. Après son décès, survenu probablement au début de février 1603, le monopole de la traite des fourrures passa à Aymar de Chaste. Cet espace géographique est situé dans le plateau qui surplombe la rive nord du Saguenay et possède quelques sommets s’élevant à près de 650 mètres. Un segment de la rivière des Escoumins le limite au nord-est et la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est passe en son centre. Ce canton, proclamé en 1936, est noté en 1916 comme une nouvelle désignation dans le premier rapport de la Commission de géographie, paru sous le titre de « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec ».

Canton Chevré

Le sculpteur français Paul Romain Chevré (1867-1914) est honoré dans la désignation d’un canton situé à 90 kilomètres environ à l’est du réservoir Manicouagan. Le terrain généralement assez élevé, couvert de forêts et inhabité. De ce sculpteur, la ville de Québec possède les monuments de Samuel de Champlain, d’Honoré Mercier et de François-Xavier Garneau. Le château Laurier, à Ottawa, conserve de lui, un buste de sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada. Paul Chevré est décédé à l’âge de 47 ans, deux ans seulement après avoir miraculeusement échappé au désastre du « Titanic ». Un lac de l’arrière-pays de Mingan porte également le nom de ce personnage, au moins depuis 1916.

Canton de Chiasson

Ce nom honore Patrice-Alexandre Chiasson (1867-1942), de la congrégation de Jésus-et-Marie, vicaire apostolique du Golfe-Saint-Laurent (1917-1920), troisième évêque de Chatham (1920-1938), puis premier évêque de Bathurst au Nouveau-Brunswick de 1938 à 1942. Il identifie un canton désigné en 1956 et situé à une trentaine de kilomètres au nord-est du réservoir Manicouagan où se trouvait la ville de Gagnon. Depuis la fermeture de cette ville en 1985, ce canton est désormais inhabité. Au nord-ouest serpente la rivière Thémines. Quelques lacs occupent le centre et, à l’est, s’étend le lac Barbel au sud duquel Gagnon était bâtie. L’altitude du terrain varie entre 530 et 730 mètres.

Canton de Claudel

À 30 km environ au nord de l’ex-ville de Gagnon, ce canton inhabité dont les sommets dépassent 700 m, possède de très nombreux lacs distribués autour de plus grands ; ils sont les témoins d’une ancienne et plus vaste nappe d’eau. Cette appellation honore la mémoire de Paul Claudel (1868-1955), écrivain dont l’oeuvre dense et prolifique n’a d’égale que la carrière diplomatique qui l’a mené dans les plus grandes capitales du monde, en Europe, en Asie et en Amérique. Son œuvre entière reflète, d’une part, la foi religieuse qu’il a subitement retrouvée en 1886, un certain jour de Noël, en écoutant les Vêpres à Notre-Dame de Paris et, d’autre part, les idées qu’il avait développées dans son « Art poétique » (1903-1904) au sujet de la langue et du rythme poétiques. Claudel, reçu à l’Académie française en 1946, est surtout connu pour ses œuvres dramatiques, notamment « L’Annonce faite à Marie » (1912) et Le Soulier de satin (1924). Au Québec, on l’a enseigné dans les facultés des lettres, on l’a joué chez les Compagnons de Saint-Laurent, au Théâtre du Nouveau-Monde et à Radio-Canada, on l’a même publié à Montréal pendant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945).

Canton de Kegaska

Voisin de celui de Natashquan, ce canton se situe dans la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-Saint-Laurent, à 160 km à l’est de Havre-Saint-Pierre. Dès 1685, ce toponyme est mentionné sur une carte de Franquelin sous la forme de Quegasca. Par la suite, diverses dénominations ont été relevées dont Kegaskat, Kegashka, Tchegaska, Kikaska et Kaska. Jusqu’à tout récemment la graphie officielle était Kégashka, modifiée pour la rendre d’avantage conforme à l’usage.

Canton Marsal

Le canton de Marsal, dans la région de la Basse-Côte-Nord, s’étend sur la rive nord du Saint-Laurent entre la baie de Jacques-Cartier et la baie des Homards à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Blanc-Sablon. Sa limite sud est notamment marquée par les baies Mistanoque et Napetipi, qui s’enfoncent dans son territoire de 6 et 9 km. La partie nord du canton est baignée par une multitude de petits lacs. Le nom de cet espace cadastral évoque la mémoire du marchand Antoine Marsal (1702-1757), qui, en 1735, s’est fait accorder une concession de pêche au lieu même où se trouve le canton Cette concession lui fut renouvelée en 1753. Le nom de Marsal est également rappelé dans la désignation d’un havre et de quelques îles de l’archipel de Saint-Augustin. Proclamé en 1907.

Canton de Pont-Gravé

La municipalité du village de Tadoussac est située à 20 kilomètres du canton de Pont-Gravé, proclamé en 1894, tandis que celle des Escoumins s’en trouve également éloignée de 20 kilomètres, mais à l’est. Le canton, au relief assez accidenté, est délimité à l’ouest par la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est. La rivière des Escoumins forme sa limite nord. Parmi les plans d’eau qui le baignent, quelques-uns seulement portent des noms, notamment les lacs des Baies, de l’Écluse, De Pons et Polette. François Gravé Du Pont ou Pont-Gravé (vers 1554 – après 1629), explorateur, marchand, colonisateur, s’est rendu jusqu’à Trois-Rivières avant 1599. Avec Champlain, François Gravé, au service d’Aymar de Chaste, remonte le Saint-Laurent jusqu’à l’île de Montréal en 1603. Commandant à Tadoussac, en 1603, et à Port-Royal, en Acadie, en 1605-1606, il revient en Nouvelle-France plusieurs fois après la fondation de Québec où il se trouve, en 1629, lorsque les Kirke s’emparent de la ville. Malade, il est transporté en Angleterre et sans doute en France où il meurt peu après.

Canton de Raffeix

Limité au sud-ouest par la rivière Betsiamites, ce canton fait partie de Lac-au-Brochet, territoire non organisé de la Haute-Côte-Nord. Le jésuite Pierre Raffeix (1635-1724), originaire de Clermont-Ferrand, vint en Nouvelle-France en 1663. Après avoir accompagné les expéditions de Courcelle et de Tracy chez les Iroquois en 1666, il se vit confier, à la fin de l’année suivante, la tâche de fonder la mission de Laprairie-de-la-Madeleine, seigneurie des Jésuites et réserve des Iroquois convertis. De 1671 et 1679, il sera missionnaire chez les Tsonnontouans, au sud du lac Ontario. Par la suite, on le trouve principalement au collège de Québec et dans les missions des environs. Il a tiré parti des données du père Marquette et de Louis Jolliet en traçant des cartes de la Nouvelle-France, notamment en 1676 et en 1688. Proclamé en 1920.

Canton de Rémy

Ce canton est situé au nord du réservoir Manicouagan dont il est distant de quelque 35 km. Le territoire est traversé du nord au sud par la rivière de la Racine de Bouleau, à l’ouest et par la rivière du Petit Brochet, à l’est. Pierre Rémy (1630-1726), entre chez les Sulpiciens en France, arrive en Nouvelle-France en 1672 où il est ordonné prêtre quatre ans plus tard. Successivement, supérieur des sœurs de la congrégation de Notre-Dame (1676-1680), curé de Notre-Dame de Montréal (1680) et premier curé de Lachine (1680-1706), il sera par la suite procureur de sa communauté à Montréal. À Lachine, il fut témoin du terrible massacre de ses paroissiens par les Iroquois, au mois d’août 1689. Aussi les registres de cette paroisse sont-ils couverts de notes intéressantes sur ce drame historique, écrites de sa main. Le fort Rémy ou Remi, construite en 1671, du côté de Lachine doit son nom à ce Sulpicien.

Canton Robineau

Désigné en 1954, ce canton de la Côte-Nord se situe à 45 km au sud-est de Labrieville et à 60 km à l’ouest de Baie-Comeau. Le territoire est traversé par la Betsiamites qui rejoignent deux de ses tributaires, les rivières Boucher et Laliberté. Le toponyme évoque Philippe-René Robinau (ou Robineau) de Porteneuf (1707-1759), prêtre, curé de Saint-Jean de l’île d’Orléans (1732-1735) et pendant 24 ans (1735-1759), curé de Saint-Joachim. Ayant pris la tête de ses paroissiens pour protéger les lieux contre les incursions des troupes anglaises, le curé Robinau fut tué le 23 août 1759 ainsi que sept de ses concitoyens. Son inhumation eut lieu le 26 août dans la paroisse voisine de Sainte-Anne puisque l’église et le presbytère de Saint-Joachim avaient été détruits pendant l’engagement.

Canton Hervieux

Ce canton, désigné en 1962, se retrouve au nord-est du réservoir Manicouagan et au sud-ouest de l’ancienne ville de Gagnon, dans la MRC de Caniapiscau. La rivière de la Racine de Bouleau arrose ce territoire. Barthélemy Hervieux (1694-1754), accompagné de son fils, parcourt pendant une quarantaine d’années les postes du Domaine du Roi, sur la Côte-Nord.

Canton Hesry

Ce canton de la MRC de Caniapiscau se trouve à quelque 40 km au nord-est du réservoir Manicouagan. Il est baigné notamment par les lacs Rocheux et Tougard ainsi que par le Petit lac Manicouagan. Sa désignation évoque depuis 1957 le père eudiste François-Joseph Hesry (1866-1939). Arrivé au Canada en 1903, il sera affecté à la mission de Rivière-au-Tonnerre, après un bref séjour à Church Point, en Nouvelle-Écosse. Les sept années de son ministère sont marquées par la construction de l’église, réplique de la plus grande église en bois au Canada, soit celle de Church Point. Il sera ensuite missionnaire à Blanc-Sablon (1910-1931), puis à Port-Menier, île d’Anticosti, jusqu’en 1939. La maladie le contraint à se retirer à Havre-Saint-Pierre où il décède.

Canton de Hiché

Le canton de Hiché se trouve à 45 km au nord du réservoir Manicouagan. La rivière Seignelay arrose la partie nord-ouest de cette division territoriale. Henry Hiché (vers 1672-1758), arrive en Nouvelle-France vers 1700. D’abord commis au magasin du roi à Québec, il deviendra ensuite secrétaire de Subercase, gouverneur d’Acadie. De retour à Québec en 1710, après la chute de Port-Royal. Hiché s’occupe d’activités commerciales assez lucratives. Il reçoit la seigneurie de Kamouraska en 1713, à condition d’épouser Marguerite Legardeur de Saint-Pierre, nièce des propriétaires ; il conservera cette seigneurie jusqu’en 1723. Après 1725, Hiché remplira diverses fonctions administratives,, notamment celles de notaire royal et procureur du roi. De 1754, et jusqu’à sa mort, il fut enfin, malgré son grand âge, appelé par Louis XV à siéger au Conseil supérieur de Québec. Cette dénomination a été adoptée en 1956.

N’avancez pas : son art au pied de ce rocher/A mis de quoi punir qui s’en ose approcher/ Ce mage, qui d’un mot renverse la nature, N’a choisi pour palais que cette grotte obscure... (Pierre Corneille. L’illusion comique (1636). Photographie de Megan Jorgensen.
N’avancez pas : son art au pied de ce rocher/A mis de quoi punir qui s’en ose approcher/ Ce mage, qui d’un mot renverse la nature, N’a choisi pour palais que cette grotte obscure… (Pierre Corneille. L’illusion comique (1636). Photographie de Megan Jorgensen.

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