Arnaque « grands-parents » fait beaucoup de dommages
L’arnaque «grands-parents» fait beaucoup de dommages depuis 2015 chez les personnes âgées. Malheureusement, rarement les victimes ont l’occasion de confronter les malfaiteurs. Mme Raymonde – qui préfère ne pas dévoiler son nom complet -, âgée de 83 ans, a été l’une des victimes de cette fameuse fraude «grands-parents», une arnaque qui lui a coûté 9000 $. Cette semaine, au Palais de justice de Montréal, elle est allée dans la salle de cour où l’homme accusé de l’avoir arnaquée comparaissait avec ses présumés complices. Elle et une quinzaine d’autres victimes étaient accompagnées du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et des policiers de Montréal.
«J’ai vu toutes les personnes qui avaient été arnaquées. Quand je les ai vues au Palais de justice avant-hier, j’ai eu pitié pour ces gens-là, toutes de vieilles personnes», mentionne-t-elle. Mme Raymonde souhaitait confronter, à sa manière, celui qui l’a appelée. «J’étais contente de le voir. Je l’ai fixé, il m’a fixée, puis je l’ai fixé encore. Longtemps. J’avais envie de dire: « Tu m’as eue une fois, tu ne m’auras pas une deuxième fois. Je ne vais pas baisser les yeux devant toi, ce n’est pas vrai. »» Jenny Charest, du CAVAC, rappelle l’importance pour les victimes de voir leurs fraudeurs.
«En fait, c’est important parce que celles qui voulaient y aller voulaient avoir toute l’information, avoir les détails entourant l’enquête, entourant l’affaire et en même temps pouvoir voir ces personnes-là. Elles n’ont pas nécessairement vu tous les accusés. C’est une façon aussi de reprendre du pouvoir.
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Pour les victimes, quand elles vont à la cour et que c’était un choix, c’est une façon d’agir et non pas seulement subir.» Un simple appel reçu l’été dernier a complètement bouleversé sa vie. Un habile manipulateur qui s’est fait passer pour son fils en détresse.
«Il disait: « Non, maman, ne panique pas, ne panique pas. J’ai eu un accident d’automobile. Je vais te raconter. J’avais bu un peu, puis finalement, ils m’ont amené au poste. Je suis prisonnier, puis là j’ai de la difficulté. Est-ce que tu vas payer, maman? » J’ai dit oui, que j’allais tout payer.» Les accusés seraient à la tête d’un réseau qui a fait plus de 500 victimes âgées de 51 à 96 ans au Québec. Une arnaque qui leur aurait rapporté 2,5 millions $. Celui que les policiers désignent comme étant la tête dirigeante, Patrick Dinucci, a été arrêté grâce à la GRC et Interpol en Italie. Il est en attente d’extradition pour subir son procès à Montréal. «Ce sont des experts. Je vous le dis, j’aurais donné ma maison s’il me l’avait demandé, dit-elle.
Au fond, avec le recul, je sais bien que mon garçon, il n’avait pas besoin de mes sous. Il était capable de se libérer lui-même. Mais tu es tellement pris dans une bulle. Tu ne peux rien faire.» Les responsables du projet espèrent que cette réalisation va inciter d’autres personnes âgées à dénoncer les abus et fraudes dont elles sont victimes.