Charlevoix

Les eaux et les ressources naturelles de Charlevoix

Les eaux et les ressources naturelles de Charlevoix


Les eaux de la région de Charlevoix et ses ressources naturelles

Charlevoix, ce pays de montagnes, abrite de nombreux petits lacs et cours d’eau poissonneux, ce qui ajoute à la beauté des lieux et attire sportifs et touristes. Le ligne de partage des eaux chevauchent la limite nord du comté de Charlevoix avec, pour résultat, un drainage des eaux assez modeste vers le fleuve Saint-Laurent. D’est en ouest, les principaux bassins hydrographiques sont ceux de la rivière Noire (297 kilomètres carrés), de la rivière Malbaie (2059 kilomètres carrés), de la rivière du Gouffre (813 kilomètres carrés) et de la rivière Sainte-Anne (1 119 kilomètres carrés); cette dernière qui draine une partie des eaux de Charlevoix, se jette toutefois à Beaupré, dans la région voisine.

Ces bassins hydrographiques sont petits si on les compare à ceux des rivières du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Les petites chutes, le peu de profondeur des eaux, les débits faibles ou au contraire très rapides en font des cours d’eau peu navigables et des rivières qui auront été plus propices à l’énergie hydraulique qu’à la production hydroélectrique. Du côté de la rivière Saguenay, seules les eaux de la pointe nord-ouest de la région s’y déversent. Sur l’île aux Coudres, le faible potentiel de la petite rivière Rouge qui y coule n’aura même pas permis, au cours des siècles passés, la viabilité d’un moulin à eau.

La rivière Saguenay et le fleuve Saint-Laurent forment un milieu marin qui, sans être propre à Charlevoix, marque la région. La côte charlevoisienne est en effet comprise dans la partie supérieure de l’estuaire du fleuve, laquelle s’étend de Cap-Tourmente à la rivière Saguenay. L’eau y est saumâtre. La confluence du Saint-Laurent et de la rivière Saguenay forme un milieu riche en nourriture. Dans le fjord du Saguenay, les eaux des profondeurs – salines, froides, bien oxygénées et aux propriétés arctiques – en provenance du Saint-Laurent se mélangent à la couche d’eau douce et chaude de surface qui vient du lac Saint-Jean. Ce mélange favorise la multiplication du plancton, le premier maillon de la chaîne alimentaire en milieu marin. Les eaux froides et l’abondance de nourriture attirent les grands mammifères marins et une faune d’affinité arctique comme le requin du Groenland et la morue arctique.

Les eaux du Saguenay et du Saint-Laurent constituent aussi des éléments majeurs du milieu comme voies de communication, même si l’accès aux côtes fut toujours malaisé par les bateaux et les goélettes. Les battures étendues, comme on en trouve à Petite-Rivière-Saint-François, à Baie-Saint-Paul, à l’île aux Coudres et à La Malbaie, rendent l’approche des côtes difficile, presque impossible à marée basse. Ainsi les habitants ont vite appris à tirer avantage de la marée haute, laquelle peut atteindre de quatre à cinq mètres. Là où les battures sont absentes et où les eaux sont profondes, des falaises de centaines de mètres dominent le fleuve et interdisent quasi toute communication entre celui-ci et l’intérieur. L’accès est plus facile sur la partie de la côte entre La Malbaie et la rivière Saguenay, toutefois, cet avantage fut bien mince pour les premiers colons, compte tenu du très faible potentiel agricole de cette partie du territoire.

En plus d’accès difficile, les forts courants, l’effet des marées et les vents ont rendu la navigation hasardeuse, tant sur le Saguenay que sur le Saint-Laurent. Entre autres, le passage étroit qui sépare l’île aux Coudres de la rive nord du Saint-Laurent, laisse le souvenir d’une zone aux nombreux incidents. Malgré les contraintes, le fleuve est demeuré longtemps la voie d’accès privilégiée des Charlevoisiens vers Québec et vers la Côte-Nord. Encore de nos jours, le lien maritime entre les rives nord et sud constitue, si on excepte l’avion, le mode de transport le plus rapide pour accéder aux régions de la Côte-du-Sud et du Bas-Saint-Laurent.

Le Sol

Les terres arables de grande qualité sont plutôt rares dans la région de Charlevoix. Les meilleures appartiennent aux vallées des rivières du Gouffre et Malbaie, au littoral et à une partie de l’île aux Coudres. Sur le plateau, Saint-Hilarion, Notre-Dame-des-Monts et Saint-Aimé-des-Lacs ont quelques aires favorables. Même les sols qui offrent un potentiel pour l’agriculture présentent, pour la plupart, des limites sérieuse. Peu d’entre eux échappent à la nécessité de l’épierrement, du drainage et des amendements calcaire.

L’ensemble des contraintes fait que, selon les critères actuels de classification, peu de régions sont aussi dépourvues de bons sols que Charlevoix. Dans le passé, les colons ont vite reconnu les zones de meilleures terres, si petites fussent-elles. En 1815, Joseph Bouchette, arpenteur général du gouvernement du Bas-Canada, souligne la fertilité du sol de l’île aux Coudres et les qualités des terres de Baie-Saint-Paul et des Éboulements. Si, à ce facteur, on ajoute celui de l’accès et de la distance depuis les derniers villages de la Côte-de-Beaupré, on comprend que les colons se soient d’abord établis à Petite-Rivière-Saint-François, à Baie-Saint-Paul et à l’île aux Coudres avant d’aller plus loin vers l’est et, surtout, avant de coloniser les plateaux. On peut par ailleurs observer que les terres les moins hospitalières conquises par l’homme sur ces plateaux ont été vite reprises par la nature.

En bordure du Saint-Laurent, l’érosion a entraîné la perte de bonnes terres. Si les habitants de la partie nord de l’île aux Coudres ont su mieux protéger leurs terres de l’érosion en préservant les arbres en bordure du fleuve, tel ne fut pas le cas aux Éboulements (partie Saint-Joseph-de-la-Rive), où l’eau finit par emporter l’église, et à Petite-Rivière-Saint-François, où Samuel de Champlain avait remarqué des prairies en 1603. Lors de son passage à Petite-Rivière-Saint-François en 1749, le botaniste Pehr Kalm écrit que le fleuve emporte chaque année un morceau de sol et que les habitants craignent de perdre le peu qui leur en reste, à peinte « une portée de mousquet ».

Au XXe siècle, on estimait qu’à cet endroit le fleuve aurait pris « une largeur de terrain de 8 à 10 acres » (500 à 650 mètres). Il est probable que le ballast de la voie ferrée, construite au début du XXe siècle ait mis fin à l’érosion sur certaines portions de la rive.

Le sous-sol

Le peu de présence ou de vestiges d’activités liées à l’exploitation des ressources minérales indique le potentiel limité de ce sous-sol. De fait, on n’y trouve que des ressources minérales assez communes comme l’argile, le calcaire, le feldspath, le fer, le granit, le graphite, les sables et les graviers, le gréant, le grès, la houille et e mica. Les autres minerais trouvés sont en quantité négligeable. Sauf pour les carrières de sable et de gravier, l’exploitation commerciale des ressources minérales au fil des siècles s’est limitée surtout à l’extraction de fer à ciel ouvert dans les environs de Saint-Urbain, au mica du lac du Pied des Monts et du lac de la Roche, et à la silice.

Au total, les richesses minérales ont eu peu de retombées sur les activités humaines, si on les compare aux richesses végétales qui constituent la forêt régionale et, dans une faible mesure, la tourbière de l’île aux Coudres depuis sa mise en valeur au milieu du XXe siècle.

(Extrait du livre « Histoire de Charlevoix. Au rendez-vous de la diversité. »)

Paysage charlevoisin
Paysage charlevoisien. Photographie de GrandQuebec.com.

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