Les flammes rasent 35 immeubles à Nicolet : 300 personnes demeurent sans foyer
Incendie à Nicolet : Nicolet – Le pire incendie de l’histoire de cette ville de 5000 âmes, située à près de 100 milles de Montréal, a détruit la nuit dernière (21 mars 1955), presque tout le centre commercial, causant des dommages évalués à près d’un million de dollars, jetant 75 familles sur le pavé et faisant disparaître quelque 35 magasins, banques, bureaux, restaurants, quincailleries et autres établissements commerciaux.
Aucune perte de vue ou accident grave n’a été enregistré.
L’incendie, qui s’est propagé avec la rapidité de l’éclair, a débuté vers minuit dans le restaurant « Central » appartenant è M. Harry Mathieu et il a fallu, pour le combattre, outre les pompiers de Nicolet, dirigés par le chef Édouard Beaulac, l’aide des sapeurs de Pierreville, Drummondville, S.-Grégoire et S.-Léonard, soit plus d’une centaine d’hommes, qui ont travaillé avec acharnement durant toute la nuit pour combattre l’élément destructeur, celui-ci n’étant maîtrisé que vers 6 heures, ce matin.
Le chef Beaulac attribue la cause de l’incendie à un poêle surchauffé. D’autres personnes prétendent que le feu a pris son origine dans la salle de toilette du même restaurant.
Un vent violent a activé la marche des flammes et rendu extrêmement difficile le travail des pompiers; un grand nombre des immeubles incendiés étaient de bois.
À 11 heures, ce matin, une fumée dense s’élevait encore des décombres.
*
Le maire de Nicolet, M. J-Ubald Caron, et le curé de la paroisse cathédrale, l’abbé Alphonse Allard, se sont portés durant toute la nuit à l’aide des familles éprouvées. Plusieurs des personnes dont les logis brûlèrent ont été tirées de leur sommeil par des voisins et ont dû quitter les lieux en vêtements de nuit.
On estime que les pertes sont à moitié couvertes par les assurances. Les flammes ont détruit presque tous les ameublements des foyers ravagés.
Le maire Caron, élu en février dernier, et dont la maison, située rue Notre-Dame, a failli être la proie des flammes, a révélé aux journalistes qu’il avait adressé ce matin des messages au très honorable Louis S.-Laurent, premier ministre du Canada. Aussi à l’honorable Maurice Duplessis, premier ministre de la province de Québec. Il a demandé alors de l’aide en faveur de ceux les plus éprouvés par le sinistre.
(C’est arrivé le 21 mars 1955).

Voir aussi :