Cantons de l'Est

Rocher Le Mena’sen

Rocher Le Mena’sen

Rocher Le Mena’sen

Le Mena’sen, rocher situé au cœurs de la ville de Sherbrooke, émerge de la rivière Saint-François à 1 kilomètre en aval de sa confluence avec la rivière Magog, près du pont Saint-François.

L’amérindionyme Mena’sen signifie île rocheuse et remplace officiellement, depuis 1983, l’appellation descriptive Rocher du Pin Solitaire. Il provient des mots abénaquis menahan et sen, qui se traduisent respectivement par île et rocher.

Dès XVIIe siècle, cet îlot rocheux constitua un point de repère important pour les voyageurs qui parcouraient la région. Par la suite, il devint l’une des curiosités les plus importantes de Sherbrooke en raison de la présence d’un pin solitaire qui le surmonta jusqu’en 1913, résistant durant deux siècles à toutes les intempéries.

Le Bulletin des recherches historiques de 1897 consacre quelques lignes à l’histoire du rocher. Une légende abénaquise relate un combat singulier, qui s’y serait déroulé en 1692, entre un Abénaquis et un Iroquois représentant leurs tribus respectives. S’étant rencontrés par hasard, les deux clans ennemis décidèrent de déléguer chacun un guerrier dans ce qui pourrait être qualifié de tournoi. Il s’agissait de courir autour du rocher au pin, jusqu’à l’épuisement d’un participant, l’autre devenant de vainqueur. Ce dernier obtient ainsi le droit de tuer son adversaire, ce qui se traduisit, dans ce cas, par la mort de l’Iroquois. Curiosité naturelle, ce rocher attire depuis longtemps l’attention ; ainsi, Joseph Bouchette dans sa Description topographique de la province du Bas-Canada, publiée en 1815, mentionne « un rocher élevé et très-singulier, d’une forte dimension, qui offre à la fois un spectacle extraordinaire et unique ».

Malheureusement, l’arbre est abattu en 1913. On dit que ce pin solitaire qui ornait le piton rocheux aurait tombé victime d’un acte de vandalisme. D’autres insistent que ce sont les conditions météorologiques adverses qui ont provoqué la tombée de cet arbre.

Dans son roman intitulé Mena’sen, paru en 1922, Oscar Massé a créé toute une légende autour de ce rocher, que l’on croit maintenant être le prétendu cénotaphe d’une fiancée. Quoi qu’il en soit, le Mena’sen tient une place considérable dans le patrimoine sherbrookois, comme en témoignent les monographies intitulées Autour de Mena’sen et L’Estrie, publiées en 1964 par l’abbé Jean Mercier.

En 1934, à l’occasion du quatrième centenaire de la date de la découverte du Canada par Jacques Cartier, La diocèse de Sherbrooke a installé une grande croix métallique sur le rocher afin de commémorer ce voyage historique. La ville de Sherbrooke s’est engagé alors à illuminer cette croix en permanence, une promesse qu’elle tient toujours.

Le district du Pin-Solitaire de l’arrondissement de Fleurimont à Sherbrooke est nommé d’après le rocher.

Une plaque commémorative a été dévoilée le 24 juin 1988 par M. Jean-Paul Pelletier, le maire de Sherbrooke et M. Serge Cardin, le conseiller du conseil de la ville rendant hommage à la croix. L’inscription sur la plaque dit : La croix du rocher au Pin Solitaire Mena’ sen (Légende abénaquise). Croix érigée avec une souscription populaire sur le rocher du Pin Solitaire au confluent des rivières Magog et Saint-François le 24 juin 1934 pour commémorer le 400e anniversaire de la découverte du Canada (1534-1934). Propriété de la S.S.J.B. de Sherbrooke. Entretenue et illuminée à perpétuité par la Ville de Sherbrook. À l’occasion du 50e anniversaire de fondation de la Paroisse Saint-Sacrement 1938-1988.

Le Mena'sen en hiver. Source de la photographie : commons.wikimedia.org/wiki/File:Mena%27sen_(jour,_hiver_2011).JPGAuteur : UncivilFire.
Le Mena’sen en hiver. Source de la photographie : commons.wikimedia.org/wiki/File:Mena%27sen_(jour,_hiver_2011).JPGAuteur : UncivilFire.

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