Bataille d'Austerlitz

Proclamation après la bataille

Proclamation après la bataille

La proclamation de Napoléon du 2 décembre 1805 et le 31e Bulletin de la Grande Armée

Et c’est la fameuse proclamation de l’empereur à l’armée :

À la Grande Armée.

Austerlitz, le 2 décembre 1805.

Soldats ! Je suis content de vous : Vous avez, à la journée d’Austerlitz, justifié ce que j’attendais de vous ; vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire ; une armée de cent mille hommes, commandée par les empereur de Russie et d’Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée ; ce qui a échappé à votre feu s’est noyé dans les deux lacs.

Soldats ! Lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux ; mais, dans le même moment, nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir, et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis : projets téméraires et insensés, que le jour même de l’anniversaire de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.

Soldats ! Lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France. Là, vous serez l’objet de mes tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz, pour qui on vous réponde Voilà un brave !

L’édifiant 31e Bulletin nous raconte la soirée d’Austerlitz, telle que Napoléon veut la transmettre à la prospérité :

Le soir de la journée et pendant plusieurs heures de la nuit, l’Empereur a parcouru le champ de bataille et a fait enlever les blessés : spectacle horrible s’il en fut jamais ! L’Empereur, monté sur des chevaux très-vite, passait avec la rapidité de l’éclair, et rien n’était plus touchant que de voir ces braves gens le reconnaître sur-le-champ ; les uns oubliaient leurs souffrances et disaient : Au moins, la victoire, est-elle bien assurée ? Les autres : Je souffre depuis huit heures, et depuis le commencement de la bataille je suis abandonné, mais j’ai bien fait mon devoir. D’autres : vous devez être content de vos soldats aujourd’hui. À chaque soldat blessé, l’Empereur laissait une garde que le faisait transporter dans les ambulances. Il est horrible de le dire : quarante-huit heures après la bataille, il y avait encore un grand nombre de Russes qu’on n’avait pu panser. Tous les Français le furent avant la nuit. Au lieu de 40 drapeaux, il y en a jusqu’à cette heure 45, et l’on trouve encore les débris de plusieurs.

Rien n’égale la gaieté des soldats à leur bivouac. À peine aperçoivent-ils un officier de l’Empereur, qu’ils lui crient : L’Empereur a-t-il été content de nous ? :

En passant devant le 28e de ligne qui a beaucoup de conscrits du Calvados et de la Sainte-Inférieure, l’Empereur lui dit : « J’espère que les Normands se distingueront aujourd’hui. » Ils ont tenu parole, les Normands se sont distingués. L’Empereur qui connaît la composition de chaque régiment, a dit à chacun son mot ; et ce mot arrivait et parlait au cœur de ceux auxquels il était adressé, et devenait leur mot de ralliement au milieu du feu. Il dit au 57e : « Souvenez-vous qu’il y a bien des années que je vous ai surnommés le Terrible. » Il faudrait nommer tous les régiments de l’armée ; il n’en est aucun qui n’ait fait des prodiges de bravoure et d’intrépidité. C’est là le cas de dire que la mort s’épouvantait et fuyait devant nos rangs, pour s’élancer dans les rangs ennemis ; pas un corps n’a fait un mouvement rétrograde. L’Empereur disait : « J’ai livré trente batailles comme celle-ci, mais je n’en ai vu aucune où la victoire ait été si décidée, et les destins si peu balancés. » La garde à pied de l’Empereur n’a pu donner ; elle en pleurait de rage. Comme elle demandait absolument à faire quelque chose : « Réjouissez-vous de ne rien faire, lui dit l’Empereur : vous avez donné en réserve ; tant mieux si l’on n’a pas besoin de vous aujourd’hui. »

Le 29e Bulletin de la Grande Armée. Image libre de droits.
Béni soit mon peuple, parce qu’il est matinal. Le 29e Bulletin de la Grande Armée. Image libre de droits.

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