Bataille d'Austerlitz

Disposition des armées

Disposition des armées

Disposition des armées alliées et française avant la bataille d’Austerlitz

Disposition des armées allées et françaises, rapportées par Mikhaïlovski-Danielewski. Rappelons que ce général historien a eu à sa dispostion toutes les archives russes avant d’écrir sa « Campagne de 1805 ».

La veille de ce jour, qui devait se terminer par un grand événement, par la bataille d’Austerlitz, arriva enfin ; c’était le 19 novembre (2 décembre).

L’armée alliée quitta vers midi son camp près de Meerhof, et, après avoir dépassé Austerlitz, elle prit position, à trois heures, de la manière suivante :

La première colonne, de Doctoroff, près de Hostieraden, ayant en avant d’elle, près d’Aujezd, le détachement de Kienmeyer.

La deuxième, celle du comte Langeron, se plaça à la droite de Doctouroff.

La troisième, celle de Przibyszewski, près de Pratzen, ayant derrière elle la quatrième, celle de Kolowrat.

La cinquième, composée de cavalerie, celle du prince de Liechtenstein, fut placée plus à la gauche des troisième et quatrième colonnes.

Le prince Bagration se mit à cheval avec son détachement sur la grande route qui va de Brûnn à Pohorlitz. Enfin, la Garde impériale russe fut échelonnée en avant d’Austerlitz. La totalité de notre armée s’élevait à peu près à 80 000 hommes.

Au moment oùs’opératait ce mouvement en avant d’Austerlitz, il faisait encore jour, et Napoléon, qui se trouvait aux avant-postes, observait la direction de nos colonnes, tandis que le feu des tirailleurs était, de part et d’autre, assez faible. Les Français se retiraient de tous côtés, mais très lentement ; enfin ils prirent la position suivante :

Le corps de Lannes était placé sur l’aile gauche, en travers de la route de Brünn à Omütz ; il se formait de trois divisions d’infanterie, et d’une de cavalerie, qui avait en avant, sur la montagne Santon, une batterie fortifiée de dix-huit pièces de canon.
Bernadotte, avec deux divisions d’infanterie et une de cavalerie, était près de Ghirzikowitz.
Soult, sur l’aile droite, avec deux divisions d’infanterie et une de cavalerie, occupait Pontowitz et Kobelnitz.
Murat était en seconde ligne avec les réservesm de cavalerie, c’est-à-dire deux divisions de dragons, une de cuirassiers, soutenus par les dix bataillons des grenadiers d’Oudinot.


Enfin, en dernière ligne, la Garde impériale, composée, en infanterie et en cavalerie, de 10 bataillons et de 14 escadrons.

Napoléon avait concentré ses forces principales dans le rayon d’une lieue, entre Kobelnitz et la montagne Santon. À l’extrémité de son aile droite, entre Sokolnitz et Tellnitz, derrière le Goldbach, se trouvait la division d’infanterie du général Legrand, et la division de cavalerie légère du maréchal Margaron; à une lieue en arrière de ces deux divisions, le maréchal Davout était avec une division d’infanterie et une de cavalerie.

(Mikhaïlovski-Danilewski, Campagne de 1805).

Disposition de l’armée française d’après le 30e Bulletin de la Grande Armée

L’Empereur fit sur-le-champ toutes ses dispositions de bataille. Il fit partir le maréchal Davout en toute hâte, pour se rendre au couvent de Raygern ; il devait, avec une de ses divisions et une division de dragons, y contenir l’aile gauche de l’ennemi, afin qu’au moment donné elle se trouvât enveloppée : il donna le commandement de la gauche au maréchal Lannes, de la droite au maréchal Soult, du centre au maréchal Bernadotte, et de toute la cavalerie, qu’il réunit sur un seul point, au prince Murat.

La gauche du maréchal Lannes était appuyée au Santon, position superbe que l’Empereur avait fait fortifier, et où il avait fait placer dix-huit pièces de canon.Dès la veille, il avait confié la garde de cette belle position au 17e régiment d’infanterie légère, et certes elle ne pouvait être gardée par de meilleures troupes. La division du général Suchet formait la gauche du maréchal Lannes ; celle du général Caffarelli formait sa droite, qui était appuyée sur la cavalerie du prince Murat. Celle-ci avait devant elle les hussards et chasseurs sous les ordres du général Kellerman, et les divisions des dragons Walther et Beaumont ; et en réserve les divisions de cuirassiers des généraux Nansouty et d’Hautpoult, avec vinght-quatre pièces d’artillerie légère.

Le maréchal Bernadotte, c’est-à-dire le centre, avait à sa gauche la division du général Rivaud, appuyée à la droite du prince Murat, et à sa droite la division du général Drouet.

Le maréchal Soult, qui commandait la droite de l’armée, avait à sa gauche la division du général Vandamme, au centre la division du général Vandamme, au centre la division du général Saint-Hilaire, à sa droite la division du général Legrand.

Le maréchal Davout était détaché sur la droite du général Legrand, qui gardait les débouchés des étangs, et des villages de Sokolnitz et de Celnitz. Il avait avec lui la division Friant et les dragons de la division du général Bourcier. La division du général Gudin devait se mettre de grand matin en marche de Nikolsbourg, pour contenir le corps ennemi qui aurait pu déborder la droite.

L’Empereur, avec son fidèle compagnon de guerre le maréchal Berthier, son premier aide de camp de colonel-général Junot et tout son état-major, se trouvait en réserve avec les dix bataillons de sa Garde et les dix bataillons de grenadiers du général Ouidont, dont le général Duroc commandait une partie.

Cette réserve était rangée sur deux lignes, en colonnes par bataillons, à distance de déploiement, ayant dans les intervalles quarante pièces de canon servies par les canonniers de la Garde. C’est avec cette réserve que l’Empereur avait le projet de se précipiter partout où il eût été nécessaire. On peut dire que cette réserve valait une armée.

Napoléon regroupe son aile droite

Napoléon a volontairement regroupé et « pelotonné » son aile droite pour donner aux Alliés une envie irrésistible de la tourner. Il ne fera prendre à ses troupes leurs positions définitives qu’à la nuit. De plus, tous les rapports confirment ses inspections continuelles des lieux, dans les jours qui précédèrent la bataille.

« Pendant la journée du 30, dit son historiographe officiel, il parcourut tous les plateaux entre Aujezd, Pratzen et Ghirzikowitz ; il s’avança même si loin, avec peu de monde, que le piquet de son escorte (20 hommes des chasseurs à cheval de la Garde, sous les ordres de Daumesnil) fut chargé par les cosaques. » Les Alliés, après avoir bien examiné la position prise par Napoléon, dont la gauche était appuyée aux montagnes, le front garanti par des lacs, des ruisseaux, des villages, se décidèrent à tourner son flanc droit, en faisant passer le Goldbach à une force imposante, près de Tellnitz et de Sokolnitz. S’arrêtant à cette décision, on s’occupa des préparatifs de la bataille.

En ce même moment Napoléon s’apprêtait à prendre l’offensive. À la nuit tombante, il fit passer la ruisseau à Soult et à Bernadotte, les plaça en avant de Girzikowitz, Pontowitz et Kobelnitz, et fit avancer ses réserves de manière à attaquer notre centre. À dix heures du soir, ce changement fut exécuté pendant l’obscurité la plus profonde, et avec un ordre d’autant plus parfait que Napoléon avait, à l’avance, recommandé à ses généraux d’étudier avec soin les localités.

(Mikhaïlvski-Danilewski, Campagne de 1805).

Anecdote racontée par le général Thiébault

Le général Thiébault, qui commande une brigade française, explique que les premiers plans prévus par les Russes étaient bien préférables pour eux. Ils ont, entre autres, donné à Napoléon un répit de quelques jours qu’il a su mettre à profit :
….
Ainsi toutes les prévisions de l’Empereur se réalisèrent à Austerlitz, comme elles s’étaient au point le plus important. Lui aussi ne voulait pas d’une victoire ordinaire. Il ne voulait en venir aux mains avec les Russes que pour les écraser. C’est d’après cette pensée qui, plus faible de 25 000 hommes et pouvant l’être de 35 000, il aurait refusé la bataille si, par une faute énorme, les Alliés n’avaient, et au-delà, compensé cette différence ; mais il fut heureux de l’accepter lorsqu’ils les vit donner de la manière la plus complète dans le piège qu’il leur avait tendu.

Ici, c’est le général Thiébault qui raconte une anecdote de cette veillée d’armée. Une phrase surtout acheva d’électriser les troupes, c’était celle par laquelle l’Empereur proclamait que, si elles justifiaient ses espérances, il se bornerait à diriger les mouvements, mais que dans le cas contraire il s’exposerait aux plus grands dangers. Cet ordre à peinte lu à tous les corps, l’Empereur passa incognito et sans escorte sur le front de plusieurs régiments ; de suite reconnu, il devint l’objet du plus grand enthousiasme.

Au moment où il se trouva devant le 28e de ligne, un soldat de corps lui cria : « Nous te promettons que demain tu n’auras à combattre que des yeux. »

S’étant arrêté devant la brigade Ferny, composée des 46 et 57e, il demanda à des soldats si leurs cartouches étaient complètes. « Non, répondit l’un d’eux, mais les Russes nous ont appris dans les Grisons qu’il ne fallait contre eux que des baïonnettes, et nous te montrerons ça demain.

(Thiébault, Mémoires).

Aucune victoire militaire ne peut être comparée à l’observation des cerises en fleur. Photo de Megan Jorgensen.

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