Plaine littorale de Kamouraska

La plaine littorale de Kamouraska de la région de la Côte-du-Sud

La plaine littorale de Kamouraska est composée des mêmes sols que celle qui est située en amont. Seuls les sols localisés en bordure du fleuve, depuis l’anse de Saint-Anne jusqu’à Notre-Dame-du-Portage, présentent quelques particularités, notamment à cause de leur niveau qui dépasse à peine celui des plus hautes marées. Le botaniste Aubert Hamel a émis l’hypothèse que les sols de l’Anse n’avaient pas eu le temps d’être envahis par la forêt. En fait, des données historiques tendent plutôt à démontrer que cette terre auraient été recouvertes de conifères et d’aulnaies. Cela expliquerait l’origine du nom de Saint-Roch-des-Aulnaies. La flore littorale se distingue également par la présence d’une variété de spartine, communément appelée herbe salée, résistante à l’eau de mer.

On ne dispose pas de données comparatives permettant d’étayer l’hypothèse d’un écart de température significatif entre les deux parties de la plaine littorale. Cependant, il est probable que le secteur de Kamouraska subisse davantage l’influence de la nappe d’eau froide du Saguenay. L’ingénieur Gédéon de Catalogne soulignait en 1712 que les terres de la grande anse étaient « sujettes à la brume et à la gelée ». De plus, il observait la présence, dans les profondeurs de la seigneurie, de toutes sortes de bois, mais plus de gommeux que d’autres. Les seigneuries en amont étaient plutôt recouvertes de bois mélangée. La forêt de Kamouraska avait donc un caractère nettement plus boréal.

Plaine littorale de Kamouraska : sa faune

Aux espèces animales vivantes plus à l’ouest, il faut ajouter l’orignal, qui apparaît dans la toponymie locale (pointe aux Orignaux à Rivière-Ouelle), et probablement aussi le castor. Ces deux espèces, caractéristiques de la forêt boréale, ont été l’objet d’une chasse implacable dès le début de la colonisation. Il faut préciser que Kamouraska était, au XVIIe siècle, un territoire de chasse pour les Montagnais de la rive nord.

La faune aquatique de Kamouraska était également très riche. L’abbé Alphonse Casgrain écrit que l’éperlan est si abondant à Rivière-Ouelle qu’on le amasse sur les grèves à la pelle. On l’utilisait comme engrais au dix-neuvième siècle. on ne prenait aussi le hareng, notamment dans l’anse de Kamouraska, et languille, dont la pêche a été suspendue à 1970 parce que l’espèce étaient contaminée. C’est cependant le marsouin blanc ou béluga qui représentait la principale ressource maritime des paroisses du littoral. D’autres espèces, comme le saumon, l’alose et le bar étaient pêchées dans les rivières ou dans les nombreuses anses du fleuve.

Ses sols

Les habitants de la plaine de Kamouraska ont entretenu assez tôt des rapports très étroits avec la mer. Cela en fait bien que l’agriculture ait constitué leur occupation première. Si on fait abstraction du facteur climatique, le potentiel agricole est comparable à celui de la plaine de Montmagny – Bellechasse. Les sols de l’Anse sont même les seuls de la région à être exempts de pierres. Par contre, ils souffrent d’un excès d’humidité. À l’origine, une partie de cette terre restait submergée lors des grandes marées. Les habitants de la région les ont utilisées comme prairies naturelles pour le pacage ou la coupe de foin jusqu’au milieu des années cinquante.

La plaine littorale de Kamouraska se révélait comme un milieu privilégié parce qu’elle était une zone de transition. En effet, entre la forêt mixte et celle des conifères, entre l’estuaire d’eau douce et l’estuaire maritime, entre le fleuve et la terre ferme.

Pour en apprendre plus :

Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.

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