Art et Artistes

Grandes cantatrices d’autrefois

Grandes cantatrices d’autrefois

Grandes cantatrices canadiennes d’autrefois

Félia Litvine

Mme Félia Litvine, née Shoutz, cantatrice de grande réputation et interprète, sans rivale, des grands maîtres, particulièrement de Wagner et de Saint-Saens est d’origine canadienne par sa mère. Celle-ci se nommait Célina Mount, et elle avait épousé à Montréal, M. Shoutz, russe de distinction.

Mme Shoutz était cousine germaine du docteur Edmond Mount et parente à un degré plus éloigné de notre peintre distingué M. Georges Delfosse.

(La Presse, 1908).

Béatrice Lapalme

Quand notre grande artiste, Mademoiselle Lapalme nous quitta pour aller en Europe, ce ne fut pas pour se perfectionner dans l’art du chant et se lancer dans la carrière opératique.

Elle s’était entièrement vouée à cet instrument que l’on a si souvent qualifié divin : le violon.

Après avoir remporté, de la façon la plus brillante, un premier prix au Conservatoire de Montréal, elle fut envoyée à l’Académie Royale de Musique de Londres. Elle y décrocha la médaille d’or.

Un soir, dans cette ville, elle faisait, avec Noyés et Pugno, les frais d’un concert privé dans une riche famille mélomane et protectrice des musiciens.

Et voilà que pendant qu’ils repassaient en sourdine quelques morceaux de l’opéra La Bohème, Mlle Lapalme se mit à chantonner, puis à chanter pour de bon le rôle de Mimi.

« — Comment ! Vous pouvez et vous savez chanter » ? s’écrie le vieux pianiste Pugno. Et voyez à quoi tiennent les choses…

Ce soir-là, M. Higgins, directeur de l’Opéra de Convent Garden, apprit que l’artiste qui tenait le rôle de Musette dans la Bohême ne pourrait chanter le lendemain. Il se rendit au téléphone pour mander la personne — la doublure comme on dit au théâtre — qui avait charge de remplacer au besoin l’artiste en question.

Par une erreur au « Central », Higgins fut mis en communication avec Lady Warwick, où se trouvait Mlle Lapalme.

Et ce fut Pugno qui répondit à Higgins et qui, après avoir donne quelques explications au sujet de sa protégée, appela celle-ci à l’instrument.

« — Vous pouvez chanter Musette dans la Bohème », demanda Higgins.

— Oui. répondit toute tremblante notre concitoyenne.

—- Eh bien ! tenez-vous prête pour demain ». Et la voilà toute, la nuit et une partie du lendemain, à refaire plus ample connaissance avec le rôle.

À midi, à la répétition, elle émerveillait Higgins, et le soir elle chantait, à côté de Melba et de Scotti, comme si elle n’avait jamais fait que cela depuis des années.

Par une coïncidence non moins remarquable, c’est Messager, directeur de l’Opéra de. Paris, qui dirigeait la représentation, ce soir-là, à Convent Garden.

Il fut si enchanté qu’il insista pour faire engager dans son théâtre l’étoile nouvelle.

À Paris, Mlle Lapalme eut littéralement un début triomphal dans Cendrillon de Massenet.

Et d’étape en étape, la voici engagée à Oscar Hammerstein pour la prochaine saison opératique de New-York. Pareils engagements sont recherchés par les premiers artistes lyriques du monde entier.

Car, à part d’être fort lucratifs, ils sont comme une consécration du talent, de la voix et du style.

(Le Samedi, 1 mai 1909).

Eva Gauthier

Lors de l’engagement de Mlle Eva Gauthier au théâtre Convent Garden, à Londres, en mars 1910, les journaux rapportèrent l’intéressant trait suivant:

« Dernièrement, après avoir chanté, à une matinée royale, à Copenhague, elle fut décorée de l’ordre de la reine de Danemark. Quatre femmes seulement, d’un rang très élevé, ont déjà eu cet honneur, et Mlle Gauthier est la seule Canadienne qui l’ait obtenu. Elle est fille de M. et Mme L. Gauthier, d’Ottawa. Elle commença à étudier la musique ici, sous le professeur F. Buels ; elle fut ensuite envoyée en Europe, par Lady Laurier, dont elle était la protégée.

(La Presse 17-3-10).

Arts montréalais. Hiver. Photo de GrandQuebec.com.
Arts montréalais. Hiver. Photo de GrandQuebec.com.

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