Art et Artistes

Films à l’affiche en mai 1950

Films à l’affiche en mai 1950

Un petit recueil des films à l’affiche dans les cinémas de Montréal, du 20 mai jusqu’au 27 mai 1950 :

En salle dans les cinémas français

Au Saint-Denis

Malgré les travaux de réfection, le spectacle continue au Saint-Denis aux heures habituelles, et cette semaine, deux exellents fils de la production française prennent l’affiche : « Tous les Chemins mènent à Rome », une étourdissante fantaisie, et « Le Secret de Monte-Cristo » avec Pierre Brasseur.

« Tous les Chemins mènent à Rome » est une comédie qui fourmille de situations aussi imprévues qu’amusantes, de poursuites endiablées en auto, en camion, en canot à motheur, en fiacre même; il y a des voleurs sympathiques, des plats de spaghetti qu’on s’envoie à la tête, un ambassadeur loufoque, une grande duchesse extravagante. Il y aura du rire … et aussi de l’émotion.

Au même programme, une des sujets les plus populaires du cinéma « Le Secret de Monte-Cristo », l’histoire même qui permit à Alexandre Dumas de réaliser son célèbre roman « Le Comte de Monte-Cristo. » Les amateurs de coups de théâtre trouveront dans cette production le film qu’ils attendaient depuis longtemps et ils seront servis à souhait car du commencement à la fin c’est une surprise continuelle. Pierre Brasseur y tient le rôle principal et à ses côtés les jolies Marcelle Derrien et Madeleine Lebeau.

Au cinéma de Paris

L’oeuvre immortelle d’Édmond Rostand « Cyrano de Bergerac » poursuit son succès en troisième semaine, au Cinéma de Paris. Cette pièce à la renommée universelle est une réussite complète, tant par la mise en scène que par son interprétation remarquable.

Claude Dauphin joue en effet le rôle-titre avec une maestria peu commune. Aimablement narquois dans une foule ce comédies légères, ce comédien se révèle un artiste de grande classe, et sa composition de Cyrano dans le prolongement direct de la tradition romantique mais soulignée par une personnalité qui ne cesse jamais de briller; mérite les plus grands éloges. La scène du nez est adorable et, il sait tout au long du film, mttre en évidence cet organe énorme qui permet à maintes reprises des profils remarquables.

Le réalisateurs Edmond Rivers n’a eu qu’un seul souci en tournan son Cyrano, celui de s’éloigner le moins possible de l’oeuvre immortelle, et d’apporter au vaste public des salles de cinéma, une représentation parfaitement mise en scène et interprété de cette magistrale pièce. Les spectateurs applaudiront toutes les grandes tirades de Rostand, celle du nez, le duel, les « non merci » ou « le voici les cadets de Gascogne. »

Au même programme, un captivant documentaire sur ce quartier typique de Paris : « Montmartre », sa vie curieuse, ses différentes activités.

À l’Électra

La mise en scène de « Beau Geste », le film que présente pour cette semaine la direction du cinéma Electra, dépasse par son déploiement tout ce qui a été fait dans le genre à Hollywood, ce qui nous vaut une enlevante histoire de la Légion Étrangère.

Il faut voir les légionnaires tenire un contre dix, Markoff disposant les morts en créneaux pour tromper l’ennemi sur sa force, puis apprendre au dénouement le secret de la famille « Geste ».

Gary Cooper, Ray Milland, Robert Preston, Brian Danelvy sont en tête d’une extraoirdinaire distribution.

Au Champlain

Le menu est varié cette semaine au Champlain, avec « La Vendetta des Frères Corses » d’après Alexandre Dumas et « Quatre Pas dans les Nuages » comédie réalisée en Italie. Une riche et belle mise en scène, pleine de mouvements de foules et de chevauchées, réalisée dans la formule du film d’aventures, mais avec un soin tout particulier apporté aux éclairages et aux mouvements de la caméra, dans un rythme enlevant au premier film.

Archambault

Centre-ville de Montréal, la nuit, photo de GrandQuebec.com.

Films en anglais dans les cinémas Consolidated

Au Loew’s

« The Third Man », avec Allida Valli, Joseph Cotten, Orson Welles et Trevor Howard. Cette production de Carol Reed obtient un formidable succès au théâtre Loew’s où elle est à l’affiche depuis une semaine. Ce film a mérité les plus grandes éloges des critiques du monde entier. On sait que la trame musicale a été écrite par Anton Karas (de visite à Montréal en ce moment) ; il l’interprète sur la cithare. « The Third Man » est un film extrêmement bien fait qui tiendra les spectateurs en haleine du commencement à la fin.

Au Capitol

« Paid in Full », avevc Lizabeth Scott, Diana Lynn et Robert Cummings. Ce drame est construit autour de deux sœurs qui tombent amoureuses du même homme. L’une des deux se sacrifie, mais quand elle voit sa sœur gâcher sa vie maritale par son égoïsme, elle ne peut plus résister à l’appel de son cœur et épouse le mari de sa sœur qui vient de divorcer.

Au Palace

« No Sad Songs For Me », avec Viveca Lindfors, Margaret Sullivan et Wendell Cirey. L’action de ce film est construite autour d’une épouse qui apprend qu’elle souffre du cancer. Il ne lui reste plus que dix mois à vivre. Elle ne révèle son secret à personne et elle s’arrange pour rendre la vie aussi belle que possible à son mari après sa mort.

Au Princess

« The Yellow Cab Man », avvec Red Skelton et Gloria DeHaven. Cette comédie vient de prendre l’affiche du théâtre Princess, tourne autour des aventures d’un inventeur qui imagine toutes sortes de machines pour éviter des accidents et qui passe la moitié de sa vie dans les hôpitaux. C’est une désopilante comédie qui a obtenu un magnifique succès outre-frontière.

À l’Orpheum

« The Bicycle Thief », le grand film italien de Vittore de Sica, vient de prendre l’affiche de ce cinéma. Ce sera donc un véritable régal pour les amateurs de bons films. « The Bycycle Thief » a mérité plusieurs grands prix internationaux et a été accueilli avec les plus grands éloges par les critiques américains. C’est un film à voir.

À l’Impérial

« Commanche Territory », avec Maureen O’Hara et MacDonald Carey. Les amateurs de films en plein air et de films d’action goûteront cette production à sa pleine valeur. L’action se déroule il y a plus de cent ans dans les régions riches en argent. L’appât du gain pousse un jeune homme à entrer en lutte contre sa sœur ain de s’emparer de ces régions qui sont la propriété de la tribu de Comanches.

(Journal Le Canada, samedi, 20 mai, 1950)

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