Biographie de Médard Bourgault

L’artiste Médard Bourgault et son œuvre

Le 8 juin 1897 naît, à Saint-Jean-Port-Joli, Médard Bourgault, cinquième enfant de Magloire Bourgault et d’Émilie Legros.

Après avoir navigué sur le fleuve durant plusieurs années (1911-1919), Médard apprend, auprès de son père, le métier de charpentier. Le 6 février 1923, il épouse ça cousine Marie-Rose Bourgeault. Quatorze enfants naîtront de ce mariage. Le couple adoptera également une fille et un garçon.

À l’été 1929, Marius Barbeau, anthropologue de formation, est de passage à Saint-Jean-Port-Joli en quête d’antiquités et de vieilles chansons. Intrigué par des décorations sculptées sur la maison de Bourgault, il s’arrête et parle à son épouse. Cette dernière lui montre des œuvres de Médard. Quelques jours plus tard, Barbeau revient pour rencontrer l’artiste. Marius Barbeau est conquis par le talent et la simplicité de Médard Bourgault.

Médard Bourgault

Longtemps après Bourgault se remémorera cette rencontre :

« Barbeau me conseillait beaucoup de continuer. Il insistait même que « je ne pouvais en croire mes yeux si je ne m’étais pas retenu ». Je lui aurais sauté au cou pour l’en embrasser car je ne trouvais pas de mot pour lui témoigner ma reconnaissance. Enfin j’allais donc exercer le travail qui depuis si longtemps je désiré travailler. C’est avec regret que je le regardais s’éloigner.

À l’été 1930, la crise économique se fait sentir à Saint-Jean-Port-Joli. Médard se retrouve sans travail, les cultivateurs ayant suspendu la construction des bâtiments de ferme. Bourgault, encouragé par son épouse, se met à sculpter dans son atelier et vend ses pièces en bordure de la route.

En 1931, Jean-Julien et André se joignent à leur frère aîné. Georges Bouchard, autour de « Vieilles choses, vieilles gens », alors député du comté de Kamouraska, fait la rencontre de Bourgault. Conquis par le travail de de l’artiste, il incite à faire revivre des scènes du terroir. Dès lors, tout va très vite. Médard participe à des expositions à Montréal, à Toronto, à La Malbaie, à Québec. Depuis, premiers ministres, membres du clergé, simples touristes s’intéressent à ses œuvres.

En 1935, Médard délaisse l’art paysan pour revenir à sa première forme d’expression, l’art religieux. Ses frères (Jean-Julien et André), sa sœur (Yvonne), ses neveux et d’autres de son village, poursuivront dans l’art paysan.

Vingt ans après, ils sont soixante et, à sa mort, qui survient le 21 septembre 1867, ils sont plus d’une centaine à perpétuer cet art à Saint-Jean-Port-Joli. Durant 40 ans, Médard Bourgault a sculpté plus de 4000 pièces.

Sources :

  • Angéline Saint-Pierre, Médard Bourgault, sculpteur. Québec, Garneau, 1973, page 128.
  • Idem, L’œuvre de Médard Bourgault, Québec, Garneau, 1976, page 141.
  • Jeanne-Marie Gauvreau, « Médard Bourgault et l’école de sculpture sur bois de Saint-Jean -Port-Joli. Technique, volume 15, numéro 2, février 1940, pages 87-98.
  • Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993.

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