L’Art nouveau au Québec et l’histoire du style
Au Québec, l’Art nouveau est surtout visible de façon ponctuelle plutôt que comme un courant dominant; on le retrouve surtout dans certains décors, vitrines, ferronneries et bâtiments urbains inspirés des formes florales et des lignes courbes. À Montréal, on cite souvent des immeubles et façades où le métal, le verre et l’ornementation végétale rappellent clairement ce style.
Exemples de ce style au Québec
À Montréal, plusieurs constructions du début du XXe siècle présentent des éléments Art nouveau dans le fer forgé, la fonte, les motifs floraux et les lignes souples. Vitrines et commerces montréalais : certains aménagements commerciaux de cette période reprennent le vocabulaire décoratif Art nouveau dans les devantures et l’ornementation intérieure.
Dans la métropole québécoise, l’architecture Art Nouveau pure reste rare et souvent limitée à des éléments décoratifs comme les ferronneries, vitrines ou motifs floraux sur fer forgé et fonte, plutôt qu’à des bâtiments entièrement emblématiques. On parle davantage d’influences discrètes du début du XXe siècle, mêlées à d’autres styles, contrairement à l’Art déco plus présent.
On y verra des commerces et devantures du centre-ville. En effet, plusieurs vitrines commerciales anciennes (vers 1900-1910) intègrent des lignes courbes et motifs végétaux typiques de l’Art Nouveau dans le verre et le métal. On apprécie également des immeubles résidentiels du Plateau-Mont-Royal : Certains triplex et maisons bourgeoises montrent des ferronneries Art Nouveau aux balcons ou escaliers, avec des volutes et formes organiques. Un peu partout, on voit des bâtiments commerciaux dispersés : Des façades comme celles de certains magasins de la rue Sainte-Catherine présentent des ornements floraux en fonte et fer forgé.
Ce qu’il faut retenir sur l’Art nouveau québécois
Influence dans les arts décoratifs : au Québec, l’Art nouveau apparaît aussi dans l’architecture intérieure et les détails décoratifs, pas seulement dans la structure des bâtiments.
En fait, le Québec n’a pas autant d’édifices Art nouveau « emblématiques » que Paris ou Bruxelles, mais Montréal en a conservé plusieurs traces intéressantes dans son architecture urbaine et commerciale. Dans la pratique, on parle souvent davantage d’influences Art nouveau que d’un ensemble massif de bâtiments entièrement Art nouveau.
Ailleurs au Québec
Il faut admettre que l’architecture Art Nouveau reste rare au Québec en dehors de Montréal, où elle se manifeste surtout par des influences décoratives discrètes plutôt que par des bâtiments emblématiques. Dans d’autres villes, on observe principalement des éléments isolés comme des ferronneries ou motifs floraux sur des immeubles du début du XXe siècle.
Quelques immeubles commerciaux et résidentiels du Vieux-Québec ou du quartier Saint-Roch intègrent des détails Art Nouveau, tels que des balcons en fer forgé aux lignes courbes ou des vitrines ornées de formes végétales. Ces traces sont souvent mêlées à des styles plus dominants comme le néo-classique ou l’Écossais.
Lévis : Des maisons bourgeoises de la rive sud présentent occasionnellement des ornements floraux en fonte sur les façades, évoquant l’Art Nouveau dans leurs escaliers extérieurs.
Trois-Rivières : Certains édifices commerciaux du centre-ville, vers 1905-1915, montrent des influences dans les devantures et ferronneries.
Gatineau : Influences mineures sur des immeubles riverains, avec des motifs ondulés en métal.
Globalement, l’Art Nouveau au Québec s’exprime plus dans les détails urbains que dans des ensembles architecturaux purs, particulièrement en dehors de Montréal. Pour une exploration, priorisez les circuits patrimoniaux locaux
Histoire du style de l’Art nouveau
William Morris (1834-1896), poète et artiste proche du mouvement des préparpaélites, ressent comme une menace toute tentative d’adapter l’art à la fabrication industrielle. Il y voit une source de déterioration de la qualité des objets, mais aussi et surtout de la vie matérielle et spirituelle de l’homme. Convaincu de la nécessité d’un engagement personnel qui transforme l’artiste ou artisan créateur, pour s’opposer à la vulgarité diffuse de la logique productiviste industrielle déterminée par le seul rendement économique, Morris fonde en 1861 une entreprise d’ameublement, avec pour objectif une production artisanale qui respecte la nature des matériaux et les différentes manières de les travailler. La construction de la villa (sur un projet de Philip Webb, 1831-1915), qu’il meubla et décora avec des amis Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et Ford Madox Brown, fut l’occasion de mettre ses idées en pratique.
La « Maison rouge », comme on l’appela à cause de ses murs en brique nue, dépourvue de l’enduit prescrit par les règles néoclassiques, devint le symbole d’une culture qui s’opposait au souci d’ostentation du statut social pour se tourner de préférence vers des valeurs d’intimité. L’extérieur traduisait les exigences de l’intérieur, et ses détailles étaient délibérément sobres.
Morris avait mis l’accent sur les menaces que les grandes expositions du XIXe siècle faisaient peser sur l’artisanat en prônant la fabrication en série des éléments de construction et des objets d’usage courant.
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Un nouvel intérêt pour l’habitation privée et le quotidien, perceptible dans l’étude des détails architecturaux, se manifeste parallèlement à l’utilisation des nouveaux matériaux que la technique a mis au point. À l’époque, les polémiques et les solutions commencent à passionner l’Europe entière, parallèlement à l’extension de la révolution industrielle. Elles trouveront en Allemagne, au sein du Deutscher Werkbund, l’espace le plus propice.
Le mouvement des Arts and Crafts anglais naît également à l’époque, mais c’est un autre sujet.
Victor Horta est le premier à employer l’architecture en fer pour un hôtel particulier : la maison Tassel, à Bruxelles (1893), exhibe sa structure portante au cœur d’une demeure privée. Se posait le problème de rendre ce squelette esthétique, en l’intégrant dans un système cohérent de décoration. Chaque élément, chaque détail, va dès lors être investi par un nouveau langage figuratif qui absorbe les éléments techniques et transforme le produit industriel en « pièce unique ».
De 1895 à 1898, Horta réalise à Bruxelles la Maison du Peuple: une façade incurvée en ver et en verre, noyée dans une caisse en maçonnerie discontinue en débord par endroits, liant l’édifice aux constructions environnantes. Le bâtiment, conditionné au départ par la forme irrégulière de la parcelle, s’organise librement, grâce au procédé constructif et au travail d’imagination. La structure même devient un décor, une partie de la construction à montrer: chaque jointure est conçue et réalisée dans une perspective technique et ornementale à la fois.
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En France, l’Art Nouveau prend une tout autre connotation. La culture académique d’un côté, la tradition technique de l’autre, s’opposent à l’assimilation de cette nouvelle esthétique, qui, en pratique, sera davantage acceptée comme style décoratif que comme procédé constructif.
Dans le travail d’Hector Guimard, qui dessine notamment les bouches du métro parisien, apparait une création comprise comme une sollicitation, avec des lignes courbes et des ornements conçus pour séduire le public. Auguste Perret lui-même, à qui l’on attribue la première utilisation d’une ossature en béton armé pour un immeuble d’habitation, laisse apparaître la structure en façade, mais l’édulcore par des dalles de revêtement qui la rendent plus conforme au goût du moment.
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