L’abbé Maurice Proulx

Biographie de l’abbé Maurice Proulx, l’un des premiers documentalistes au Québec

Natif de Saint-Pierre-de-Montmagny, l’abbé Maurice Proulx, né en 1902 et décédé en 1988, est véritablement l’un des premiers documentalistes au Québec. En 1933, étudiant à l’université Cornell de New York, il découvre le cinéma. Ce nouveau moyen de communication lui apparaît indispensable à l’enseignement et à la culture populaire.

Entre 1934 et 1968, il produit et réalise quelques 40 films dont deux longs métrages documentaires. Son premier, En pays neufs, témoigne de la politique de colonisation en Abitibi, dans les années 30 du XXe siècle. Son second, En pays pittoresque, présente la Gaspésie des années 40 du XXe siècle. Il s’agit de le colonisation et des pêcheries. Plus de 450000 spectateurs visionnent entre 1941 et 1954 ces deux long métrages.

Il produit également des films à caractère scientifique et didactique : Le miel nectar, Le labour Richard, Le Percheron, Le lin du Canada, Les ennemis de la pomme de terre, Jeunesse rurale, le tabac jaune du Québec et plusieurs autres. Nombre de ces images sont d’ailleurs filmées sur la Côte du Sud, région native du Proulx et lieu où il exerce les fonctions de professeur et de supérieur à l’école supérieure d’agriculture de Sainte-Anne de la Pocatière.

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De fait, Proulx à un oublie pas le but premier de sa démarche cinématographie : l’enseignement. des films comme Waconichi, Au Royaume du Saguenay et Les îles-de-la-madeleine intéressent de 500 000 à 1 000 000 de spectateurs entre 1955 et 1971. Témoin de son époque, conscient de l’évolution de la société québécoise, Maurice Proulx soulignait que ces films « étaient faits dans le but exclusif de permettre la diffusion des valeurs du temps dont l’amour du sol. Mes films reproduisaient donc fidèlement les débuts de la colonisation et défendaient la famille, la religion et le patrimoine. » On peut percevoir à travers ces films, œuvres de propagande, au sens où l’entendait Proulx lui-même, comment la religion imprégnait la société québécoise du temps.

En plus de s’occuper entre 1934 et 1960 d’enseignement et d’adoption à La Pocatière, il prend une part important, comme conseiller de Premier ministre Godbout, à la fondation en 194o du Service de ciné-photographie (1941-1961) remplacé par l’Office du film du Québec (1961-1975). Proulx produit d’ailleurs plusieurs documentaires pour ce service en 1941. Grâce aux images de Maurice Proulx, il nous est possible de suivre l’évolution de la société québécoise d’après les années trente. L’ensemble de son œuvre, reconnue comme patrimoine cinématographique, est d’ailleurs acquis par le gouvernement du Québec à la fin des années soixante-dix du XXe siècle.

Sources biographiques de l’abbé Maurice Proulx :

  • Luc Chartier et Antoine Pelletier, rétrospective Maurice Proulx. Québec, ministère des Communications, 1978.
  • « De son enfance à aujourd’hui : l’abbé Maurice Proulx ». Le Kamouraska 27 septembre 1878, page 6 ; René Bouchard,
  • « Documents filmiques sur la religion traditionnelle des Québécois », dans Benoît Lacroix et Jean Simard. Religion populaire, religion de clercs? Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1984. pages 195-207.
  • Histoire de la Côte-du-Sud, Alain Laberge, Martine Côte et all.

Voir aussi :

Image : L’abbé Proulx filme un homme se préparant à semer, entre 1940 et 1950. Source de l’image: Société historique de la Côte-du-Sud. Photo de l’époque, libre de droits.

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