Abitibi-Témiscamingue

TNO Rivière-Kipawa

TNO Rivière-Kipawa

TNO de Laniel et TON des Lacs-du-Témiscamingue

Il existe deux territoires dits non organisés, au Témiscamingue : les TNO de Laniel et de les Lacs-du-Témiscamingue.

Réservoir Decelles

Au début des années 1940, la Noranda Power Co, construit sur la rivière des Outaouais, au sud de Malartic, un barrage qui progressivement, avec l’élévation du niveau de l’eau, a transformé le lac Decelles en un imposant réservoir de plus de 200 km2 de superficie, long de 58 km et large de 27 km. Partagé entre les cantons de Le Barroys, de Mazérac, d’Allemand, de Laudanet, de Jourdan et de Laubanie, il se situe dans une région assez marécageuse du Témiscamingue, à plus de 100 km au nord-est du lac Témiscamingue et à environ 40 km au sud de la ville de Val-d’Or. Le hameau et le barrage de Rapide-Sept s’élèvent près de l’extrémité nord-ouest du réservoir. In contient de nombreuses îles et presqu’îles dont certaines divisent, pour ainsi dire, cette masse liquide en deux ou plusieurs sections. Approuvé en 1948 par la Commission de géographie, ce toponyme honore, comme le canton du même nom, la mémoire d’Alfred Duclos De Celles (1843-1925), journaliste érudit. Le toponyme Lac DeCelles paraît dans le premier rapport de la Commission de géographie de 1916, en même temps que le nom du canton, qualifié de désignation récente. Le réservoir Decelles porte également le nom algonquin de Namawash, qui signifie esturgeon. Variante : Nimewaja Lake.

Par Ghislain Loiselle

Il n’y en avait qu’un seul, au départ. Mais le 31 octobre 2005, suite à une demande de la MRC du Témiscamingue, le TNO de Rivière-Kipawa (c’était son nom) a été divisé en deux territoires distincts que j’ai nommés plus haut. C’est dans le TNO les Lacs-du-Témiscamingue, un territoire extraordinaire et vaste, qu’on se retrouve le plus loin de la civilisation, ce que recherchent bon nombre de gens. Mais attention, l’Abitibi-Témiscamingue en entier, pour ne mentionner que cette région, fait partie depuis des millénaires du royaume des Algonquins. Ces Amérindiens y sont donc présents un peu partout et y vivent dans la quiétude.

Lac Chailly

D’une superficie de 7 km2 le lac Chailly baigne le territoire de la zec Maganasipi, à un peu moins de 45 km au sud-est de la ville de Témiscaming. Par un mince filet d’eau, il s’écoule dans le lac Lisleroy, au nord-est, et de là, vers le lac Menewin. En 1948, la Commission de géographie du Québec remplace l’appellation de Lac Vert par celle de Lac Chailly, en l’honneur du sieur Chailly, capitaine des grenadiers au régiment de la Sarre depuis 1747 et qui accompagnera son régiment en Nouvelle-France pendant la guerre de Sept Ans. Variante : Lac Green.

Canton de Champflour

Le nom de ce canton désigné en 1965 rappelle celui de François de Champflour, commandant de Trois-Rivières (1639-1642) qui eut comme mission du gouverneur Charles Huault de Montmagny de réorganiser la défense de ce fort. Il fut ensuite commandant au fort Richelieu (1642-1643) et réside de nouveau à Trois-Rivirèes, à titre de gouverneur, jusqu’à son départ de la Nouvelle-France, en 1645. L’espace identifié par son patronyme est un canton situé à peu près à la hauteur de la ville de Témiscaming et à 35 km environ au nord de la rivière des Outaouais. Comme plusieurs autres cantons de cette région, celui-ci est inhabité et couvert de forêts. Parmi les nombreuses étendues d’eau qu’il comprend, on trouve les lacs à la Carabine, du Fils et Russell. Le point culminant du relief atteint 426 mètres.

Lieu de Chute-du-Pin-Rouge

À 35 kilomètres au nord-est de Témiscaming, dans le territoire non organisé de Rivière-Kipawa, sur les berges de la rivière du même nom, se trouve le lieu-dit de Chute-du-Pin-Rouge. Cette ancienne agglomération forestière, connue également sous le nom de Chute-Red-Pine, née à la fin du XIXe siècle, tire son nom d’une rupture de pente sur le parcours de la rivière Kipawa. L’appellation, descriptive, a remplacé en 1972 celle de Gaudette, nom du bureau de poste qui a desservi la petite communauté de 1900 à 1931, exception faite d’une brève fermeture de six mois en 1902-1903.

Canton de Couturier

Ce canton du Témiscamingue est localisé dans une région où les lacs sont innombrables. On y trouve, entre autres, les lacs Saseginaga et Ogascanane, deux grandes étendues d’eau qui couvrent environ le tiers de cet espace inhabité, quelque peu marécageux et dont le relief se situe à environ 340 mètres d’altitude. Félix Couturier (1876-1941), dominicain, fut prieur du couvent de Hawkesyard (1910) et de Pendleton (1913-1915), en Ontario, aumônier en chef de l’armée britannique en Égypte (1915-1919), visiteur apostolique dans le même pays et finalement évêque en Ontario pendant les vingt dernières années de sa vie. Ce nom a été approuvé en 1955.

Canton de Darveau

À 20 kilomètres au sud-est de Belleterre dans le Témiscamingue, a été implanté le canton de Darveau qui est inhabité, sauf près du lac à la Truite, au nord, où s’échelonnent quelques habitations. Les principales étendues d’eau qui irriguent cette unité géographique sont les lacs Lescot et la baie Taylor, prolongement du lac Ogascanane. Après son ordination à la prêtrise, à Québec (1841), Jean-Édouard Darveau (1816-1844) apprit la langue des Saulteux à Saint-Boniface (Manitoba) et fut ensuite nommé curé de Baie-des-Canards, sur la rive occidentale du lac Winnipegosis. En 1842, il se rend à sa cure avec trois compagnons. L’année suivante, au printemps, il y bâtit une chapelle et, au cours de sa deuxième visite un peu plus tard, il est mal reçu par le catéchiste indien Henry Budd, son rival protestant au Pas. En mars 1844, il s’égare dans une île où il gèle presque à mort. Il survit. Mais au début de juin, au moment de partir pour Le Pas avec un jeune Indien et le Métis Jean-Baptiste Boyer, il est assassiné avec ses compagnons par des Amérindiens qui, sous l’influence de Budd, le considéraient comme un esprit malfaisant. Le nom de ce canton, accepté en 1955, paraît sur une carte du ministère des Terres et Forêts publiée l’année suivante.

Canton Des Musseaux

D’innombrables étendues d’eau, parmi lesquelles on compte les lacs Soufflot, Chenon et Pierre, couvrent ce canton inhabité situé à quelque 70 km à l’est de Ville-Marie, au Témiscamingue. Son relief ne dépasse pas 445 mètres. En nommant ce canton, on a voulu honorer la mémoire de Charles-Joseph d’Ailleboust Des Muceaux, – la forme Des Musseaux se rencontre aussi à l’époque – né vers 1624 et décédé en 1700. Après son arrivée au Québec, en 1648, avec son oncle Louis d’Ailleboust de Coulange, il se rendit tout de suite à Montréal où il prit le commandement d’un camp volant, c’est-à-dire d’une troupe de 40 hommes qui se tenaient constamment en alerte pour repousser les Iroquois. Son habilité et sa valeur déterminèrent Chomedey de Maisonneuve à le charger, en 1651, du gouvernement temporaire de l’île de Montréal. Après sept années passées à Québec (1652-1659), il retourna à Montréal où il fut notamment juge en matière civile et criminelle (1659-1677). En 1680, il devint seigneur d’Argenteuil.

Canton Desranleau

Situé entre le lac Témiscamingue et le réservoir Cabonga, dans un des secteurs les plus arrosés du Québec méridional, ce canton inhabité dont les sommets du terrain ne dépassent guère 400 mètres d’élévation, contient parmi ses nombreuses étendues d’eau le Grand lac de la Vieille, les lacs du Vieillard, des Quatre Milles, Kôkomi et Padoue qui présentent des contours très variés et orientés en tout sens. Le nom de cette unité géographique, attribué en 1955, rend hommage à monseigneur Philippe Desranleau (1882-1952), docteur en philosophie (1913) et en droit canonique (1915), né à Saint-Sébastien (Iberville). Après ses études à Rome, il poursuivra sa carrière ecclésiastique comme vicaire à la cathédrale (1915) puis comme secrétaire de l’évêque de Saint-Hyacinthe (1915-1931), tout en accomplissant d’autres tâches pastorales dans le diocèse. Il était curé de Saint-Pierre-de-Sorel depuis 1931, lorsqu’il fut nommé évêque coadjuteur de Sherbrooke en 1937. Sacré évêque l’année suivante, il sera le quatrième titulaire de ce diocèse (1941), en remplacement de monseigneur Alphonse-Osias Gagnon, et deviendra en 1951, un an seulement avant son décès, le premier archevêque de Sherbrooke. Durant son épiscopat, il fonda, entre autres, le Grand Séminaire de Sherbrooke (1939), l’École supérieure et de génie (1949) – embryon de la future Université de Sherbrooke – et 33 paroisses dont 10 dans la seule ville de Sherbrooke. Réformateur de catéchisme, très avant-gardiste dans le domaine liturgique, d’une doctrine sûre, il s’est surtout fait remarquer par ses prises de position énergiques en faveur des ouvriers lorsqu’il était curé à Saint-Pierre-de-Sorel, mais surtout lors de la grève de l’amiante à Asbestos (1949) où il entra en conflit direct avec le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis. Il fut un pasteur qui faisait face à toutes les réalités de son époque avec une détermination voire une audace remarquable.

Canton Diéreville

C’est au Témiscamingue, plus précisément à 90 km environ à l’est de la frontière provinciale, que ce canton est situé. Le lac Dumoine, qui occupe une grande partie de cet espace géographique inhabité et marécageux, se décharge dans la rivière des Outaouais, à environ 70 km au sud, par la rivière portant le même nom que le lac. L’appellation de ce canton, adoptée en 1945, paraît sur la carte officielle du Québec de 1946 ; elle a été attribuée en souvenir peut-être de Pont-l’Évêque, en Normandie. On sait seulement de lui qu’il était chirurgien, cultivé, poète à ses heures et amant des sciences naturelles. À la suite d’un voyage en Acadie (1699-1700), il rapporta en France plusieurs spécimens de plantes nouvelles dont l’un fut nommée par la suite Diervilla acadiensis (aujourd’hui Diervilla Lonicera), sorte de chèvrefeuille. Il semble le premier à rapporter une recette de bière de sapin, c’est-à-dire de bière d’épinette, qui constitue un bon antiscorbutique. Sa « Relation du voyage du Port Royal de l’Acadie ou de la Nouvelle France, rédigée en vers et en prose, fut publiée en 1708 à Rouen, en 1710 à Amsterdam, et, par la suite, traduite en anglais et en allemand. Elle contient des observations sur la colonisation, les mœurs et les usages des autochtones et de nombreux renseignements sur la flore et la faune du pays.

Canton de Gaulin

Le canton de Gaulin s’étend dans un milieu très arrosé, à environ 65 km au nord-est de Témiscaming. Les trois plus grandes nappes d’eau qui le baignent, soit les lacs des Loups, Watson et aux Foins, sont reliés par la rivière Kipawa qui prend naissance plus loin au sud-est dans la baie Kipawa du lac Dumoine. Cette division géographique dont la surface varie entre 304 et 411 mètres d’altitude porte le nom de Rémi Gaulin (1787-1857), né à Québec et ordonné prêtre en 1811. Il commence son ministère en Ontario, comme curé à Saint-Raphaël de Kingston (1812-1815), le poursuit en Acadie (1815-1822), puis dans la région de Montréal, à la tête de cinq paroisses différentes (1825-1832). Sacré évêque coadjuteur en octobre 1833, quelques mois seulement après avoir laissé sa cure de Sault-au-Récollet au Québec, il devient le deuxième évêque de Kingston, en 1840, charge qu’il occupera pendant cinq ans. Frappé de paralysie, il est rappelé par l’évêque de Montréal et se retire au presbytère de L’Assomption, tentant en vain de retourner diriger le diocèse de Kingston. Cet espace administratif apparaît sur la carte générale du Québec en 1956, un an après sa désignation officielle.

Canton Giroux

Près de 80 km à l’est de la ville de Témiscaming est situé le canton de Giroux dans un milieu très arrosé. Sa surface variant entre 320 et 457 mètres d’altitude est irriguée dans la moitié ouest par les lacs Florio, du Pin Blanc et Ramé, ce dernier étant relié à la rivière Fildegrand, affluent de la rivière Dumoine. Cette division géographique porte le nom de Louis-Arthur Giroux (1893-1945), avocat, admis au Barreau du Québec en 1918, qui a commencé sa carrière comme secrétaire de Pierre-Évariste Leblanc, alors lieutenant-gouverneur de la province. Bâtonnier du district de Bedford (1932-1934), gouverneur de plusieurs banques et de compagnies d’assurances, il a occupé également la fonction de conseiller municipal de Sweetsburg, de 1929 à 1945, et a terminé sa carrière comme représentant de la division de Wellington au Conseil législatif, de 1937 jusqu’à sa mort. La carte générale du Québec (1946) signale ce canton, identifié officiellement l’année précédente.

Lac Grindstone

Ce lac de 10 kilomètres de longueur et aux contours très sinueux est à 30 kilomètres à l’est-nord-est de la ville de Témiscaming dans un milieu très arrosé par de nombreux lacs. À l’instar des lacs Desquerac, McLachlin et Hunter qui l’avoisinent, le lac Grindstone se trouve sur le parcours de la rivière Kipawa qui se jette au sud du lac Témiscamingue. Il doit son nom à la présence, sur une de ses îles, d’une variété de grès servant de pierre meulière ou à aiguiser. Le premier sens de grindstone est préciséement meule à aiguiser. Le nom de ce plan d’eau, qui n’est pas consigné dans le « Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec » en 1925, figure sur la carte officielle du Québec en 1946. On ignore l’année exacte de son attribution. Pour les Algonquins, cette nappe d’eau est connue comme Kinibotcisinanik Sakaikan, lac où l’on trouve de la pierre meulière.

Canton Guy

Ce canton se trouve entre le lac Simard et le réservoir Decelles. Il est arrosé par le lac Nodier, étroite nappe d’eau qui forme en quelque sorte de prolongement le plus occidental du réservoir. Au sud, le ruisseau à Mouffette, provenant de quelques lac minuscules, se dirige vers la rivière Winneway qui coule, au-delà de la limite, en direction du lac Simard étendu à l’ouest. Le relief s’élève jusqu’à 411 mètres. On a attribué à ce canton le nom de Joseph Guy (1883-1953), oblat n à Montréal. Il exerce d’abord son ministère comme curé dans une localité du Manitoba dénommée Le Pas de 1915 à 1920, et s’occupe entre autres choses d’enseignement, en qualité de professeur à l’Université d’Ottawa (1920-1927) et de recteur du collège Mathieu de Gravelbourg en Saskatchewan (1927-1929). Devenu évêque et vicaire apostolique de Grouard (1929) en Alberta, il a été chargé par la suite (1943) des missions indiennes du Canada. Ce toponyme a été accepté par le ministre des Terres et Forêts en 1955.

Lac Holden

Vers 1950, un barrage est construit aux rapides des Joachims, sur la rivière des Outaouais. Le niveau de l’eau s’élève alors et, avec le temps, se forme un lac long de 84 kilomètres et large de près de 3 km. Délimité au nord-ouest par le lac la Cave et à l’est par le lac McConnell, il reçoit le trop-plein de plusieurs cours d’eau, dont la Dumoine et la Maganasipi. Il se situe dans une région peu habitée du Québec, au sud-ouest de la municipalité de Rapides-des-Joachims et à 70 km à l’est de la ville ontarienne de North Bay. Après de longues et parfois difficiles discussions entre les autorités canadiennes et québécoises sur le nom à retenir pour l’entité nouvellement créée, on choisit de rendre hommage, en 1950, à l,ingénieur Otto Holden (1891-1966). Né à Toronto, en Ontario, il fait des études en hydraulique à l’université de cette ville et entre à la Commission ontarienne d’hydroélectricité en 1913. Assistant-ingénieur en hydraulique en 1924, ingénieur en chef dans ce domaine en 1937, il devient ingénieur en chef de la Commission en 1955 et conserve ce poste jusqu’à sa retraite, en 1960. Pendant sa longue carrière, il met en œuvre plusieurs projets hydroélectriques, dont celui de la chute des Chats, premier développement interprovincial de la rivière des Outaouais.

Lac Kôkomi

Ce toponyme désigne un plan d’eau de la partie ouest de la réserve faunique La Vérendrye. Il fait partie d’un groupe de quatre nappes d’eau, reliées l’une à l’autre par des goulots étroits. Pendant longtemps, cet ensemble a été connu sous l’appellation de Lac Kokomis ou de Lac de la Vieille. Ces lacs se déversent vers le nord, en direction du lac du Vieillard, pour alimenter la rivière des Outaouais. Le lac Kôkomi est le premier de la série ; il mesure environ 7 km de long et 3 km de large. Il se décharge vers le nord dans le lac Kânapanehagâdek, terme algonquin signifiant « le lac est brûlé d’un seul côté ». À son tour, celui-ci communique avec le Grand lac de la Vieille, le plus étendu, dont la superficie est de 12 km2. Le dernier de la série est nommé Lac Obikickikak, qui a pour sens « au lac abrupt ». Dans un rapport sur la région de l’Outaouais, Henry O’Sullivan notait en 1895 : « J’ai nommé ces deux élargissements Kikomis ou Bonne femme. Mais il n’y a, à proprement parler qu’un seul lac, car il n’y a aucune différence de niveau entre eux ». Le père Joseph-Étienne Guinard écrit dans « Les noms indiens de mon pays : leur signification, leur histoire (1960) : « Le nom s’applique également à des rochers qui ont plus ou moins l’apparence de vieilles femmes. J’ai vu deux de ces kokomis dont celle de la rivière Saint-Maurice, à qui la ville de Grand’Mère doit son nom… L’autre « kokomis » est dans les eaux de la rivière Abitibi, à quelques milles du lac du même nom. Autrefois, les Indiens païens offraient à ce « Kokomis » du petun de la viande fumée, sa suppliant d’arrêter les vents sur le grand lac Abitibi.

Canton La Chaudière

Ce canton de la MRC de Témiscamingue se trouve à quelques kilomètres de la réserve faunique La Vérendrye et à 60 km au nord-est de la ville de Témiscaming. Il est arrosé par la rivière du Pin Blanc dans sa partie sud-ouest. Son nom, choisi en 1945, rappelle les hauts faits militaires qui ont couvert de gloire le régiment de la Chaudière, au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Sous le commandement du lieutenant Paul Mathieu, ce régiment participe au débarquement en Normandie en 1944, en plus de s’illustrer à Falaise, à Cologne et dans d’autres lieux. Des corps de milice et des bataillons de réserve ont presque toujours existé en Beauce jusqu’à l’apparition de véritables régiments. Le Provisional Battalion of Dorchester, établi en 1869, sera identifié sous le nom de Régiment de Beauce (1921), de Régiment de Dorchester-et-Beauce (1932) puis de Régiment de La Chaudière (1936).

Réserve écologique du Lac-Malaksis

Cette réserve écologique d’environ 20 km2 de superficie, voisine de la zec Restigo, est située dans le Témiscamingue. Créée en 1978, elle chevauche les cantons de Booth et de Raisenne. On y trouve un résidu représentatif de la forêt originale qui couvrait la région avant l’exploitation forestière qui a accompagné la colonisation.Le toponyme est tiré de celui de la principale entité de la réserve, le lac Malakisis, qui à 1,2 km2 de superficie. Il alimente la rivière Kipawa. Malakisis était le surnom algonquin du frère Joseph Moffet (1852-1932), considéré par les colons de la région comme le père du Témiscamingue québécois. Originaire de Saint-Nicolas, sur la rive sud de Québec, ce frère oblat était un lève-tôt, qu’on trouvait toujours debout avant l’aube pour se mettre au travail. Malakisis ou maiokisis signifie « comme le soleil ». Installé près du site de Ville-Marie vers 1877, il consacra sa vie au développement de la région.

Canton La Noue

Délimité à l’ouest par le lac Ostabonique, ce territoire se trouve à quelque 110 km au sud de Rouyn-Noranda et il se rattache à la MRC de Témiscamingue. Dénommé en 1926, il évoque Zacharie Robutel de la Noue ou Lanoue (1665-1733), aide major en 1686 lors de l’expédition du chevalier de Troyes à la baie d’Hudson. Il participe par la suite à diverses missions et gravit les échelons de la carrière militaire jusqu’au grade de capitaine auquel il est promu en 1725. De 1717 à 1721, il assumé le commandement de Kaministiquia *aujourd’hui Thunder Bay en Ontario). Il pratique ensuite la traite des fourrures pendant quelques années, puis il meurt à la baie des Puants (Green Bay au Michigan). Robutel de La Noue, qui avait épousé Catherine Le Moyne, fille de Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène, avait acheté, en 1706, la seigneurie de Châteauguay des enfants et héritiers de Charles Le Moyne. Proclamé en 1936.

Canton Le Barroys

Ce canton, dont les terres sont en grande partie noyées par le réservoir Decelles, se trouve à 50 km au sud-ouest de Val-d’Or et à 100 km au nord-est de Ville-Marie. Son nom rappelle, depuis sa désignation en 1955, la mémoire de Claude Le Barroys, agent général de la Compagnie des Indes occidentales en Nouvelle-France. Arrivé au Québec en 1665, il croisera le fer avec Jean talon et les administrateurs de la colonie au sujet des charges ordinaires du pays. En vertu de sa chartre, la Compagnie des Indes occidentales devait en effet assumer les dépenses ordinaires du pays par un impôt prélevé sur les fourrures et les peaux de castor. Or, Le Barroys offrait un montant moindre que l’impôt obtenu du seul poste de Tadoussac ce qui, pour Talon, était inacceptable et démontrait que la compagnie pensait d’abord à ses profits avant de se soucier du développement de la colonie. Jusqu’en 1674, année où la société fut dissoute, Le Barroys siégea au Conseil souverain avec droit de préséance, en raison de ses fonctions.

Canton Le Caron

À quelques kilomètres à l’est de la rivière des Outaouais, le territoire de ce canton, situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Témiscaming, est baigné par le lac Memewin. Choisi en 1945, ce toponyme évoque le récollet Joseph Le Caron (vers 1586-1632). Accompagnant Champlain en 1615, ce religieux fonda une mission en pays huron et séjourna plusieurs fois chez les Montagnais de Tadoussac. Supérieur du couvent de Québec en 1617-1618, il s’occupait également des fidèles de la ville et s’appliqua à rédiger des lexiques en huron, en algonquin et en montagnais. Retiré en France lorsque les Kirke occupèrent Québec en 1629, il y mourut de la peste le jour même où la signature de traité de Saint-Germain-en-Laye assurait à la France le retour de sa colonie du Saint-Laurent.

Canton McLachlin

Ce canton, implanté à 25 km au nord-est de Témiscaming et qui comprend un important lac du même nom, évoque Daniel ou Donhuil McLachlin (1810-1872), d’ascendance écossaise, né près de Pointe-Fortune dans le comté de Vaudreuil (Bas-Canada). Important commerçant de bois, il s’établit à Bytown (Ottawa) en 1837, puis à Arnprior et dans la vallée de la Madawaska, où, à partir de 1851, il reconstruit des moulins abandonnés, érige des ponts et entreprend des travaux de voirie. Partisan de Baldwin, il se fait élire en 1851 pour représenter Bytown à L’Assemblée législative du Canada-Uni. Il est élu de nouveau en 1861, dans le comté de Renfrew cette fois, où il appuyait la coalition Cartier-Macdonald. Défait en 1863, il sera élu sans opposition en 1867 pour représenter la circonscription de Renfrew-Sud dans le premier parlement canadien, mais démissionna dès 1869. Proclamé en 1908.

Rivière Kipawa à l'aval du barrage de Laniel. Auteur de la photographie : P199, image libre de droits.
Rivière Kipawa à l’aval du barrage de Laniel. Auteur de la photographie : P199, image libre de droits.

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