Abitibi-Témiscamingue

TNO Matchi-Manitou

TNO Matchi-Manitou

Territoire non organisé de Matchi-Manitou

Constitué civilement le 1er janvier 1986 le territoire non organisé de Matchi-Manitou est situé dans la région administrative de l’Abitibi-Témiscaming et fait partie de la municipalité régionale de comté de La Vallée-de-l’Or. Ce TNO s’étend sur 165 kilomètres carrés de superficie.

Canton de Chassaigne

De famille noble, le capitaine Jean Bouillet de La Chassaigne ou Chassagen (1654-1733) est arrivé au Canada en 1689. Il fut commandant à Lachine (1690), major de Québec (1716), lieutenant de roi à Montréal (1720), gouverneur de Trois-Rivières (1726 et enfin gouverneur de Montréal en 1730, en remplacement de son beau-frère Charles Le Moyne, 1er baron de Longueuil. Il occupait encore cette dernière fonction lorsqu’il mourut en 1733. Chassaigne provient du nom du fief de la Chassagne que le père de Jean possédait aux environs de Paray-le-Monial, en France. Il désigne dans la toponymie québécoise un canton de l’Abitibi, répertorié en 1921 dans Noms géographique de la province de Québec, dont le terrain parfois marécageux est généralement plat et supérieur en altitude à 400 mètres.

Canton de Chouart

À 25 km au sud-ouest du hameau de Clova, ce canton d’Abitibi, couvert de forêts, est arrosé par quelques rivières et plusieurs lacs dont l’un porte le même nom au nord de ce territoire. Celui-ci est identifié par le nom de Médard Chouart Des Groseilliers (1618-vers 1696), explorateur, commerçant de fourrures, pilote et grand connaisseur de la langue des Sioux. Sa fructueuse expédition de traite de 1668-1669 explique l’établissement de la Compagnie de la Baie d’Hudson par les Londoniens. Le nom est adopté en 1918 sous la forme Chouard et est signalé comme étant une désignation nouvelle en 1921 dans « Noms géographiques de la province de Québec ».

Canton Maricourt

Signalé comme nouvelle dénomination en 1916, ce canton se situe à quelque 70 km au sud-est de Lebel-sur-Quévillon, dans le vaste territoire non organisé de Matchi-Manitou rattaché à la MRC de Vallée-de-l’Or, en Abitibi. Son territoire inhabité est baigné, entre autres, par les lacs Maricourt, Achepabanca, Clavet, Gilles et est arrosé par les rivières Achepabanca Nord-Est et Macho. Son nom rappelle Paul Le Moyne de Maricourt (1663-1704).

Canton Jurie

Situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Senneterre, ce canton est traversé en partie par la Mégiscane qui y dessine un grand coude avant de rejoindre la rivière Bell. Inhabité et encore largement boisé, ce territoire a pris le nom de Robert Jurie, arrivé en Nouvelle-France probablement en 1658. En mai 1660, alors qu’il est âgé de 24 ans, Jurie est l’un des compagnons de Dollard Des Ormeaux que les Iroquois attaqueront dans leur retranchement du Long-Sault. Ayant réussi à s’échapper, Jurie, estiment certains, a pu retourner en France avec l’aide des Hollandais. Proclamé en 1916.

Canton Cherrier

À quelques kilomètres à l’ouest du réservoir Gouin, ce canton, marécageux et couvert de forêts et de lacs Saint-Cyr et Cherrier, est arrosé par un cours d’eau important, la rivière Saint-Cyr qui le coupe à peu près en son centre, du nord au sud. Cette appellation honore la mémoire de Côme-Séraphin Cherrier (1798-1885), homme d’une nature exceptionnelle, au dire même du premier ministre canadien, sur Wilfrid Laurier. Avocat qui a pratiqué, de 1822 à 1860, il a plaidé des causes célèbres, celle en particulier où il représentait les seigneurs dans leurs réclamations en indemnités, à l’occasion de l’abolition du régime seigneurial en 1854. Bâtonnier du Barreau de Montréal (1855-1856), il fut aussi professeur titulaire et doyen de la Faculté de droit de l’Université Laval à Montréal, député du comté de Montréal (1834-1838), opposé à l’Union et à la Confédération. Président de l’Association Saint-Jean-Baptiste et philanthrope, il fut décoré de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. À son décès, Cherrier laissait une fortune évaluée à un million de dollars, somme considérable pour l’époque. Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec répertoriait ce canton en 1916 comme une nouvelle dénomination.

Canton Closse

Ce canton est situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest du réservoir Gouin, dans une zone où les lacs et les rivières décrivent un réseau de lignes fort compliqué sur un terrain généralement plat et marécageux. Une rivière de même nom que le canton vient de L’ouest et débouche, par une enfilade de nappes d’eau, dans le lac Mégiscane au sud-est, lui-même parsemé d’îlots. Au coin nord-ouest du canton passe la rivière Macho qui forme le lac Maricourt dans le canton voisin, à l’ouest. Le nom attribué à ce territoire est celui de Raphaël-Lambert Closse (vers 1618-1662), major de Montréal, arrivé au pays en 1647. À l’âge de 23 ans, il repoussa 200 Iroquois qui attaquaient Ville-Marie, même s’il ne disposait que de 44 hommes et de deux canons. Il fut cependant tué au cours d’une autre attaque des Iroquois contre Montréal, en 1662. Tabellion pendant un certain temps, on lui connaît une trentaine d’actes notariés.

Canton de Delestres

Proclamé en 1916, ce canton marécageux de l’Abitibi, situé à 25 km au nord de Senneterre, a été nommé en l’honneur d’un compagnon de Dollard Des Ormeaux, Alonié Delestres qui était chaufournier de son métier, c’est-à-dire un ouvrier responsable de la bonne marche des fours à chaux. Son nom est orthographié de Lestre dans l’acte de sépulture du registre de l’église Notre-Dame de Montréal et Delestre dans le « Dictionnaire biographique du Canada », tout comme sur certains documents cartographiques. La limite ouest de cet espace géographique passe à travers le lac Parent, l’un des multiples plans d’eau du réseau hydrographique complexe de la rivière Nottaway qui débouche dans la baie James. La rivière Brassier, affluent de la passe de l’Esturgeon dans le lac Parent, rappelle un autre compagnon de Dolalrd, Jacques Brassier, dont le nom identifie également un canton, juste au sud de Delestres. Alonié Delestres faisait partie du groupe des seize compagnons de Dollard qui furent tués au Long-Sault, en 1660. L,abbé Lionel Groulx, historien, a utilisé le nom d’Alonié De Lestres, comme pseodonyme pour son roman intitulé l’Appel de la race, publié en 1922.

Canton Deschamps

Situé dans un milieu marécageux à l’ouest du réservoir Gouin, où les ramifications de lacs et de cours d’eau abondent, ce canton est arrosé notamment par la rivière Chartrand et les lacs aux Huards. Pascagama et Deschamps. Disposé parallèlement aux longitudes, cet espace géographique étroit et inhabité, dont la surface varie entre 390 et 457 mètres d’altitude, porte le nom de Clément-E. Deschamps. Selon toute vraisemblance, Deschamps, qui était simple commis, est entré en cette même qualité à l’emploi du Secrétariat de la province de Québec en 1884. Un mandat spécial concernant les municipalités lui fut aussitôt confié car, en 1886, le Secrétariat publiait sous son nom un ouvrage bilingue qui était une description technique des municipalités existantes à l’époque. Dix ans plus tard, le même ouvrage bilingue imprimé par Léger Brousseau et compilé de nouveau par Deschamps était considérablement enrichi et mis à jour. Il contenait 1 295 pages au lieu des 816 pages pour la première édition et portait le titre « Municipalités et paroisses dans la province de Québec ». Après cette publication qui est encore couramment utilisée par les chercheurs, Deschamps, toujours au Secrétariat de la province, a été affecté au secteur qui s’occupait des asiles d’aliénés et des écoles de réforme. En 1901, il semble qu’il ne travaillait plus au gouvernement.

Canton Jalobert

S’étendant à 40 km au sud-ouest du réservoir Gouin, ce canton est baigné par une multitude de plans d’eau dont les lacs Sigouin, Jalobert, Brenotte, Chênevert et Suzie sont les plus remarquables. Il a été désigné en l’honneur du beau-frère de Jacques Cartier, Macé Jalobert, qui accompagna le découvreur lors du voyage de 1535-1536 à titre de pilote et capitaine de la Petite Hermine. En mai 1541, il participera également au voyage mais à la demande de Cartier, il retournera en France dès les mois de septembre afin de faire rapport à François Ier des découvertes réalisées. On ignore ensuite la carrière de ce personnage. Ce canton, désigné en 1915, est cité en 1921 dans « Noms géographiques de la province de Québec.

Canton de Robin

Proclamé en 1916 et situé à 20 km au sud-sud-est de Lebel-sur-Quévillon, ce canton comprend la pointe est du lac Parent qui reçoit les eaux des rivières Robin et Lecompte ainsi que celles du lac Desforges qui arrose le sud du canton. Les lacs et rivières appartiennent au réseau hydrographique de la rivière Nottaway dans laquelle se déverse d’ailleurs le lac Parent, par la rivière Bell. Ponctué ici et là de quelques collines, la topographie du terrain varie entre 320 mètres au lac Robin et 470 mètres de hauteur autour du lac Desforges. Étienne Robin, dit Des Forges était un des seize compagnons de Dollard Des Ormeaux. Âgé de 27 ans, il tomba comme eux sous les flèches des iroquois en mai 1660 au Long-Sault, aujourd’hui Carillon, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Oka. Arrivé avec recrues de 1653, Étienne Robin était célibataire.

Canton de Radisson

Le canton de Radisson, désigné vers 1919-1920, de superficie au moins deux fois plus réduite que la moyenne de ce type d’entité, s’étend à une quinzaine de kilomètres au sud du hameau de Clova et à environ 70 km à l’ouest de la municipalité de Parent. Ce territoire abitibien est principalement arrosé par la rivière Tamarac, une des sources de la Gatineau, et par le lac Radisson. Selon ses Mémoires, l’explorateur français et trafiquant de fourrures Pierre-Esprit Radisson (vers 1640-1710) est arrivé en Nouvelle-france en 1657. De 1658 à 1662, il découvre le Haut-Mississippi, explore le lac Supérieur et, par la rivière Albany, atteint la baie d’Hudson. Ennuyé par des tracasseries administratives portant sur les droits à payer pour la traite, Radisson se rend à Boston puis à Londres où il est l’un des promoteurs de la fondation de la Compagnie de la Baie d’Hudson (1670). Avec son beau-frère Des Groseilliers, il contribuera, en 1681, à l’établissement de la Compagnie du Nord, réunissant les commerçants de la France et de la Nouvelle-France, et fondera le fort Bourbon, à l’embouchure du fleuve Nelson. Radisson se retira en Angleterre, s’y fit naturaliser et y vécut fort pauvrement jusqu’à son décès.

Canton de Mesplet

Dénommé en 1915, le canton abitibien de Mesplet, situé à quelque 80 km au sud-est de Lebel-sur-Quévillon, se rattache maintenant à la MRC de Vallée-d’Or. Fortement digités, les lacs Cherrier, Saint-Cyr et Mesplet ainsi que leurs abords marécageux couvrent presque la moitié de sa superficie. Le toponyme évoque Fleury Mesplet (1734-1794), pionnier de l’édition et du journalisme au pays. Originaire de Marseille, Mesplet apprend son métier à Lyon puis émigre à Londres (1773) et à Philadelphie (1774). Les Américains, qui occupent Montréal depuis l’attaque menée par Montgomery en novembre 1775, désirent y installer une imprimerie et y fonder un journal de langue française. C’est ainsi que Mesplet, avec l’avocat Valentin Jautard et quelques autres collaborateurs, arrive à Montréal en mai 1776. Toutefois, les Américains quitteront la ville dès le 15 juin et Mesplet sera une première fois emprisonné. Dès sa libération, il commence son activité d’imprimeur et publie au moins cinq titres avant la fin de l’année. Le 3 juin 1778 sortira le premier numéro de la Gazette du commerce et Littérature dont le titre sera abrégé en Gazette littéraire dès septembre suivant. Emprisonné de nouveau au printemps de 1779 par suite de critiques mal accueillies à l’endroit du juge René-Ovide Hertel de Rouville, Mesplet sera incarcéré jusqu’en 1782. Le 25 août 1785, il fera pourtant paraître le premier numéro de la Gazette de Montréal/The Montreal Gazette, journal bilingue que l’on considère comme l’ancêtre de l’actuel journal The Gazette, unilingue anglais depuis 1822. En plus de ces journaux, on attribue à Mesplet la publication d’environ 80 titres d’excellent facture, en français, en anglais, en Latin et même en Iroquois.

Canton de Holmes

Le canton de Holmes se situe à quelque 110 km au nord-est de Val-d’Or et est arrosé par les rivières Cuvillier et Robin, en plus d’être baigné par les lacs Holmes, Merlin et plusieurs petites nappes d’eau anonymes. Son nom évoque le souvenir du géographe et naturaliste, l’abbé John, rebaptisé Jean Holmes (1799-1852). Né dans le Vermont, de parents protestants, le jeune Holmes s’exile dans la province de Québec, s’y convertit au catholicisme et est ordonné prêtre en août 1823. Missionnaire dans les Cantons-de-l’Est jusqu’en 1827, il entre au Petit Séminaire de Québec comme professeur de philosophie. Il y sera préfet des études de 1830 à 1849 et innove considérablement dans l’enseignement, en établissant notamment des examens où le public est invité et peut même interroger les élèves. Il publie, à partir de 1831, un Nouvel abrégé de géographie moderne qui connaîtra au moins neuf éditions et qui sera traduit en anglais et en allemand. Proclamé en 1916.

Canton de Haig

Désigné peu après 1918, ce canton abitibien, à l’instar de ses voisins Foch, Pershing et Ypres notamment, évoque des personnages ou des événements reliés à la Première Guerre mondiale. Il s’agit, dans ce cas-ci, du maréchal Douglas Haig (1861-1928), commandant en chef des forces britanniques sur le front occidental pendant la guerre de 1914-1918. Ce militaire s’était déjà illustré pendant la campagne du Soudan (1899) et au cours de la guerre des Boers (1899-1901). Le canton, couvert d’un grand nombre de petits lacs, est situé à quelque 80 km au nord-ouest du réservoir Cabonga.

Canton de Pershing

Ce canton fait face, sur son côté sud, au lac Matchi-Manitou, et il est situé à environ 50 km à l’est de Val-d’Or. Le militaire américain John Joseph Pershing (1860-1948), d’origine alsacienne, combattit pendant la guerre américano-espagnole, de 1898 à 1904. Mais c’est avant tout le commandant du corps expéditionnaire des États-Unis en France, en 1917, qui a été honoré dans la désignation de ce territoire. Le nom de ce canton, adopté en 1918, paraît comme désignation récente dans Noms géographiques de la province de Québec, ouvrage publié en 1921. Plusieurs cantons voisins rappellent des lieux ou des personnages militaires de la Grande Guerre de 1914-1918 : Ypres, Denain, Vimy, Cambrai, Foch, Pétain, Esperay, Haig.

Canton Foch

À 80 km à l’est de Val-d’Or, le canton de Foch est situé sur la limite qui sépare le bassin hydrographique de la Nottaway, au nord, de celui de Saint-Maurice, au sud. À travers lacs et marécages, s’insinuent la rivière Marquis, appartenant au premier bassin, et la rivière Chouchoucouane, reliée au second et alimentée par le lac Cambrai. Son relief est constitué de collines dont l’altitude dépasse souvent les 450 m. Le point culminant atteint 601 mètres. Cette unité territoriale inhabité honore la mémoire de Ferdinand Foch (1851-1929) qui a remporté la première victoire de la Marne en septembre 1914, comme commandant de la IXe armée, et la deuxième victoire au même endroit, comme généralissime des armées alliées, en mars 1918. C’est à titre de maréchal qu’il signa l’Armistice le 11 novembre 1918, l’année même où il fut reçu à l’Académie français et où le canton fut ainsi désigné. Il vint à Québec, Montréal et Ottawa à la fin de 1921. La même année, les documents cartographiques attestent ce canton de création récente.

Lac Georges-Côté

Situé en Abitibi, le lac Georges-Côté s’étend à 60 km au nord-ouest du réservoir Gouin et à 90 km au nord-est de Senneterre. La rivière Wetnagami coule à proximité de ce plan d’eau qui portait autrefois le nom de Lac Robert. Né à L’Ascension en 1906, Georges Côté quitte la région du Lac Saint-Jean en 1935 et installe sa famille à Saint-Camille, au nord de la ville abitibienne de La Sarre. De 1944 à 1952, il dirige une importante scierie et devient l’un des principaux employeurs de la région. Cette position lui vaut une certaine notoriété, entretenue par un engagement social soutenu dans diverses organisations paroissiales et municipales. Il est décédé en 1974. Ce toponyme a été attribué au lac en 1985.

Lieu-dit Les Glaces-Éternelles

À 15 km au sud de Senneterre, sur la rive orientale de l’île Tiblemont, un amoncellement de glace, alimenté par les eaux froides d’un puits de mine abandonné, ne fond jamais complètement pendant l’été. L’île Tiblement elle-même est d’ailleurs surnommée Île de Glace. Ainsi s’explique la désignation des lieux, plus ou moins calquée sur l’expression « neiges éternelles ».

Canton de Pétain

La ville de Val-d’Or s’étend à 100 km à l’ouest du canton abitibien de Pétain. Ce nom de lieu, choisi en 1918 et mentionné comme désignation récente dans « Noms géographiques de la province de Québec (1921), rappelle le maréchal Henri Philippe Omer Pétain (1856-1951), homme d’État français, héros de Verdun (1916), chef de la France (1940-1944). En 1916, il assume la responsabilité de la bataille défensive de Verdun. Il est devenu pour toujours et pour toute la France « le vainqueur de Verdun ». Son prestige est alors universellement reconnu et justifie le recours à son patronyme lors du choix du nom du canton. Devenu président du Conseil (1940), il joue un rôle de premier plan, quoique fortement contesté, pendant la Deuxième Guerre mondiale, même s’il donne l’impression d’avoir oscillé entre une attitude d’indépendance française dans le cadre de la convention d’armistice et une attitude de collaboration active avec l’Allemagne. Traduit devant la Haute Cour, il est condamné à la peine de mort. En raison de son âge, sa condamnation à mort n’est pas exécuté. La Première Guerre mondiale est notamment rappelée dans la toponymie du Québec par des noms de cantons de l’Abitibi.

Canton de Labrie

Occupé dans sa partie orientale par le lac Weternagami, un élargissement de la rivière du même nom, le canton de Labrie se trouve à 130 km au nord-est de Val-d’Or. Ce toponyme rappelle le souvenir de Jacques Labrie (1784-1831, né à Saint-Charles dans Bellechasse. Tout en poursuivant ses études de médecine, il collabore au Courrier de Québec. Après avoir obtenu son diplôme de médecine à Édimbourg, en Écosse, où il séjourne en 1807 et 1808,, il se consacre à sa profession. Il trouve toutefois le temps de s’intéresser à la fondation de quelques écoles et de composer des manuels d’histoire et de géographie. En 1827, il est élu député de Deux-Montagnes et s’applique à promouvoir la cause de l’éducation et de la profession médicale du Bas-Canada. Dans ses loisirs, il travaillait à une histoire du Canada dont le manuscrit sera détruit, le 15 décembre 1837, lors de l’incendie de la bibliothèque du notaire Jean-Joseph Girouard, à Saint-Benoît. Labrie était le beau-père du célèbre patriote Jean-Olivier Chénier. Le premier rapport de la Commission de géographie signale le nom de ce canton comme nouvelle dénomination, en 1916.

Canton de Faillon

Situé à environ 50 km à l’est de Senneterre en Abitibi, le canton de Faillon est relié au réseau hydrographique méridional de la rivière Nottaway, l’un des plus grands tributaires de la baie James. À 365 m d’altitude, la rivière Mégiscane, venant du nord-est, débouche dans le lac Faillon que constitue en fait un vaste élargissement de la rivière, qui poursuit alors son cours jusqu’au lac Parent au nord de Senneterre. Les sommets les plus élevés du relief atteignent 500 mètres. Le nom de cette division géographique rend hommage au sulpicien français Étienne-Michel Faillon (1799-1870) qui a enseigné pendant plusieurs années dans son pays d’origine avant de venir au Canada, comme visiteur des maisons sulpiciennes en Amérique du Nord. Ces trois séjours, effectués entre 1849 et 1862 totalisent une durée d’environ sept années. Doté d’une puissance de travail exceptionnelle, il a réuni, avec l’aide de copistes, une documentation historique impressionnante pour l’époque, devant servir à la rédaction d’une monumentale histoire de la Nouvelle-France en dix volumes. Sa publication plus modeste, en trois volumes, s’intitule « Histoire de la colonie française en Canada » (1865-1866) et s’arrête à 1675. Faillon est également l’auteur des biographies des fondateurs des communautés religieuses féminines de Montréal et de la recluse Jeanne Le Ber (1860). Ce canton est signalé comme nouvelle dénomination en 1916.

Canton de Doussin

Les compagnons de Dollard Des Ormeaux, tués par les Iroquois au Long-Sault en mai 1660, sont honorés par des noms de cantons en Abitibi, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Lebel-sur-Quévillon. Parmi ceux-là se trouve le canton de Doussin dont les rivières se dirigent vers le lac Parent à l’ouest et appartiennent de ce fait au réseau hydrographique de la rivière Nottaway. L’un des cours d’eau est identifié par le nom de Delestres, autre compagnon de Dollard, et le plus grand des lacs porte le nom de Doussin. Quant au relief irrégulier du terrain, il s’élève jusqu’à 520 m d’altitude. René Doussin (1630-1660), meunier de son métier, faisait partie du grand recrutement de 1653. Il est décédé à l’âge de 30 ans. Dans l’acte de décès du mois de juin 1660, son nom figure sous la forme de Doucin. Le nom de canton paraît dès 1921.

Canton de Dollard

À environ 8 km à l’est de Senneterre, se trouve le canton de Dollard qui chevauche le 77e degré de longitude. Il s’appuie, à l’ouest, sur la rivière Mégiscane qui, en se déversant dans le lac Parent plus au nord, est reliée au réseau hydrographique de la rivière Nottaway, l’un des grands tributaires de la baie James. Bien que marécageux, il est néanmoins traversé d’est en ouest par une route secondaire et par le chemin de fer du Canadien National. Son terrain atteint 487 m au nord où les collines sont à la fois plus nombreuses et plus étalées. Ce canton porte le nom d’Adam Dollard Des Ormeaux (1635-1660), commandant de la garnison du fort de Ville-Marie (Montréal) tué au cours du combat qui eut lieu au pied du Long-Sault, au mois de mai 1660. Proclamé en 1916.

Canton de Cuvillier

Le nom de ce canton, situé à 25 km au sud-est de Lebel-sur-Quevillon, rappelle la mémoire d’Augustin ou Austin Cuvillier, né à Québec en 1779 et décédé à Montréal en 1849. Important négociant de cette dernière ville, il lui revient par ailleurs d’avoir été l’un des fondateurs de la Banque de Montréal avec huit hommes d’affaires anglophones au début de l’année 1817, avant d’être nommé directeur le 17 août suivant. Malgré son influence dans le domaine des affaires, il fit surtout une carrière politique. Député de Huntingdon (1814-1830) et de Laprairie (1830-1834), puis de Huntingdon encore, de 1841 à 1844, il joua un rôle important pendant la crise politique de 1826 – 1827 alors qu’il fut envoyé en Angleterre (1828) avec John Neilson et Denis-Benjamin Viger pour porter les requêtes demandant le rappel du gouverneur Dalhousie et une enquête sur les affaires de la province. Le gouverneur fut effectivement rappelé et quitta Québec le 8 septembre 1828. L’espace géographique ainsi nommé est très marécageux et se situe à environ 450 m d’altitude. Le lac Cuvillier, source de la rivière du même nom en occupe le centre. Signalé alors comme nouvelle dénomination, le canton de Cuvillier est répertorié en 1916.

Je prends bien soin de laisser toutes mes fenêtres ouvertes, de jour comme de nuit. (Jean-Pierre-Andrevon Chapo). Photographie de Megan Jorgensen.
Je prends bien soin de laisser toutes mes fenêtres ouvertes, de jour comme de nuit. (Jean-Pierre-Andrevon Chapo). Photographie de Megan Jorgensen.

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