Québécois de jadis

Premier touriste

Premier touriste

Asseline de Ronval, premier touriste au Canada

En 1662 arrive à Québec M. Asseline de Ronval, un jeune homme audacieux qui vient en Nouvelle-France non pour s’y établir, ni pour accomplir une mission ou encore pour faire du commerce, mais comme touriste, avec pour seul but de voyager à travers le territoire de la colonie.

À l’époque, un voyage de 100 kilomètres prenait de 3 à 5 jours, à condition que les chemins soient bien entretenus. Mais de toutes façons, en Nouvelle-France, le moyen le plus simple pour se déplacer était le fleuve ou les rivières.

M. Asseline de Ronval n’a que 20 ans quand il décide de braver les dangers d’un voyage touristique en Nouvelle-France suite au décès de son père, qui ne lui permettait pas de quitter Dieppe, sa ville natale. Le jeune touriste s’embarque le 22 mai 1662, après avoir payé les frais de passage au capitaine Laurent Poulet. Le voyage dure un mois et il arrive à Tadoussac où il aperçoit «une chapelle, quelques maisons et deux moulins à l’eau, le tout assez en désordre à cause des continuels partis des Iroquois qui en sont pourtant éloignés.»

Le jeune homme débarque à Québec et s’installe chez l’aubergiste Jean Gloria, un Dieppois, comme lui. Asseline de Ronval décrit la basse ville qui lui paraît moins riche que la haute ville, mais «mieux bâtie». Il observe la vie des Amérindiens et la décrit en détail. Fait curieux, le premier touriste remarque que le bruit des chutes Montmorency  s’entend jusqu’à Québec.

Le jeune homme note également que la qualité des terres est bonne, et que le gibier et le poisson y sont abondants.

Après Québec, il se rend à Trois-Rivières, qu’il décrit comme «le pays le plus beau et le meilleur que l’on puisse souhaiter… S’il était bien cultivé et habité, on en ferait un vrai paradis terrestre».

Il remonte le fleuve jusqu’à Ville-Marie : «les maisons, quoiqu’en petit nombre, ne laissent pas d’être belles, spacieuses et agréables». Il demeure chez le célèbre Charles LeMoyne, premier seigneur de Longueuil et père de Pierre LeMoyne d’Iberville.

Il rentre en France avec les derniers vaisseaux de la saison de navigation de l’année 1662. En 1664, Asseline de Ronval fait publier son livre, Journal en abrégé des Voyages de monsieur Asseline de Ronval tant par terre que par mer, avec plusieurs remarques, circonstances et aventures très curieuses. Ce récit de 440 pages devint ce qu’on appellerait de nos jours un bestseller.

Anciennes écuries

Vieux-Montréal, anciennes écuries. Photo de GrandQuebec.com.

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