Pour les curieux

Le Chameau

Le Chameau

Flûte royale Le Chameau

La flûte royale Le Chameau faisait la navette entre la France et le port de Québec depuis environ 1715. Le Chameau transporta en Nouvelle-France plusieurs personnages illustres, parmi lesquels on trouve le premier historien de la colonie, le père François-Xavier de Charlevoix, en 1720.

Pendant dix années, aucun accident majeur n’assombrit les traversées du Chameau (qu’on appelle parfois Le Dromadaire pour des raisons mystérieuses). Un jour, le vaisseau évite la catastrophe au dernier moment alors que les vents le mènent vers les rochers de Terre-Neuve, mais c’est le seul épisode de ce type dans la glorieuse carrière de la flûte. Aussi, les gens les plus riches, les fonctionnaires importants et les intendants de la Nouvelle-France le choisissent comme moyen de transport.

En juillet 1725, le Chameau, guidé par son capitaine de toujours, M. Chaviteau, part une fois de plus pour Québec, chargé de marchands, de pères jésuites et de récollets, de bétail, de volailles, de nouveaux colons, de tissus, de poudre et de munitions. Le nouvel intendant de la Nouvelle-France, M. Guillaume de Chazelles, et 316 personnes, membres d’équipage et passagers, se trouvent à bord.

Le vaisseau traverse l’océan et, pendant la nuit du lundi 27 au mardi 28 août, l’équipage aperçoit les côtes du Canada, près de Louisbourg, dans l’île Royale. Puis le vaisseau se brise sur un rocher et disparaît corps et biens.

On sait qu’il y avait cette nuit-là une forte tempête. Ce fait a été révélé par une enquête menée par l’intendant sortant, M. Michel Bégon. Son représentant, M. Jacques Le Normant de Mézy, a interrogé des pêcheurs de la région qui lui ont dit qu’ils ne pouvaient prendre la mer, ce matin du 26 août, en raison du mauvais temps.

M. de Mézy fait inhumer les dépouilles, recueille les coffres et empêche les résidents de s’adonner au pillage. Pour combattre la cupidité de gens peu scrupuleux, il promet le tiers des revenus de la vente de la marchandise à ceux qui la trouveront. M. de Mézy constate dans sa lettre au Gouverneur de la Nouvelle-France, datée du 3 septembre 1725: «Depuis 35 ans que je vais à la mer, je n’ai vu ni entendu parler d’un naufrage si extraordinaire».

En 1965, un jeune homme, Alex Storm, découvre les épaves du vaisseau après une longue recherche. Son équipe repêche 4500 louis d’or, des épées, une montre en argent, une croix en or et une bague sertie d’une émeraude de belle taille.

le chameau

The Recovert Treasure of Le Chameau, couverture du récit des recherches de l’épave du vaisseau.

Canton de Louvigny

Louis de La Porte, sieur de Louvigny, vit le jour vers 1662, soit à Paris, soit à Laval, dans le diocèse du Mans. Quoi qu’il en soit, il aurait tiré son surnom Louvigny d’une petite commune sise dans la partie septentrionale de l’actuel département de la Sarthe, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Mamers et à environ 45 km au nord du Mans, chef-lieu du département ; ce nom vient du nom d’homme latin Lupinius, avec le suffixe -acum. La Porte de Louvigny, après avoir servi dans le régiment de Navarre pendant six ans, arriva au Canada en 1683. La colonie était alors en guerre avec les Iroquois et aussitôt le jeune militaire se signala dans plusieurs expéditions contre eux. Remarqué par les gouverneurs Denonville et Frontenac, Louvigny fut envoyé dans la région des Grands Lacs, où il commanda l’important poste de Michillimakinac en 1689, puis le fort Frontenac dix ans plus tard. Considéré comme l’un des meilleurs officiers de la Nouvelle-France, il fut appelé à être l’un des principaux lieutenants et conseillers du gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, qui le recommanda pour la croix de Saint-Louis, en 1708. En 1724, lors d’un voyage en France, Louvigny fut nommé, par Louis XV, gouverneur de Trois-Rivières. Il ne put toutefois occuper ce poste puisqu’il périt, le 27 août 1725, lors du naufrage du Chameau au large de l’île Royale, maintenant l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Louvigny avait été en partie responsable de la politique adoptée par les autorités coloniales dans les territoires de l’Ouest durant les trois premières décennies du XVIIIe siècle.

En 1917, afin de rappeler le rôle de cet officier remarquable dans l’histoire de la Nouvelle-France, la Commission de géographie du Québec choisit le nom de Louvigny pour désigner une entité territoriale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de la municipalité de Girardville, près de la route qui relie Saint-Félicien et Chibougamau, environ à mi-chemin. Le canton inhabité de Louvigny s’étend en grande partie dans la réserve faunique Ashuapmushuan, vouée à la conservation et à la gestion éclairée des ressources fauniques du territoire. On peut donc y chasser, y pêcher et y pratiquer différentes autres activités de plein air. Le toponyme Louvigny fut également utilisé pour dénommer quelques rues, notamment à Sainte-Foy, Saint-Hyacinthe et Terrebonne.

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