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Réserve indienne de Doncaster

Réserve indienne de Doncaster

Réserve indienne de Doncaster

Constituée officiellement le 8 juin 1853 et située à environ 80 kilomètres de Montréal et 300 kilomètres de la ville de Québec, la réserve autochtone Doncaster ou la réserve autochtone de Sainte-Lucie-des-Laurentides est un vaste territoire d’environ 78 kilomètres géré par les Mohawks. En fait, un grand nombre de Mohawks, un peuple membre de la Confédération des Six-Nations, vivent à Akwesasne, Kahnawake et Kanesatake, non loin de Montréal.

La municipalité de Sainte-Lucie-des-Laurentides est située à côté de cette réserve, à 3 kilomètres notamment, la municipalité de Sainte-Agathe-des-Monts est à quelques quinze kilomètres de distance et Mont-Tremblant se trouve à une trentaine de kilomètres de la réserve de Doncaster.

Historiquement, c’est le 30 août 1851 que la Couronne britannique met à part 230 000 acres de terres pour créer des réserves à l’usage des Indiens. Deux années plus tard, le 9 août 1853, 16 mille acres, soit un quart du Canton de Doncaster est donné aux Mohawks, sous le nom de la Réserve des Sauvages, le fait confirmé le 8 juin 1853 par la constitution officielle de la réserve.

En 1971, le territoire de la Réserve indienne Doncaster est arpenté à nouveau et rétabli à 19 514 acres, soient un carré de terres de 9,6 kilomètres sur 9,6 kilomètres. Le territoire exact de la réserve fait cependant l’objet d’un contentieux entre les Mohawks et le Ministère des affaires indiennes.

La Rivière Doncaster traverse la réserve et on et ce territoire est parsemé par une quarantaine de lacs dont les noms ont été donnés par les Mohawks eux-mêmes : le Lac de l’Aigle ; lac des Séminoles ; lac des Mocassins ; lac des Hérons ; lac de la Flèche ; lac du Couteau de Poche ; lac des Mohawks ; lac Doré ; lac Hiawatha ; lac Maria ; lac à l’Ours; lac des Esclaves ; lac des Loutres ; lac du Jet ; lac John; lac Petit John ; lac des Comanches ; lac de la Grosse ; lac Gagnon ; lac Petit Gagnon ; lac de la Truite rouge ; lac de la Tortue ; lac de la Montagne ; lac des Iroquois ; lac de la Fourche ; lac des Castors ; lac des Indiens ; lac de la Frontière ; lac Long ; lac de la Pie ; lac Tekakwita ; lac des Loups.

Les Amérindiens ne se sont jamais établis sur ce territoire en permanence à proprement parler, même s’il eut une tentative de diviser le territoire en lots de quatre-vingts acres chacun pour que les Mohawks s’y installent. Ils ont refusé cette proposition, jugeant le climat trop froid et l’agriculture impossible, compte tenu du relief des terres qui ne permettait que la chasse au chevreuil, castor, orignal, chat sauvage (raton-laveur) et la pêche.

Pourtant, vers 1880, une partie des terrains ont été « squattés » en quelque sorte. En ce moment, seize colons, non autochtones, s’y sont installés, construisant maisons et fermes. Pour les sortir de là, le Gouvernement fédéral du Canada a dû payer la facture, 28 000 dollars, une somme importante pour cette époque. Un peu plus tard, vers 1889, une compagnie de bois a même entrepris des coupes sur la réserve sans permission. Ces travaux se sont étirés sur plusieurs années avant que les Mohawks et le Gouvernement réagissent.

La réserve de Doncaster est située en bordure de l’ancienne route provinciale entre Sainte-Marguerite et Sainte-Lucie, mais cette route a été fermée après 1928, car les Mohawks n’étaient pas intéressés à défrayer une partie des dépenses d’entretien.

En 1960, la Réserve de Doncaster est coupée en deux après que le Conseil de bande ait décidé de conserver la plus grande partie de l’entité comme territoire sauvage, pour des raisons écologiques, notamment la protection du gibier. L’autre partie de la réserve demeure ouverte à l’établissement de chalets et  maisons. Les Mohawks intéressés à y construire un logement n’ont qu’à faire une demande en ce sens à leur conseil de bande.

Quelques familles vivent actuellement sur le territoire de la réserve. Elles font office de gardiennes, car il semble qu’il y ait toujours plusieurs tentatives de braconnage sur le territoire. On trouve sur la réserve plusieurs anciens chalets, peu entretenus ou abandonnés, mais aussi plusieurs chalets neufs qui font la fierté de leurs propriétaires.

Source : Gilles Brisson pour la publication : Histoire de Ste-Lucie des Laurentides, 1875-1975.

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