Théâtre du Rideau Vert

Lion en hiver

Lion en hiver

Lion en hiver

La pièce Lion en hiver (Théâtre Rideau Vert) : Les lumières s’éteignent. Les coups du brigadier qui annoncent le début de la pièce, atténuent le flot de paroles, le babil qui emplit l’espace sonore de la salle, intiment aux gens de s’installer. Froissements de tissus, pas précipités et soupirs d’aise. La salle est prête. Le silence règne, juste avant que le dernier coup, côté jardin, retentisse et que le rideau s’ouvre. À mesure qu’il disparaît, le quatrième mur, frontière entre la réalité et la fiction, lisière invisible, mais pourtant tangible, s’érige. Sur scène, nous ne sommes plus à Montréal, mais en France au XIIe siècle. Personne ne peut s’y méprendre. Costumes d’époque. Tuniques angusticlaves, couronnes fermées, houppelandes tressées.

L’atmosphère est installée. Nous sommes dans le château d’Henry II, roi d’Angleterre à Chinon pendant les fêtes de Noël de l’an 1183.

Nous sommes en octobre et le nordet souffle déjà, refroidissant la ville. Heureusement, la chaleur des passions, des jeux de pouvoir et des intrigues réchauffe le cœur des spectateurs.

La scène d’ouverture débute avec Aloïse Capet et Henry II, respectivement joués par Louise DesChatelets et Guy Hoffman. La tragédie médiévale commence. Les spectateurs sont rivés à leur siège et aux lèvres des acteurs. Aliénor D’Aquitaine, interprétée par Yvette Brind’Amour arrive, majestueuse, royale, digne des héroïnes de l’Antiquité, manipulatrice, intrigante, rhétoricienne implacable. S’engage alors un dialogue d’influences, pivot de la pièce, entre elle et Henry II. Yvette, plus vraie que nature, y excelle, brillant de tous ses feux jusqu’à ce qu’elle déclare, déclamatoire au début d’une tirade dramatique.

« Oui, c’est vrai, j’avais même forcé le pauvre Louis à m’emmener en… croisière. »

Fou rire sur scène : La Croisade sainte devenait une croisière sous le soleil des tropiques dans un paquebot transatlantique, le destrier, une chaise longue, l’épée, un Martini dry et l’armure, une crème bronzante.

Heureusement, Yvette enchaîne, flegmatique, et, au bout du compte, peu de spectateurs s’en rendent compte, même elle, qui ne l’apprend qu’à l’entracte…

Treize ans plus tard. Même spectacle, même atmosphère, mais distribution un tant soit peu différente. Se déroule alors un dialogue à couteaux tirés entre Aliénor d’Aquitaine et Henry II, sous les traits cette fois-ci de Jean-Louis Roux, qui se haïssent intrinsèquement… (à lire le site du théâtre pour connaître le déroulement de cette histoire et des autres histoires théâtrales).

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>