Le Théâtre Royal

Une brève introduction à l’histoire du Théâtre au Québec.

Le Théâtre Royal, le premier théâtre permanent à Montréal, fut inauguré en décembre 1825.

Depuis 1774, le théâtre était présent dans la ville, mais c’était les salles d’hôtels et parfois des grands magasins qui servaient de salles de spectacle.

Pour ouvrir un théâtre permanent, une souscription fut organisée par M. John Molson, et plus d’une centaine de personnalités et plusieurs compagnies ont amassé le capital nécessaire pour la mise sur pied de ce projet.

En 1825, la population de Montréal ne dépassait pas les 25 mille habitants et le théâtre ne connut pas un succès financier énorme, néanmoins il dura une vingtaine d’années.

Des troupes théâtrales de Paris venaient y présenter des œuvres classiques et les derniers opéras français.

Fait curieux, le théâtre était utilisé par des officiers de la garnison pour des représentations d’amateurs. Quand Charles Dickens, le célèbre romancier anglais, fit son premier voyage au Canada en 1842 et séjourna à Montréal, il forma sa propre troupe de comédiens parmi les officiers de la garnison et apparut à plusieurs reprises sur la scène du Théâtre Royal.

Le Château Ramezay possède un exemplaire d’un des programmes sur lequel figure le nom de Charles Dickens, comme comédien au Théâtre Royal. En 1842, ces amateurs présentèrent avec succès plusieurs pièces. Parmi les interprètes, on trouve les noms d’officiers supérieurs du 23e Régiment.

En 1844, le premier Théâtre fut démoli pour laisser la place au Marché Bonsecours, mais l'histoire du théâtre au Québec ne faisait que commencer.

À partir de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, des comédies, des drames, des vaudevilles,  des opéras et des opérettes étaient présentés régulièrement en langue française.

À la fin du siècle XIXe-début du XXe siècle, les lieux principaux de représentations étaient l'Auditorium au square d'Youville et la salle Jacques-Cartier, théâtre municipal situé dans le quartier ouvrier de Saint-Roch. À la même époque, quelques municipalités de l’intérieur de la province, comme de Bas-Saint-Laurent présentent, elles aussi, des spectacles professionnels.

Parmi les genres les plus populaires se trouvaient le mélodrame et les variétés. Le drame religieux était également présenté à chaque occasion propice. Le théâtre puisait largement dans les pièces en langue française provenant de France, mais une dramaturgie locale naît et se développe. Le théâtre québécois obtient sa place d’honneur dans la société. Sur le plan social, cette reconquête canadienne-française de la scène mène à l'accès de la classe moyenne au théâtre, ce qui constitue une grande victoire sociale.

Plus tard, le cinéma reprendra la place occupée par le théâtre, mais c’est une toute autre histoire.

Une leçon de l’art théâtrale dans la troupe du Théâtre Royal

Une leçon d'art théâtral de la troupe du Théâtre Royal. Il s’agit certes d’un autre Théâtre Royal car la photo fut prise en 1938, mais c’est le Théâtre Royal de Montréal.

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