Sante

Hygiène de nos rues

Hygiène de nos rues

L’opinion des spécialistes sur l’hygiène de nos rues

29 juin 1921: L’enlèvement des ordures ménagères commande à Montréal des méthodes modernes de disposition. – La collecte des déchets et le nettoyage des rues sont d’autres connexes à cette question.

Nous extrayons du Bulletin d’Hygiène mensuel de la ville une étude succincte de M. Aimé Cousineau, ingénieur sanitaire, sur l’hygiène de la rue. M. Cousineau regarde cette question sous ces deux aspects principaux : nettoyage des rues et disposition des ordures ménagères. Cette étude se lit ainsi :

1 – Voirie.

L’un des plus intéressants problèmes de l’hygiène générale des grandes villes est celui qui a trait à l’entretien et au nettoyage des rues. La question de l’enlèvement et de la disposition des ordures ménagères doit être considérée parallèlement à celle de l’hygiène des rues, puisqu’elle est généralement du ressort du même service, c’est-à-dire pour Montréal, de celui des Travaux Publics.

Au point de vue de la technique sanitaire, l’ensemble des précautions à prendre dans le choix des matériaux de revêtement ou de pavage des chaussées doit avoir principalement pour but de prévenir la formation de poussières nuisibles et dangereuses, soit par leur action mécanique ou soit par les microbes qu’elles peuvent véhiculer.

Suivant le Docteur Yvert, il existe trois espèces de poussières.

(a) Les poussières organiques, c’est-à-dire, sans vie, tout en appartenant au règne animal ou végétal.

(b) Les poussières minérales au nombre desquelles se trouvent de minuscules fragments de charbon, de pierre, de métal, etc.

(c) Les poussières organisées jouissant par conséquent d’une vie propre et comprenant toutes les variétés de microbes dont quelques-unes proviennent de l’expectoration des phtisiques.

Le même auteur prétend que les ingénieurs, qui ont cherché à abattre la poussière sans faire de boue, semblent avoir résolu le problème au moyen des arrosoirs automobiles par l’humectation rapide de la chaussée. Par contre, certains spécialistes recommandent de préférence le pétrolage ou le goudronnage des chaussées comme étant le procédé le plus pratique. Cette imprégnation d’huile ou de dérivés du goudron semble fournir le double résultat de supprimer la poussière lors de la sécheresse et de boue durant la période des pluies.

Ce traitement a été appliquée, à Montréal, sur une longueur de cent milles, durant la dernière saison, soit environ 25% de la longueur totale des chaussées pavées de la Ville. Cette pratique devrait être de plus en plus généralisée, puisque, suivant l’avis des experts en voirie, l’arrosage, comme il est généralement pratiqué dans les villes, est préjudiciable au bon entretien des chaussées et responsable des nombreux travaux de réparation faits tous les ans. À titre d’information, disons en passant que 373,7 milles ou 37% de la longueur totale des rues de la ville sont pavées. La longueur totale des rues de la ville, en y comprenant les rues qui ne sont pas encore ouvertes à la circulation, est de 836 milles.

Le travail de nettoyage des chaussées était exécuté en 1920 par 180 hommes, 22 arrosoirs automobiles et 21 balais automatiques.

II. – Collecte et disposition des ordures ménagères

Le règlement #326 des ordures ménagères exige trois séparations – les déchets de cuisine, les cendres et les débris combustibles; ces derniers comprennent, en grande partie, des vieux papiers, les produits de l’emballage, etc. Les déchets de ces trois catégories sont actuellement enlevés par les mêmes voitures et sont transportés aux décharges publiques ou dépotoirs, où les rebuts ayant une valeur commerciale sont triés par des compagnies concessionnaires. On a recours, depuis de nombreuses années, à cette méthode de disposition, pour combler les carrières et les autres excavations du sol.

Cette méthode, en elle-même, ne comporte pas de sérieux inconvénients, si les lieux à combler se trouvent assez loin des maisons d’habitation. Cette condition n’existe plus pour la ville de Montréal et celle-ci devra avoir recours sous peu à des méthodes modernes de disposition.

Des problèmes nombreux qui intéressent la salubrité publique, celui-ci ne doit être nullement négligé.

En plus de la question d’hygiène, une étude complète de ce problème prouverait que certains revenus sont réalisables, en tirant profit du pouvoir calorifique des ordures ménagères, de leurs éléments fertilisants, de leurs graisses, etc.

Le problème de la collecte mérite aussi notre attention. L’adoption d’un récipient-type, en métal, de nettoyage facile, et pourvu d’un couvercle, éviterait plusieurs inconvénients, tant au point de vue de l’hygiène qu’au point de vue de la propreté.

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Rues de Montréal. Parc de l’Amérique. Photo: GrandQuebec.com

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