Sante

Histoire de l’odontologie

Histoire de l’odontologie

Histoire de l’odontologie au Québec

On peut dire qu’au Québec, la dentisterie est évoquée pour la première fois dans les récits de Jacques Cartier qui passe l’hiver de 1535 sur les bords du Saint-Laurent. Privés de fruits et de légumes, les marins souffrent du scorbut, une maladie qui entraîne la perte de leurs dents puis cause la mort d’un grand nombre d’entre eux. Les survivants doivent leur guérison aux Hurons qui leur font boire des décoctions d’écorces de conifères riches en vitamine C.

Au début du XVIIe siècle, la Nouvelle-France compte sur les multiples talents de Louis Hébert, le premier défricheur de la colonie, mais aussi l’arracheur de dents, M. Hébert pratique cet art Robert Giffard, le premier médecin de Québec.
Ensuite, jusqu’à la fin du XIXe siècle, n’importe qui pouvait se prétendre dentiste au Québec, à condition de posséder la boîte d’instruments adéquats. Le malheureux patient n’avait donc aucun moyen de savoir s’il avait affaire à un bon dentiste ou à un charlatan.

C’est vers au milieu du XIXe siècle que les dentistes soucieux de protéger le bien-être public comprennent la nécessité de réglementer leur pratique afin de pallier cette absence de règlementation.

Les premières lois qui reconnaissent l’exercice de la profession dentaire ne sont adoptées qu’au niveau du Canada, en 1868, en Ontario. L’année suivante les premières lois concernant la pratique de cette profession sont adoptées au Québec, avec l’avènement de l’Association des chirurgiens dentistes de la province de Québec. Cette association a réglementé pour la première fois la pratique de la dentisterie, fixé les compétences minimales requises pour exercer la profession, déterminé le contenu des programmes d’études et des stages, et inscrit à son tableau les praticiens aptes à obtenir le droit de pratique.

Durant les premières années de son existence, l’Association ne regroupe qu’une quinzaine de membres. Vers la fin du siècle, en 1898, il y avait 139 membres inscrits – 83 de langue anglaise et 56 de langue française. Par la plupart, ils sont établis à Montréal (70 %), à Sherbrooke (10 %) et à Québec (7 %). Il y en a quelques-uns à Trois-Rivières et dans la vallée du Richelieu.

À cette époque, le système d’apprentissage est toujours en vigueur et aucun établissement d’enseignement n’offre un programme de formation des dentistes. Ces cours sont offerts seulement dans une faculté de médecine.

L’Association crée alors un corps professoral – le Collège dentaire – qui peut dispenser une partie de l’enseignement théorique et pratique. Elle sollicite d’ailleurs l’Université McGill et l’Université Laval de Montréal (future Université de Montréal) d’ajouter un programme d’études dentaires à leur cursus, mais les deux établissements refusent.

En 1892, l’Université Bishop de Lennoxville se montre intéressée au projet. Cette université crée un Department of Dentistry rattaché à la faculté de médecine et en confie la direction au Dr George W. Beers. Les étudiants en odontologie peuvent à l’époque obtenir également un diplôme de docteur en médecine (DMD) à la fin de deux autres années d’études. Cependant, le programme ne connaît pas le succès escompté et en 1903, l’Université Bishop ferme le département. Ses équipements sont transférés au Dr. Eudore Dubeau, secrétaire de l’Association. Le Dr. Dubeau obtient qu’une école dentaire soit affiliée à l’Université Laval de Montréal, en 1904. C’est lui qui devient le premier doyen de cette école.

Parallèlement, le Dr A. W. Thornton réussit à intégrer un programme d’études dentaires à l’Université McGill, laquelle crée un Department of Dentistry rattaché à la faculté de médecine.

En 1910, l’Association des chirurgiens dentistes du Québec devient le Collège des chirurgiens dentistes de la province de Québec (CCDPQ).

En 1921, l’Université McGill et l’Université de Montréal créent les facultés de médecine dentaire qui assument leur rôle de formation des dentistes québécois. La faculté de médecine dentaire de l’Université Laval à Québec a été inaugurée en 1970. Ainsi, le Québec compte aujourd’hui trois facultés qui donnent l’enseignement sur les soins buccodentaires à la population.

L’Ordre des dentistes du Québec, quant à lui, voit le jour en 1974, avec l’entrée en vigueur du Code des professions du Québec. Le Collège des chirurgiens dentistes de la province de Québec (CCDPQ) devient alors l’Ordre des dentistes du Québec, mais la nouvelle désignation ne modifie aucunement le rôle de l’organisme ni ses obligations en matière de protection du public. Ses responsabilités comprennent, entre autres, le maintien de la qualité des services dentaires à la population et l’établissement de règles de pratique et de déontologie.

Au niveau du Canada, du 16 au 18 septembre 1902, se tient à Montréal le premier congrès des dentistes canadiens qui rassembla 350 dentistes, soit plus de 20% de tous les professionnels dans le domaine dentaire au Canada. Compte tenu des difficultés inhérentes à la planification des assemblées nationales à cette époque, ce congrès fut une merveille d’organisation, dont le succès repose largement sur les épaules de l’infatigable Dr Eudore Dubeau qui écrivit à chaque dentiste du Canada pour le rallier à la mise sur pied d’un organisme national. L’Acte constitutif de l’Association des dentistes canadiens, les règlements et le code déontologique de la future association professionnelle furent adoptés à l’unanimité.

L’Association des dentistes canadiens énuméra ses priorités en 1906, dès sa troisième réunion, également à Montréal. Un siècle plus tard, ces objectifs demeurent les mêmes : Loi exigeant des examens dentaires réguliers pour les écoliers et prévoyant la désignation de dentistes à cet effet ; mise à jour sur l’hygiène buccodentaire dans les manuels scolaires ; diffusion dans les écoles publiques et privées et dans les grands camps militaires de brochures appropriées ; exposé sur l’hygiène dentaire dans le cadre de l’examen de licence des enseignants ; directives spéciales sur l’hygiène dentaire dans les écoles normales ; conférences auprès des associations d’enseignants et des élèves des écoles publiques et privées, etc.

En 2001, l’ADC a lancé une vaste campagne de sensibilisation au tabagisme et aux effets nocifs des produits du tabac sur la santé buccodentaire. Reconnaissant les efforts de l’ADC, le gouvernement fédéral du Canada a nommé un cadre de l’ADC au Conseil consultatif sur la lutte au tabagisme du ministre de la Santé.

Au fil des années, l’Association a joué un rôle capital en consultant des groupes d’employés ainsi que des fournisseurs et des assureurs, et en examinant les régimes et ensembles d’avantages dentaires offerts aux Canadiens. C’est grâce aux efforts de l’ADC que le 1er janvier 1959, le Canadian Dental Service Plans Inc. voyait le jour. La nouvelle structure de gouvernance de l’ADC est créée le 16 novembre 2001.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>