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Burn out

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Burn out : un phénomène de société ?

Le terme burn out (ou burnout) qui définie l’épuisement professionnel apparaît dans les années 1970. Ce terme désigne alors les travailleurs sociaux et du domaine médical, confrontés à un engagement relationnel qui les affecte psychologiquement. Aujourd’hui, ce syndrome s’étend à l’ensemble des professions et est devenu un véritable phénomène social.

En fait, l’épuisement professionnel est un phénomène difficile à cerner. Il ne peut être diagnostiqué comme un trouble mental puisqu’il n’est pas encore reconnu comme tel. On diagnostiquera plutôt un trouble d’adaptation.

Les symptômes du burn out sont souvent assimilés à ceux de la dépression, mais dans ce cas l’épuisement professionnel est obligatoirement lié au travail et à un état de stress chronique. Cependant, le burn out et la dépression ont des conséquences communes, telles l’anxiété, la démotivation, l’irritabilité, l’isolement.

En général, la cause de burn out serait une dégradation de la qualité de vie au milieu de travail. Les salariés subissent une sensation d’épuisement à cause d’une surcharge de travail, ainsi qu’un manque de reconnaissance et d’autonomie. D’ailleurs, des rapports difficiles entre le salarié et ses collègues et son supérieur hiérarchique contribuent aux symptômes.

Le syndrome de burn out s’installe graduellement et il se développe en quatre étapes franchies plus ou moins rapidement selon la tolérance de la personne au stress :

La première étape est celle de l’idéalisme où la personne a un très haut niveau d’énergie, où elle est remplie d’idéaux, d’objectifs élevés d’ambition. La personne se consacre entièrement à l’organisme ou à l’entreprise qui l’emploie. Même si son travail est exigeant et que les conditions dans lesquelles l’employé l’effectue ne sont pas favorables, l’employé y investira tout son temps et toute son énergie.

La seconde étape est celle du plafonnement ou plateau. C’est le moment où l’employé se rend compte que, malgré ses efforts constants, les résultats atteints ne sont pas à la hauteur de ses attentes. L’employeur exige toujours et les efforts ne sont pas reconnus. En réponse à ce constat, la personne redouble d’ardeur; elle se met à travailler le soir et les fins de semaine pour répondre aux exigences.

L’étape suivante est l’étape de la désillusion : la personne concernée est fatiguée et déçue. Les attentes de l’organisation sont démesurées, la reconnaissance se fait encore attendre. L’employé devient alors impatient, irritable et cynique. C’est une période de frustration où certains vont commencer à consommer des stimulants pour fonctionner et des somnifères pour dormir.

Enfin survient la démoralisation. Au bout du rouleau, la personne perd tout intérêt à son travail et à son entourage. Enfin, elle a brûlé toutes ses réserves; elle ressent un fort sentiment de découragement, elle n’est plus capable de travailler.

C’est bien et bel le burn out qui est arrivé et dont les conséquences peuvent être très graves : des cas de suicide liés à l’épuisement professionnel ont été recensés au Canada.

Selon l’Enquête Sociale Générale (ESG), cité par le site Web Passeport Santé, un travailleur canadien sur quatre se dit très stressé, et 60% des salariés déclarent que le travail est la source de leur stress et admettent souffrir de problèmes de santé liés au stress au travail.

En effet, aujourd’hui, les exigences professionnelles semblent telles que de nombreux employés (par exemple, des assistantes notariales) seraient devenus perfectionnistes et très engagés dans leur travail.

Le burn out concerne à la fois les hommes et les femmes qui subissent une pression permanente. Les femmes semblent pourtant être les plus touchées par les symptômes.

Pour résoudre les problèmes d’épuisement professionnel, l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) souhaite que les entreprises fassent augmenter la prise de conscience du stress au travail, en aménageant le temps de travail, en améliorant l’environnement professionnel et en mettant en valeur la communication au sein de l’entreprise.

Cependant, chaque employé est différent. Ainsi, des mesures doivent être prises individuellement, dans le respect des facteurs émotionnels propres à chacun. Il est recommandé aux personnes victimes de burn out de suivre une thérapie.

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La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre. (Albert Einstein). Photo : Hélène Harris

En savoir plus :

1 commentaire

  1. Alain F.

    2012/02/13 at 3:11

    Voici deux livres parus en France (disponibles sur les sites internet de vente de livres), indispensables pour approfondir le sujet des « risques psychosociaux du travail » :
    – DEJOURS, »Travail, usure mentale », Ed.Bayard. Sur la psychodynamique du travail.
    – BAUGÉ et PIERREJEAN, »Mal-vivre au travail », Ed.Paulo-Ramand. Sur le stress et le harcèlement au travail.

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