Réflexions

Canada et Voltaire

Canada et Voltaire

 

« Le Canada, ce n’est que quelques arpents de neige qui ne vaut rien ».

Tout le monde connaît cette phrase. Tels sont les propos exprimés par Voltaire bien connus et publicisés pendant des siècles. Mais est-ce que Voltaire a vraiment prononcé ces mots ? Et si « oui », dans quelles circonstances ?

La réponse est simple : oui, le grand Voltaire a écrit cette phrase, il s’agissait d’une opinion sur deux nations qui « sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada et […] elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut ».

Cependant, c’est une phrase prononcée par Martin, ami et compagnon de Candide, célèbre pour ses propos controversés, illogiques et démunis de sens, et en même temps originaux, plaisants et spectaculaires.

Si nous associons l’opinion de Voltaire, philosophe, humaniste, écrivain, à l’opinion de Martin, un des charmants héros de Candide, ce serait logique également de citer beaucoup d’autres expressions de Martin ainsi que celles des autres héros de cette magnifique nouvelle.

Par exemple, dans le paragraphe suivant du même vingt-troisième chapitre de Candide, un bref épisode sur le sort des amiraux anglais est exposé, aussi comique et absurde que la phrase sur le Canada qui ne serait que « quelques arpents de neige ».

Toutefois, personne ne cite Voltaire qui appelle à « tuer un amiral de temps en temps pour encourager les autres ». Mais tout le monde connaît cette définition du Canada par Voltaire, qui n’a rien à voir avec la réalité.

Drôle de légende !

En tous cas, nous recommandons chaleureusement la lecture de Candide. Non pour lire une description authentique du Canada, mais pour tout ce que cette nouvelle contient, alliant profonde philosophie et grand humour.

Citations mentionnées ci-dessus, tirées du XXIIIe chapitre de Candide :
 
« Vous connaissez l’Angleterre, y est-on aussi fou qu’en France? C’est une autre espèce de folie, dit Martin ; vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut. De vous dire précisément s’il y a plus de gens à lier dans un pays que dans un autre, c’est ce que mes faibles lumières ne me permettent pas. Je sais seulement qu’en général les gens que nous allons voir sont fort atrabilaires. »

« … Et pourquoi tuer cet amiral ? C’est, lui dit-on, parce qu’il n’a pas fait tuer assez de monde ; il a livré un combat à un amiral français, et on a trouvé qu’il n’était pas assez près de lui. Mais, dit Candide, l’amiral français était aussi loin de l’amiral anglais que celui-ci l’était de l’autre ? Cela est incontestable, lui répliqua-t-on. Mais dans ce pays-ci, il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres. »

1 commentaire

  1. André

    2012/09/06 at 5:17

    Bonjour,
    La première guerre mondiale prend fin après 7 ans.
    Le traité de Paris le 10 février 1763.
    M. le Ministre Choiseul: Je suis comme le public : j’ai mieux la paix que le Canada et je crois que la France peut être heureuse sans Quéec.

    Avec beaucoup de mépris et bien peu de clairvoyance, l’illustre , philosophe, évoquera plus tard dans Candide ses ‘ quelques arpents de neige vers le Canada.

    La Canada existe selon Voltaire et la ville de Québec.

    Le Roi George 3 nomme sa nouvelle possession Province of Québec.
    Le tout après le refus de la France de reprendre Le Canada.
    Merci André

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