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Tour de Babel en Europe

Tour de Babel en Europe

L’esprit de la Tour de Babel règne sur l’Europe

Par Louis Francoeur

Texte paru dans la Revue Moderne, en mars 1940

A peine dix pour cent des ci-devant Autrichiens devenus Italiens en 1918 ont récemment opté pour le retour au Reich, et presque tous les votes qui se sont donnés contre la citoyenneté italienne l’ont été dans la région de Bolzano, ci-devant Bolzen, dans le Tyrol.

Le chancelier Hitler peut trouver matière à réflexion dans ce plébiscite, et l’univers en peut tirer d’utiles conclusions. Sauf d’Italie, Hitler a fait rentrer de force en Allemagne des populations allemandes dispersées à l’est et au sud.

Ces gens n’ont pas été consultés sur leur volonté de rester Hongrois, Lettons, Lituaniens ou Russes. Mais en Italie, il y a eu plébiscite apparemment libre. Les sujets italiens de race allemande ont eu à décider s’ils voulaient rester italiens ou devenir allemands. Le fait que dix pour cent seulement ont opté pour la nationalité allemande est plus éloquent que toutes les dissertations.

L’Italie n’a pas que des Allemands comme populations minoritaires. Elle a aussi des Serbes, à la tête de l’Adriatique. De ceux-ci, nous parlerons un jour, si Dieu nous prête vie. Le groupe le plus intéressant des minorités italiennes est constitué par les populations de langue française qui habitent les vallées d’Aoste. A la vérité, ce groupe n’est une minorité que par la langue, car les gens des vallées sont italiens autant qu’on peut l’être. Ils n’ont pas le moindre désir, ils ne l’ont jamais eu, de changer leur allégeance politique, mais ils tiennent énergiquement à leurs particularismes historiques et au dialecte savoisien qui est le leur. A la vérité, c’est un peu de Savoie, un peu de Valais, un peu de Piémont, que cette région unique du Grand et du Petit Saint-Bernard, du Mont Blanc, du Mont Rose et du Mont Cervin. Sa métropole, Aoste, est une ville romaine, et les principales routes au fond des défilés sont des routes romaines. Depuis les temps préhistoriques, les invasions, dans un sens ou dans l’autre, se sont faites par le val d’Aoste. Le petit Saint-Bernard, le Grand Saint-Bernard, le col du Géant, le col de Niss, le col du Grand Ferret, ont vu passer tous les conquérants qui ont traversé les Alpes.

Le Français est resté la langue courante de ces vallées, et les récents édits unificateurs du gouvernement italien n’ont, en réalité, rien changé.

Les noms de lieux restent français. Courmayeur, le Pré St-Didier, les Etroubles, Valtournanche, Châtillon, Cogne, Brusson, Gessoney, Rhêmes, Notre-Dame et la Thuile sont trop connus des alpinistes, des voyageurs et des artistes pour qu’une ordonnance administrative les débaptise d’un coup.

Les vallées sont du plus vieux patrimoine de cette maison de Savoie qui règne sur l’Italie. La famille royale, en faisant résider périodiquement l’un ou l’autre de de ses membres en l’historique château de Sarre, garde un contact constant avec le vieux duché de Savoie.

S’il est une famille d’Europe où la culture française et l’usage français se sont maintenus au cours des siècles, c’est bien la famille d’Italie. A ce point que c’est la seule des familles princières transalpines qui soit restée à la fois libre d’attaches politiques françaises et passionnément française de goût. Si le duché de Bourgogne, le duché de Lorraine, le duché de Normandie, le Dauphiné ont fini par entrer dans la patrie française, les ducs de Savoie se sont toujours maintenus libres. Le destin les en a récompensés, puisque c’est eux maintenant qui règnent sur l’Italie.

Europe en 1940

Carte de l’Europe telle qu’elle était en 1940

Les terres ancestrales connaissent deux, même trois allégeances. Les tombeaux historiques de la maison de Savoie sont en France, à l’abbaye d’Hautecombe. Turin, la capitale de la famille, est en Italie; le val d’Aoste est italien, mais on y parle français. L’histoire des régions alpestres n’a pas toujours été conditionnée par la géographie, pas plus que les limites des pays ne découlent rigoureusement de l’histoire. Plus fortuné que la zone frontière d’Alsace, de Lorraine, de Belgique, le pays du mont Blanc a été presque indemne des guerres, et l’on n’y garde pas les souvenirs de sang et de ruines qui sont si nombreux ailleurs.

Rien mieux que le cas des vallées ne prouve que la langue n’est pas synonyme de la nationalité. On m’a dit, il y a longtemps – je n’ai pu le vérifier — que le grand artisan de l’unité italienne, Cavour, qui fut aussi un antifrançais déterminé, ne parlait couramment que le français, ayant appris l’italien à l’âge d’homme. Il était du val d’Aoste. L’armée et la marine italiennes ont compté parmi leurs noms les plus illustres des officiers de langue et de patronyme français. C’était, inutile de le dire, les Italiens les plus loyaux.

C’est pourquoi, le cas particulier des populations de la vallée n’est pas l’ombre même d’un problème de minorité. C’est là un peu comme en France, dans le département des Pyrénées Orientales, dont Perpignan est le chef-lieu. La population des Pyrénées Orientales est aussi catalane que celle de Barcelone; elle tient à son dialecte et à ses coutumes, et cependant les Catalans de France n’ont jamais eu la moindre envie de se faire espagnols. Même chose de la Corse, où l’on veut rester Français tout en gardant farouchement toute la tradition, y compris, au premier plan, celle du dialecte. La patrie de Napoléon et de tous les Bonaparte, de Pozzo di Borgo, de Moro-Giafferi et de César Campinchi ne veut pas être terre italienne. Pas plus que le Jersiais ne songe à être Français, même s’il tient plus qu’à la vie à son bailli, à son recteur et à ses états.

Le problème linguistique, en Europe, a pris trop tragique importance depuis une trentaine d’années surtout. Nulle part, historiquement, les frontières politiques n’ont été celles des langages, et l’on a été pendant des siècles à ne pas s’en étonner, à très bien s’en accommoder.

Certains parlers sont morts tout seuls, parce qu’ils ne pouvaient se conserver. D’autres ont persisté, sans que ceux qui les parlaient se soient crus victimes de la persécution. C’est le cas au val d’Aoste, en Catalogne française, aux Iles anglo-normandes, en pays basque mi-français mi-espagnol. La cour, la noblesse et le clergé d’Angleterre ne parlaient qu’un dialecte français jusqu’au temps d’Henri VII, en même temps que l’île se tenait en état permanent de guerre avec la France. Les barons baltes, qui avaient tant d’importance en Russie sous le régime tsariste, ne parlaient presque jamais le russe.

Quand la Belgique se sépara de la Hollande en 1830, les provinces flamandes s’unirent aux provinces de langue française pour constituer un nouvel état, et pourtant le Flamand est le frère du Hollandais.

La dernière guerre, en exaspérant les nationalismes, quelques-uns d’entre eux très légitimes, d’autres moins justifiables, a donné aux problèmes linguistiques une acrimonie dont le monde se serait bien passé. Sans doute, chacun a le droit de parler la langue de ses pères, mais l’histoire et la littérature ont donné à quelques-unes d’entre elles une prééminence sur les parlers et dialectes secondaires.

Le français, l’italien, le castillan, l’anglais, l’allemand ont à leur actif des trésors que ne possèdent pas, que ne posséderont jamais, le serbe, le tchèque, le letton, par exemple. C’est là un fait dont il faut bien s’accommoder sous peine d’être à côté de la coche.

Les cinq grandes langues ont servi de véhicules à tout ce qui a exprimé notre civilisation, leurs grammaires se sont constituées dans le cours des siècles, leurs poètes, leurs philosophes, leurs historiens, leurs orateurs, ont fixé en sonorités, en cadences, en usages, des parlers autour desquels tourne l’Occident.

Certaines de ces langues, à divers moments de l’histoire, ont été parlées, et le sont encore, bien au-delà des limites de leur pays d’origine. L’anglais, dans le monde entier, est la langue des affaires; le français reste le véhicule par excellence de la bonne compagnie; et l’on ne peut faire de haute érudition sans connaître un peu d’allemand.

Quant à l’italien, il reste ce qu’il est depuis Dante: la langue de la poésie et du soleil. L’espagnol, lui, se parle dans presque toute l’Amérique latine, et rivalise avec l’anglais pour la suprématie du Nouveau-Monde.

Le flamand, le romanche, le slovaque, l’albanais, dix, vingt autres parlers d’Europe ont droit à tout le respect possible, mais s’ils doivent définir une nationalité, si surtout on doit les dresser contre l’une des langues majeures, on recule et l’on met le pied à côté du chemin. Et si l’on donne dans ce travers, on n’en sort plus. Voici des siècles que les Espagnols se querellent pour savoir laquelle de leurs deux langues, toutes deux harmonieuses et toutes deux littéraires, prévaudra – du castillan ou du catalan. D’autre part, les Allemands ont pu constater, pendant les 47 ans qu’ils ont occupé l’Alsace, que l’Alsacien savait rester français, tout en parlant allemand. Et la Suisse?… avec ses quatre langues : allemand, français, italien, romanche, n’est-elle pas la plus harmonieuse des nations? Nous-mêmes, pour finir, qui parlons le français, et qui cherchons de notre mieux à resserrer nos liens spirituels avec la nation-mère, nous ne sommes plus des Français; notre histoire nous a fait évoluer dans un sens différent de celui de nos cousins d’Europe. Et nous sommes, à notre manière bien caractérisée, les sujets les plus loyaux de la Couronne.

De tout ceci se dégage la conclusion que la langue n’est pas synonyme de la nationalité. L’histoire et la géographie ont souvent joué chacun de son côté. S’il fallait constituer des nationalités selon les langues, ou établir ses propres frontières politiques en y intégrant de force des étrangers qui n’ont de commun avec soi que le parler, l’univers tomberait dans un chaos auprès duquel le désordre présent est un âge d’or.

De tout temps, il s’est produit des événements d’une extrême cruauté qui n’étaient que la conséquence de la bizarrerie des frontières et du caprice des langues.

On a annihilé les populations de certaines provinces. On en a déplacé d’autres. Ici même, en Amérique, où les populations sont presque homogènes, nous avons connu, nous avons vécu un intense drame de nationalités.

Le Grand Dérangement, la déportation des Acadiens, est l’une des pages noires des annales de ce continent. Le procédé fut bien cruel : on sépara les mères des enfants, les amants des fiancées, et l’on embarqua, dans les cales de mauvaises frégates, la population de toute une province. Si pathétiques furent les circonstances et les suites de ce drame qu’elles inspirèrent une épopée, qui prend place dans la littérature mondiale à côté des tragédies grecques.

Cette violente réussite du transplantement d’un peuple n’était pourtant que l’enfance de l’art. Les quelques milliers d’Acadiens, seuls et perdus dans un monde hostile, vaincus entre les vaincus, sont restés deux cents ans en exemple aux peuples civilisés. Maintenant, on fait mieux; on fait plus grand.

Depuis le début de la présente guerre, les grands dérangements sont revenus à la mode. Tantôt nous apprenons que les Italiens de langue allemande devront émigrer en Pologne, et tantôt l’on nous dit que les Baltes de langue allemande seront transportés en Tchécoslovaquie.

Le cours accidenté des faits de guerre rejette au second plan les nouvelles de cet ordre. Pourtant, quand on s’y arrête, il suinte, de ces échos et rumeurs, un fiel de tragédie. Imaginons-nous, pour un instant, que l’on décide de nous émigrer en masse, nous, Canadiens français, au Venezuela ou au Groenland. C’est ce qui se passe en certains pays d’Europe.

Avant 1918, le pays de Bolzano, de Trente, de Rovereto, de Bellune, d’Udine, toutes les Dolomites, le versant méridional des Alpes carniques, la région de l’Adige septentrionale et celle du Bas-Tyrol, étaient pays autrichiens et parfois cantons italiens de langue allemande. Les traités d’aprèsguerre firent de ces provinces, de ces montagnes et de ces vallées, purs et simples territoires italiens.

Aujourd’hui, vingt ans après la paix de 1918, les gouvernements d’Allemagne et d’Italie décident qu’il vaut mieux, en principe, que les nouveaux Italiens de langue allemande soient intégrés au Reich. De cela et de sa conclusion, nous avons parlé au début. Ces populations montagnardes habitent leur pays de temps immémorial. Elles furent christianisées presque aux origines; elles sont germaniques, certes, mais ce qui les caractérise avant tout le reste, ce sont leurs particularismes locaux. Populations stables, calmes, morales, laborieuses, pieuses, elles n’ont jamais demandé que da vivre en paix entre le ciel et la montagne. Des contrecoups de la politique, elles sont des victimes choisies puisqu’elles habitent à cheval sur des montagnes-frontières.

Tenter de faire de ces éternels montagnards une sous-variété de Calabrais ou de Siciliens: folie pure. Les transplanter de leur pays de soleil aux brumeux marécages de Posen ou de Dantzig: contrebon sens.

Voyons maintenant les Baltes. Depuis la ligne hanséatique, des populations de langue et de race allemandes se sont répandues de Memel à la banlieue de Saint-Pétersbourg, le long du littoral et à l’intérieur des terres. Peuple de paysans robustes, frugaux, athlétiques, gouvernés par des barons de leur sang, et vivant heureux sous un régime de féodalité à la fois paterne et disciplinaire. Cent, deux cents, trois cents ans, même quatre cents les ont implantés dans ce sol qu’ils ont de toute tradition fait fructifier. On les en tire de force; on les envoie par hordes en des provinces où tout leur est étranger; on déménage de Lettonie des villages entiers pour les planter artificiellement dans la banlieue de Prague ou dans la campagne de Lemberg.

A y penser deux fois, c’est là chose effarante. La patrie, ce n’est pas nécessairement une terre quelconque où l’on parle la même langue ; c’est d’abord le sol d’où l’on est issu, la lumière, le paysage, les lignes, le climat, l’esprit, les coutumes. Le Canadien-français, brusquement colloque à Liège, par exemple, ou à Chambéry, ou à Tarascon, ou à Calais, ne se sentira pas chez soi, même s’il parle la langue du pays, même s’il est de sang identique à celui de l’habitant. Ces rapatriements artificiels de cousins éloignés ont besoin d’autre justification que celle de l’identité qui puisse faire passer ces dérangements massifs? Oui. Et voici ce que c’est.

Quand cette guerre-ci sera finie, on devra restaurer la Tchécoslovaquie et la Pologne. Et c’est ici que le truc produira son effet. Hitler établit en Poméranie polonaise, dans le ci-devant couloir, dans la région de Posen, un grand nombre d’Allemands rentrés des provinces baltes. Il colonise également le pays des sudètes et toutes les régions douteuses de Tchécoslovaquie.

A l’heure du plébiscite, puisqu’il semble bien qu’il doive y avoir plébiscite après la guerre, des pays polonais ou slovaques ou tchèques seront devenus des pays allemands. La majorité normale aura été écrasée par une majorité de peuplement. Ce n’est pas si bête; c’en est même presque diabolique.

En contrepartie, il n’est pas impossible que d’ici à la paix, il s’arrange pour déplacer des groupes slaves pour les noyer dans la grosse masse allemande. Les vainqueurs auront fort à faire pour tirer au clair une situation aussi délibérément embrouillée. C’est assurément en égorgeant, même au sens figuré, la race ennemie qu’on l’empêche de s’affirmer.

Quant aux juifs, éternels voyageurs, leur sort en Allemagne est déjà partout connu. Hitler, qui ne peut plus les faire sortir du pays, s’est mis en tête de les parquer dans un état ghetto. Si, du moins, il leur donnait une forme quelconque de « home rule » dans les cantons polonais où il les masse, ce serait mieux qu’un demi-mal ; ces pauvres gens pourraient tout au moins respirer. Mais la façon dont il les traite est inhumaine.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le juif, on doit lui reconnaître à tout le moins sa dignité d’homme.

Les nazis pratiquent à l’endroit des Israélites des raffinements de cruauté; ils séparent délibérément les hommes des femmes, les mères de leurs enfants; ils les jettent hors de chez eux sans leur permettre de rien apporter. Ils les font camper à ciel ouvert, les transportent en wagons à bestiaux, les manoeuvrent à coups de triques.

Comment ces pauvres gens résistent au suicide ou à la folie est un véritable problème psychologique. Ces déplacements massifs de populations peuvent-ils assurer aux provinces qui en sont affligées une garantie de concorde intérieure et de prospérité? C’est difficile à croire. Car personne, au fond, n’est content de son sort. Le Polonais de Posen, qui voit arriver dans son village cinquante ou cent familles ci-devant lettones, ne peut que haïr de tout son patriotisme les nouveaux venus. Et les cinquante ou cent familles rapatriées de force et colloquées au milieu d’un peuple qui leur est étranger et hostile ne peuvent pas davantage être satisfaites.

C’est vicieux aux deux bouts. L’oppresseur, malgré lui a l’âme aussi triste et nostalgique que l’opprimé. Il faut mille ans pour faire un peuple, et c’est un axiome que les races d’Europe centrale ne se mêlent plus, depuis des siècles, et se haïssent du fond du coeur.

Le plus tragique, c’est que personne ne peut échapper à son destin cruel. Le Polonais, le Tchèque, le Slovaque, l’Ukrainien, sont dans l’impossibilité matérielle d’émigrer, même de se déplacer à l’intérieur. Ils n’ont rien. Leurs doléances ne sont pas écoutées. L’Allemand n’a pas de pitié pour eux puisqu’ils sont les plus faibles. Et l’Allemand lui-même, l’habitant, n’a plus le libre choix de son domicile ; il faut qu’il aille où on le mène, privé qu’il est de ce droit de pleurer qui est le seul qu’on laisse aux vaincus.

Ce drame des populations est d’autant plus poignant qu’on s’arrête à le regarder se jouer sur la carte. Peut-être ne fait-il que commencer; puisque la guerre sera longue à ce qu’on nous dit, il est à peu près certain que la révolte grondera plus fort dans les pays opprimés. Le moyen le plus simple qui s’offre au tyran de prévenir les complots, c’est d’éloigner les uns des autres les conspirateurs, de les tenir si étroitement serrés dans le filet qu’ils ne puissent plus bouger le doigt. Si Prague, par exemple, est complètement germanisé d’ici deux ans, et ses habitants dispersés aux quatre coins de la grande Allemagne, les chances de soulèvement diminuent. Et si la ville de Bromberg est complètement vidée de ses habitants polonais pour être peuplés d’Allemands pur-sang, on y pourra tenir tous les plébiscites du monde : le vote ne sera jamais polonais.

Quant aux Juifs, on ne les consulte pas. On ne les invite jamais à voter. On leur interdit le peu qu’on laisse aux autres minorités. S’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à s’enlever la vie, et l’on prend soin de le leur répéter à chaque occasion qui s’en présente.

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