Autres terres

Taft succède à Roosevelt

Taft succède à Roosevelt

Taft succède à Roosevelt

À cause d’une violente tempête de neige, l’installation du nouveau président des États-Unis a eu lieu dans la salle du Sénat.

M. Taft se prononce en faveur de la révision du tarif, de l’établissement d’un tarif minimum et maximum et du maintien de l’armée et de la marine sur le plus haut pied d’efficacité.

Washington, 4 mars 1909 – William H. Taft et James S. Sherman ont été installés à midi, aujourd’hui, comme président et vice-président, respectivement, des États-Unis. La cérémonie a eu lieu dans la salle du sénat, à cause de la tempête qui faisait rage au dehors, et au grand désappointement de M. Taft, qui voulait suivre le précédent en vertu duquel le nouveau président lit son discours du haut des marches du capitole.

Le président Roosevelt et M. Taft arrivèrent au capitole à onze heures, et furent conduits au cabinet du président. Il a fallu renoncer à la procession qui avait été organisée, au grand désappointement des milliers de personnes venues à Washington pour être témoins de la cérémonie.

La cérémonie d’installation a eu lieu en présence d’une foule distinguée de hauts dignitaires de la nation et de différents États et des ambassadeurs et représentants de tous les pays civilisés.

Le président Roosevelt, donnant le bras au président-élu Taft, fit son entrée dans la salle du Sénat un peu après-midi. L’apparition des deux distingués personnages fut le signal d’une salve d’applaudissements. L’installation du nouveau président a été la cérémonie simple fixée dès les premiers jours de la République. Il jura d’observer et de défendre la constitution, de mettre toutes les lois en vigueur et de protéger la République contre ses ennemis, étrangers ou domestiques. Le serment d’office fut administré par le juge en chef Fuller, de la Cour Suprême. Le président Roosevelt, qui redevenait un simple citoyen des États-Unis dès que M. Taft eût embrassé la Bible, s’empressa de féliciter son successeur, le juge en chef étant le premier à jouir de ce privilège.

Le président Taft commença ensuite la lecture de son discours.

« J’ai été, dit-il, entre autres choses, un des aviseurs de mon distingué prédécesseur, et en cette qualité j’ai eu ma part dans les réformes dont il a été l’initiateur. Je manquerais à moi-même, à mes promesses et aux déclarations du programme du parti sur lequel j’ai été élu à la présidence, si je ne faisais du maintien et de l’observation de ces réformes un des articles les plus importants de mon administration. Elles ont été destinées à supprimer la désobéissance à la loi et les abus du pouvoir des grands combinaisons du capital placé dans les chemins de fer et les entreprises industrielles faisant le commerce entre États. Les démarches faites par mon prédécesseur et la législation votée sur ses recommandations ont accompli beaucoup, ont causé un arrêt général dans la politique vicieuse qui a créé une alarme populaire, et ont amené, dans les affaires affectées, un plus grand respect de la loi. »

Le président déclare que pour assurer la permanence de ces réformes il faut de nouvelles lois et une action exécutive, puis continue :

« Une question de l’importance la plus pressante est celle de la révision du tarif. Conformément aux promesses du programme sur lequel j’ai été élu je convoquerai le congrès à se réunir en session extraordinaire le 15 mars afin de considérer immédiatement un projet de loi révisant le tarif Dingley. Cette révision devrait assurer un revenu suffisant et rajuster les droits de façon à donner au travail et à toutes les industries de ce pays, fermes, mines ou fabriques une protection douanière égale à la différence entre le coût de la production ici, et elle devrait contenir une disposition qui mettra en vigueur, après que certains faits auront été déterminés par l’exécutif, un tarif plus élevé ou maximum contre les pays dont la politique commerciale à notre égard demandent une distinction de ce genre. »

« Notre politique internationale est toujours en faveur de la paix. » Le président termine par un plaidoyer en faveur de l’armée et de la marine, qui doivent être maintenus sur un pied élevé d’efficacité, afin d’être toujours prêtes à défendre les droits des États-Unis s’il fallait faire la guerre.

Après la lecture du discours, le président fut conduit à sa voiture, et, en compagnie de Madame Taft, du vice-président et de Madame Sherman, retourna à la Maison Blanche.

L’ex-président Roosevelt sortit du capitole, traversa la foule qui l’acclama et, escorté de mille membres du comité républicain de New York, fut conduit à la gare, où il prit un train pour New York et Oyster Bay.

taft et roosevelt

Le président élu Taft et le président sortant Roosevelet en route à l’inauguration, le 4 mars 1909

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>