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Suicide collectif des Davidiens

Suicide collectif des Davidiens

L’assaut de Waco donne lieu à un suicide collectif des Davidiens

19 avril 1993 : Le siège de la secte des Davidiens, qui avait commencé par un assaut sanglant de la police le 28 février 1993, a pris fin avec un bilan de 86 morts

Le siège de la secte des Davidiens, qui avait commencé par un assaut sanglant de la police le 28 février 1993, a pris fin le 19 avril 1993, cinquante-et-un jours plus tard, dans un brasier infernal, avec un bilan vraisemblable de 86 morts. Devant l’offensive de la police, qui avait décidé d’utiliser des gaz lacrymogènes dans l’espoir de mettre un terme à l’impasse sans provoquer de pertes de vies, les Davidiens ont, selon les autorités, mis le feu à leur ferme-forteresse, se livrant à un suicide collectif dont leur chef, David Koresh, avait souvent brandi la menace.

Quatre-vingt quinze personnes, dont 17 enfants âgés de moins de 10 ans, étaient retranchées dans la place-forte, selon le propre décompte du chef des Davidiens. Dans une lettre adressée la semaine dernière au FBI, David Koresh avait averti que les agents fédéraux seraient « dévorés par les flammes » s’ils tentaient de lui nuire. Le porte-parole du FBI, Bob Ricks, a fait savoir que neuf personnes avaient pu quitter les bâtiments qui, en moins d’une heure, ont été réduits en cendres. « Nous ne pouvons que présumer que les pertes en vies humaines ont été massives. C’était véritablement un brasier infernal », a-t il dit. L’homme qui se décrivait comme le nouveau Messie, David Koresh, 33 ans, ne figurait pas parmi els neuf rescapés.

Le président Clinton a exprimé hier sa tristesse devant les pertes en vies humaines, notamment la mort apparente d’enfants. De son côté, au cours d’une conférence de presse tenue à Washington, la secrétaire à la Justice, Janet Reno, visiblement émue, a assumé l’entière responsabilité de l’opération déclenchée à l’aube par la police. « J’ai approuvé ce plan, a-t-elle dit. J’en ai avisé le président, mais je ne l’ai pas informé de tous les détails. De toute évidence, si j’avais pensé qu’il existait un risque de suicide collectif, je ne l’aurais jamais approuvé ».

Quant à l’origine de l’incendie, la secrétaire à la Justice a déclaré qu’elle n’avait absolument aucun doute sur le fait qu’il avait été allumé par les membres de la secte. Le porte-parole du FBI a indiqué pour sa parte que, selon un survivant, de l’essence avait été répandue à travers les bâtiments en bois de la ferme.

Peu après le début du siège, les journalistes avaient été maintenus à plusieurs kilomètres du quartier général de la secte. Les images prises à distance et les commentaires officiels des autorités américaines étaient les seules sources d’information sur des événements qui prenaient tout le monde au dépourvu.

Le siège de Waco avait débuté le 28 février lorsqu’une centaine de policiers avaient lancé un assaut contre les bâtiments où vivaient les Davidiens, membres d’une obscure secte issue d’une scission au sein de l’Église adventiste du septième jour. Les forces de l’ordre avaient un mandat d’arrêt contre Koresh pour possession illégale d’armes. Les policiers avaient été accueillis par un tir nourri lors duquel quatre agents avaient été tués. Six membres de la secte auraient également péri.

Commençait alors un long siège, ponctué de déclarations de David Koresh affirmant qu’il attendait un message de Dieu ou expliquant qu’il rédigeait un livre sur la fin du monde et qu’il ne sortirait qu’après l’avoir terminé. Al fil des jours, trente-sept personnes, dont de nombreux enfants, quittaient la place-forte. Parmi ceux qui y sont demeurés jusqu’au bout figuraient sept Australiens et vingt-sept Britanniques.

Un Australien et deux Britanniques se trouvaient parmi les survivants. (De plus récentes informations permettant de douter de la version officielle du suicide, l’hypothèse retenue étant l’ignition accidentelle des gaz projetés à l’intérieur du complexe par les agents du FBI et de l’armée. Des vidéos incriminant les forces de l’ordre ont servi à un film, tourné en 1997, intitulé WACO qui impute à celles-ci la perte de ces vies humaines.)

faire confiance c'est se destiner à être trompée (France Théoret, écrivaine québécoise). Photo : Megan Jorgensen.
Faire confiance c’est se destiner à être trompée (France Théoret, écrivaine québécoise). Photo : Megan Jorgensen.

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