Autres terres

Rebellion du Nord-Ouest

Rebellion du Nord-Ouest

Origines de la rébellion du Nord-Ouest

Après l’échec de la rébellion de la Rivière Rouge de 1870, Louis Riel et certains de ses partisans émigrent aux États-Unis. D’autres préfèrent s’installer dans les territoires du Nord-Ouest canadien.

Une amnistie est déclarée en 1872. Louis Riel rentre alors au Canada pour participer à la vie politique, même si cette amnistie ne concerne pas les responsables de la mort de Thomas Scott, dont il fait partie. Malgré tout, Riel se présente aux élections et devient député de la Chambre des communes en 1873. Cependant, du fait de ses problèmes avec la justice, il préfère s’installer près de Plattsburgh, dans l’État de New York, dans le petit village de Keeseville.

Lors de son exil, Louis Riel traverse une crise mystique. Influencé par un prêtre, il se convainc de son destin divin. Il rentre à Montréal en 1875, après qu’une amnistie soit déclarée pour les responsables de la mort de Scott, et il séjourne dans plusieurs asiles psychiatriques du Québec. À sa sortie, il se fait appeler «Louis David Riel, prophète du Nouveau Monde». Après une période de 7 ans d’une vie politique et personnelle très active, il décide de s’établir dans l’État américain du Montana.

Mais le destin va rattraper le prophète. Après la Rébellion de la rivière Rouge, de nombreux Métis s’installent dans la vallée de la Saskatchewan, près de l’actuelle ville de Saint-Laurent de Grandin.

Au début des années 1880, les Métis de la Saskatchewan se rendent compte que leur émigration vers l’Ouest n’a pas résolu tous leurs problèmes. Les Métis, ainsi que les Indiens Cris et Pieds-Noirs, sont au bord de la famine. En 1883, le gouvernement canadien diminue l’aide aux populations, les obligations du gouvernement en vertu des traités existants ne sont pas respectées.

Et une fois de plus, l’arrivée de nouveaux colons dans cette région menace leur mode de vie traditionnel.

Le 24 mars 1884, une trentaine de Métis réunis dans le village de Batoche, décident de demander à Louis Riel de les aider à défendre leur territoire. Le 6 mai 1884, une délégation de Métis, d’Amérindiens et de colons anglophones de la ville de Prince-Albert, part au Montana pour demander officiellement à Riel de devenir leur représentant auprès du gouvernement canadien. Riel n’attendait que cette occasion pour accomplir son rôle de prophète et de guide spirituel.

Retour de Riel

Vers la fin du mois de mai 1884, une délégation de Métis, d’Amérindiens et de colons blancs, dirigée par Gabriel Dumont, rejoint Louis Riel à Batoche, sur la North Saskatchewan.

Dumont, qui est le chef des Métis de Saint-Laurent et qui connaît bien Riel, rédige une liste de demandes avec les leaders cris Big Bear et Poundmaker, ainsi qu’Honoré Jackson et d’autres délégués.

Finalement, le 16 décembre 1884, Louis Riel envoie le texte du comité mixte au gouvernement canadien.

Notons que Riel accepte immédiatement le rôle de chef politique des Métis. Il est persuadé qu’il accomplit ainsi son rôle de prophète et de fondateur d’une nouvelle religion chrétienne. On ne peut d’ailleurs exclure qu’il gagne de l’influence parmi les Métis avec cette position de représentant du Dieu tout-puissant.

Le 11 février 1885, le gouvernement fédéral donne sa réponse et propose de recenser la population du Territoire du Nord-Ouest et de former une commission d’enquête pour étudier les différents problèmes.

Les Métis accueillent mal la nouvelle. Une partie d’entre eux prônent une révolte armée.

Cependant, l’Église, les colons anglophones et une partie des Métis représentés par Charles Nolin rejettent cette voie.

De son côté, Louis Riel soutient les partisans de l’insurrection. Le 19 mars 1885, après avoir déclaré la fondation d’une nouvelle Église et avoir accusé Rome de corruption et d’hérésie, Louis Riel annonce la formation d’un gouvernement provisoire. Riel est nommé chef politique et spirituel du nouveau pays, et Dumont devient son chef militaire.

Même si l’Église romaine catholique condamne la violence et que les Amérindiens Pieds-Noirs assurent qu’ils ne participeront pas à cette révolte, la plupart des Métis se joignent au Gouvernement provisoire et la rébellion du Nord-Ouest commence.

« Chercher quelque chose hors de Dieu, c’est explorer le néant. » (Félicité Robert de Lamennais, prêtre, écrivain, philosophe et homme politique français, né en 1782 et mort en 1854). Illustration : Megan Jorgensen.
« Chercher quelque chose hors de Dieu, c’est explorer le néant. » (Félicité Robert de Lamennais, prêtre, écrivain, philosophe et homme politique français, né en 1782 et mort en 1854). Illustration : Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *