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Annonce de déportation

Annonce de déportation

Le 3 septembre 1755, le lieutenant-colonel John Winslow lit une proclamation aux 300 hommes, convoqués dans l’église Saint-Charles-des-Mines de Grand-Pré, les annonçant la déportation. Remarquez que M. Winslow reconnaît l’injustice et exprime son mécontentement. Toufois, il agit en bon serviteur de la couronne. Nous soulignons quelques tournures qui nous semblent curieuses et même sadiques:

Messieurs,

J’ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence, les instructions du roi. C’est par ses ordres que vous êtes assemblés pour entendre la résolution finale de Sa Majesté concernant les habitants français de cette province de la Nouvelle-Écosse qui, durant un demi-siècle, ont reçu plus d’indulgences que tout autres sujets britanniques du Dominion de sa Majesté. De quel usage vous en avez fait, vous seuls le savez.

Le devoir qui m’incombe, quoique nécessaire, est très désagréable à ma nature et à mon caractère, de même qu’il doit vous être pénible à vous qui avez la même nature.

Mais ce n’est pas à moi de critiquer les ordres que je reçois, mais de m’y conformer.

Je vous communiquer donc, sans hésitation, les ordres et instructions de Sa Majesté, à savoir que toutes… vos terres, vos maisons, votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province.

Les ordres péremptoires de Sa Majesté sont que tous les habitants de ces districts soient déportés, et selon la bonté de Sa Majesté vous permettant la liberté d’apporter tout argent et choses personnelles que vous pourrez transporter sans incommoder les navires sur lesquels vous serez déportés.

Je ferais l’impossible pour assurer la sécurité de vos biens et pour vous protéger contre toute acte de brutalité durant leur transport et que des familles entières soient transportées ensemble sur le même vaisseau. Je suis assuré que malgré votre grand malaise durant cet avènement, nous souhaitons que la partie du monde ou vous serez , vous demeurez des sujets fidèles à sa majesté tout en étant un peuple heureux et paisible.

Je me dois de vous aviser que le plaisir de Sa Majesté désire vous garder en sécurité sous l’inspection et la direction des troupes de soldats que j’ai l’honneur de commander.

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