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New-York, New-York

New-York, New-York

New-York! New-York!

Toujours semblable, jamais tout-à-fait pareil!

On l’aime, on le déteste, il ne laisse pas indifférent!

Tel un caméléon, il nous semble que New-York épouse la couleur de notre humeur!

Qui n’a connu de ces jours « gris » ou maussades, tout là0bas vous ahurit! Trop de monde, trop de bruit, trop de vent ou trop peu… enfin trop de tout!

Par contre, il est de ces matins « roses » où gaiment vous allez à l’aventure, par les rues de New-York qui s’éveille!

Vous souriez, « cheveux au vent, mains dans les poches, » et tout New-York vous sourit!

Qu’elle est joyeuse cette foule! Pour vous, le client des oiseaux domine le tintamarre, un garçon vous salue, que vous ne connaissez pas et vous donne un nom de fleur, que vous n’avez jamais porté! Amusée, vous vous apercevez soudain, qu’un doux pigeon se pose près de vous, fait deux pas, et s’envole!

Contemplons ces « forêts de pierre » qui fièrement se dressent le long des avenues. Arrêtons-nous un moment devant les montres des grands magasins… que de trouvailles de génie, que d’arrangements artistiques pour mettre en valeur, un vêtement, un parfum, un bijou!

Mais, dans cette ville où l’argent ruisselle, que de pauvres! Jamais autant que cette année, je n’ai vu à New-York autant de mendiants. Devant les passants perplexes, une aveugle blonde et grassette, chante, accompagnée seulement par l’orchestre des bruits, tout en tendant la main… plus loin, c’est un noir danseur, qui à sa façon quête sa pitance.

Pauvres et riches se côtoient, mais il est bien difficile parfois d’établir une différence entre ces deux pôles. Il est vraiment révolu ce temps où l’habit marquait l’échelle des classes. De l’ouvrière à la patronne, la mieux vêtue n’est souvent pas celle que l’on pense. À New-York plus que partout ailleurs!

New-York la nuit baigne dans un flot de lumière… New-York inquiétant des quartiers louches où croupit la misère… New-York des riches au luxe inouï… New-York de tous les jours rieur et bon entant!

Tu es l’expression même du Nouveau-Monde, à la recherche de l’inédit de l’unique, du colossal! Géant moderne qui jongle avec des montagnes! Rêve matérialise d’un dieu inconnu.

New-York, tu me plais, m’inquiètes et me fascines tout à la fois!

Pierrette

Texte publié dans le journal Le Canada, le 28 juillet 1954.

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Photo: GrandQuebec.com

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