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Riel : la fin d’un rêve

Riel : la fin d’un rêve

Riel :  la fin d’un rêve

Le procès pour trahison et l’exécution

Après la défaite de la rébellion des Métis, Louis Riel se rend, le 16 mai 1885, à la Police montée et est emprisonné à Batoche, au camp militaire où il passe neuf jours sous la garde du capitaine George Holmes Young.

Le 16 mai 1885, Adolphe-Philippe Caron, ministre de la milice, ordonne que Riel soit envoyé à Winnipeg pour y être jugé, mais ensuite Riel est redirigé sur Regina, la capitale du Territoire du Nord-Ouest, toujours sur ordre de Caron.

Plusieurs historiens sont d’avis que le procès se tient finalement à Regina parce qu’à Winnipeg les membres du jury seraient trop indulgents envers le prévenu. D’autres experts soulignent que le procès a eu lieu sur le territoire où le crime avait eu lieu. Quoi qu’il en soit, pour le gouvernement, le déplacement du procès est une bonne affaire : alors que le droit du Manitoba exige la tenue du procès devant un juge indépendant, la loi territoriale ne requiert que la présence d’un magistrat professionnel, c’est-à-dire, il suffit d’un simple fonctionnaire d’État nommé par le gouvernement fédéral. Un procès au Manitoba aurait requis un jury de 12 hommes et l’assurance du bilinguisme, alors que dans le Territoire du Nord-Ouest, seule la présence de six jurés est demandée, aucune garantie quant à la protection des francophones n’étant prévue.

Le 23 mai 1885, Riel arrive à la prison de Regina, où il est enfermé pendant près de deux mois dans une étroite cellule.

L’inculpation de trahison lui est formellement notifiée le 6 juillet. Le 14, Riel rencontre François-Xavier Lemieux et Charles Fitzpatrick, deux avocats québécois envoyés par l’Association Nationale pour la Défense des Prisonniers Métis, un organisme québécois, ainsi que Thomas Cooke Johnston, avocat ontarien établi à Regina.

Le procès de Louis Riel débute le 28 juillet 1885 et ne dure que cinq jours. L’accusé est inculpé pour six actes de trahison le 20 juillet. Riel plaide non coupable à toutes les accusations, et ses avocats demandent un délai supplémentaire pour acheminer des témoins. Cela leur est accordé, et le procès commence le 28 juillet 1885.

Le 30 juillet, la défense produit cinq témoins à décharge : Dr. François Roy de l’asile psychiatrique de Beauport, Dr. Daniel Clark de l’asile de Toronto, Philippe Garnot, qui fut secrétaire de Riel pendant quelque temps, ainsi que les prêtres Alexis André et Vital Fourmond, qui tous témoignent de la démence de Riel sans pour autant se montrer compréhensifs ou présenter quelque circonstance atténuante.

Riel donne deux longs discours devant la Cour, défendant ses actes et affirmant les droits des Métis. Il rejette d’ailleurs la tentative de ses avocats de le présenter comme mentalement irresponsable.

Le jury le reconnaît coupable le 31 juillet, après seulement une demi-heure de délibérations, mais demande la clémence, mais le juge Richardson, qui préside aux débats, condamne Louis Riel à mort.

Avant l’exécution, Riel se réconcilie avec l’Église catholique, allant jusqu’à choisir le Père André comme conseiller spirituel.

Le gouvernement canadien est inondé de lettres de Québécois catholiques voyant en Riel l’exemple de la minorité francophone opprimée par les anglophones protestants, mais le Premier ministre, Sir John A. Macdonald déclare: Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur.

Finalement, après que plusieurs demandes pour qu’un nouveau procès eut lieu et qu’un appel auprès du Conseil privé de la Reine pour le Canada eut été rejeté, Louis Riel est pendu pour trahison le 16 novembre 1885.

Son corps est transféré chez sa mère, à Saint-Vital, Manitoba, pour y être exposé. Le 12 décembre, Riel est enterré dans le cimetière de la cathédrale Saint-Boniface.

La mort de Riel causera des protestations au Québec, et influencera le débat politique canadien. Au Québec, Honoré Mercier profite du mécontentement pour faire renaître son Parti national, ce dernier gagnant la majorité aux élections provinciales de 1886 aux dépens du Parti conservateur.

L’influence durable de l’héritage politique de Riel sur la politique nationale sera démontrée lorsque le 16 novembre 1994, la députée Suzanne Tremblay du Bloc québécois propose la loi C-228, Loi annulant la condamnation de Louis David Riel.

Aujourd’hui, l’image de Riel a évolué. La plupart des Canadiens le considèrent comme un héros qui s’est levé pour les droits des siens face à la politique raciste du gouvernement, tandis que ceux qui soulignent sa fragilité mentale le considèrent toutefois comme une figure politique d’importance. D’autres soulignent également son côté révolutionnaire.

Une statue de Louis Riel est érigée sur la colline du Parlement d’Ottawa, et deux autres à Winnipeg. L’une des statues de Winnipeg, inaugurée en 1970 en face de l’Assemblée législative du Manitoba, œuvre de l’architecte Étienne Gaboury et du sculpteur Marcien Lemay, dépeignait un Riel nu et torturé, mais elle fut remplacée en 1994 par une création de Miguel Joyal dépeignant un Riel homme d’État.

Plusieurs villages du Manitoba et de la Saskatchewan ont dédié rues, écoles et bâtiments publics à la mémoire de Louis Riel. L’autoroute provinciale 11 reliant Regina et Prince Albert porte le nom de Louis Riel Trail (Sentier Louis Riel).

louis riel

Louis Riel en 1870. Photographe : I. Benneto & Co. Louis Riel Photograph Collection. Référence: PC 107 umanitoba.ca

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