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Famille royale ébranlée

Famille royale ébranlée

La famille royale est ébranlée

Jamais depuis des dizaines, sinon des centaines d’années, on n’avait vu la monarchie britannique plongée dans un tel embarras. Et ainsi menacée par l’incroyable vague d’émotion nationale provoquée par la mort brutale de la princesse Diana. Une lame de fond totalement imprévue au début de la semaine et qui, depuis ce matin, 5 septembre 1977, faisait vaciller et reculer la famille Windsor, la reine Elizabeth en tête.

Le drapeau national qu’on refuse de hisser et de mettre en berne au-dessus de Buckingham pour respecter un protocole figé depuis des siècles. Une famille royale réfugiée très loin au nord de l’Écosse, au château de Balmoral, et qui s’abstient du moindre commentaire ou communiqué officiel sur une tragique disparition qui remue l’Angleterre profonde, et des foules innombrables comme cela ne s’était pas produit de mémoire de l’historien.

Au fil des jours, la mauvaise humeur populaire à l’endroit de cette famille royale « coupée des gens et de la réalité » comme nous le disait mercredi le recteur anglican (et en soutane) de la paroisse Saint James, Donald Reeves, s’est transformé en franche hostilité. À tel point que l’on s’est mis à craindre des manifestations désagréables et brutales, notamment à l’endroit du prince Charles, lors des obsèques de demain matin à Westminster.

À tel point que le nouveau premier ministre travailliste Tony Blair a dû lui-même se porter à la défense de la Couronne, en expliquant que « à leur manière ils (les Windsor) partagent notre grande peine ».

La famille royale, institution irrationnelle mais intouchable de l’inconscient collectif britannique, malgré toutes ses tribulations des 20 dernières années, semblait se rapprocher d’une dangereuse zone de turbulence.

Son de cloche d’une spécialiste de Daily Telegraph (conservateur) : « La reine, mais aussi le prince Charles, appartiennent à une autre époque, celle de la Deuxième Guerre, à une autre Angleterre, celle du devoir, où on cachait ses sentiments. Par son naturel et son humanité, la princesse Diana annonçait une nouvelle monarchie, comme Tony Blair incarne l’Angleterre du tournant du siècle.

Pourquoi, dans quelques années, le prince William, n’incarnerait-il pas, en succédant à sa grand-mère, les vertus annoncées par Diana?

(Article, publié dans La Presse de Montréal le 5 septembre 1997).

lady diana et william

Lady Diana Spencer et son fils William. Photographie : Pudding Wedding Day

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