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Francophonie en Nouvelle-Écosse

Francophonie en Nouvelle-Écosse

La francophonie en Nouvelle-Écosse

La province de la Nouvelle-Écosse constitue la plus importante des trois petites provinces maritimes canadiennes, les deux autres étant l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick.

La population totale de la Nouvelle-Écosse est d’environ 950 mille habitants, dont environ 35 mille Acadiens, soit, moins de 4 % de l’ensemble de la population.

Aujourd’hui, deux tiers des francophones vivent dans le sud de la Nouvelle-Écosse et dans la municipalité régionale d’Halifax (la ville d’Halifax et ses banlieues).

Dans les comtés du sud, notamment dans le comté de Digby, les francophones représentent un tiers de la population. Dans celui de Yarmouth, un résident sur quatre parle le français au sein de sa famille.

Sur l’île du Cap-Breton, les francophones forment 15% de la population dans le comté d’Inverness, et près de 30% dans le comté de Richmond.

Au total, les francophones forment plus de 15% de la population dans 4 comtés sur 18. Cependant, ils ne sont pas très nombreux par rapport à l’ensemble de la population de la province.

La francophonie en Nouvelle-Écosse est essentiellement rurale, bien que plus de 11 mille personnes de langue maternelle française résident dans la région métropolitaine de Halifax et plus d’un millier à Sydney, sur le Cap-Breton.

Certains francophones de la Nouvelle-Écosse sont des descendants des Acadiens qui ont pu revenir dès 1764. En effet, bien que la majorité des déportés soient restés dans les régions où ils avaient été envoyés, une petite portion est revenue en Acadie, mais le portrait linguistique de la colonie avait alors changé radicalement. La présence de dizaines de milliers d’immigrants écossais et irlandais a limité la proportion des francophones dans la région.

Il existe, en Nouvelle-Écosse, certaines controverses dans les relations interethniques que l’on essaie de résoudre.

C’est en Nouvelle-Écosse, par exemple, qu’au début du XXe siècle le gouvernement a accordé des «licences permissives» pour l’enseignement du français. Ces licences étaient attribuées à des personnes qui n’avaient pas de diplômes d’enseignant, aussi la qualité des cours privés et publics était inégale. D’un autre côté, ces licences étaient accordées en raison de la pénurie d’enseignants francophones compétents et cette politique visait à maintenir un certain niveau de français jusqu’à ce que la province puisse recruter ou préparer un nombre suffisant de professeurs. En 1908, on ne comptait qu’un seul inspecteur d’école qui s’exprimait en français pour toute la Nouvelle-Écosse.

En 1988, le perfide Conseil scolaire du Cap-Breton bloque la fondation d’une école française pour les Acadiens. Il a fallu l’intervention de la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse pour reconnaître que les requérants avaient le droit de faire instruire leurs enfants en français, conformément la Charte des droits et libertés. Puis le méchant Conseil scolaire choisit pour cette école un terrain à l’extérieur de la ville de Sydney. Les Acadiens protestent et une nouvelle fois, la Cour leur donne raison. Finalement, en 1991, l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse adopte une loi permettant la création de conseils scolaires francophones, ce qui assure à ces derniers la gestion de leur système scolaire.

En 1994, la province créé le Bureau des services acadiens et de langue française relevant du ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, avec pour mandat d’offrir des programmes et des services éducatifs de qualité en français langue maternelle et langue seconde.

De toute façon, contrairement à la province voisine du Nouveau-Brunswick, l’anglais est la seule langue officielle de la Nouvelle-Écosse. Mais aujourd’hui, un député francophone peut, s’il y tient, s’exprimer en français (il ne sera pas forcément compris par tous les autres députés, étant donné l’absence de système de traduction simultanée).

Dans le domaine judiciaire, il n’est pas possible d’obtenir de procès en français dans les cours civiles. Par contre, dans les cours criminelles les procès peuvent se tenir en français et on compte deux juges bilingues dans la province.

Signalons pour finir que la situation du gaélique, encore parlée par quelques habitants de la province, et de la langue micmac est beaucoup plus dramatique que celle du français.

halifax

Ville de Halifax. Droit d’auteur – copyright © Nadia Fetiska

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