Québec psychologique

Tests de personnalité et psychométriques

Tests de personnalité et psychométriques

Tests de personnalité et tests psychométriques

Tests psychométriques

Le test psychométrique est un outil scientifique utilisé par des psychologues, conseillers d’orientation, des éducateurs, des ergothérapeutes.

Si votre démarche de réorientation s’est transformée en véritable casse-tête, le test psychométrique pourrait vous aider à vous connaître davantage et donner ainsi un nouveau sens à votre cheminement.

Il existe un grand nombre de teste psychométriques de toutes sortes. Certains d’entre eux mesurent vos aptitudes, d’autre essaient de définir votre type de personnalité, votre quotient intellectuel (Q.I.) ou vos champs d’intérêt. Si vous prenez votre temps pour y répondre, cela pourrait indiquer que vous êtes une personne indécise ou peureuse, par exemple.

Il s’agit de poser des questions pour dresser le portrait d’un individu et la durée des tests varie, en général, entre une demi-heure à trois heures. Un test de quotient intellectuel est cependant plus long qu’un test qui sert à déterminer les champs d’intérêts d’une personne, parce que des questions simples de type « tu aimes/tu n’aimes pas » suffisent pour découvrir les préférences de l’individu. Pour connaître son Q.I., il faut mesurer plusieurs aspects : mémoire à court ou long terme, vocabulaire, raisonnement, etc. Certains tests peuvent être chronométrés.

Tous ces tests sont utiles pour déterminer les facettes d’une personnalité, mais il faut les combiner avec une consultation pour bien les comprendre. Enfin, seuls les professionnels seront en mesure d’interpréter les tests correctement.

Les tarifs des tests varient, selon la popularité et le coût de la correction, manuelle ou informatisée. Le montant peut être inclus dans le coût de la consultation avec le conseiller, qui interprète aussi les réponses.

Questionnaires

Contrairement aux tests psychométriques, les questionnaires n’ont pas de valeur scientifique. Ils établissent le profil d’emploi qui doit représenter la personne le mieux. Les questionnaires amènent les gens à réfléchir à leur situation et les personnes doivent juger elles-mêmes si  le résultat correspond ou non.

Pour en apprendre plus sur les tests psychométriques, rendez-vous sur le site Web de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec : orientation.qc.ca

Par ElBa.

Tests de personnalité (ou de caractère)

Le terme de test de personnalité est d’ordinaire réservé aux épreuves permettant d’explorer plus particulièrement les aspects non cognitifs du moi, étant entendu que l’opposition intelligence-caractère, qui est alors impliquée, reste schématique.

Il est classique de diviser les nombreux tests, créés à cette intention, en deux grandes familles, suivant que les perspectives analytiques ou globalistes dominent, opposition qui, remarque Pichot, exprime à certains égards le conflit des psychologies germaniques et anglo-saxones.

1. Les tests analytiques

A) Les tests de caractère

Ils visent à déterminer les principaux aspects de cette manière d’être relativement une et constante, qu’est le caractère d’un individu.

1. Les questionnaires : Ils sont, en général, constitués par une série de questions sur des sentiments ou des comportements, révélateurs de traits de caractère et surtout symptomatiques de troubles psychiques.

Leur but est, en effet, souvent strictement psychiatrique ainsi dans le Persona Data Sheet de Woodworth (1917) qui servit de modèle à la plupart des autres, destinés :

a) Soit à dépister dans une collectivité, comme l’Armée, les inadaptés (Cornell Indices de Mittelman et Brodman, 1946).

b) Soit à orienter vers le diagnostic le plus probable (Minnesota Multiphasic Personnality Inventory de Mac Kiney et Hathway, 1943).

Cependant, l’inventaire de la personnalité de Bernreuter, par exemple (1932), très utilisé, a également une portée psychologique, puisque, s’il aide au dépistage des tendances névrotiques, il permet de coter la « self-suffisance », l’« introversion-extraversion », la « dominance-soumission », ces deux derniers aspects faisant d’ailleurs l’objet de questionnaires classiques, celui de Guilford (Q. I. E., 1934) et celui d’Allport (Q.A.S., 1928).

De nombreux travaux, d’inspiration factorielle, ont été engagés dans ce domaine et par exemple R.R. Cattell, entre autres, a pu proposer le 16 P. F. test qui mesure 16 traits extraits de l’analyse du caractère (1948). Mais, en général, la validation des questionnaires est aprioriste, au mieux empirique. Les résultats valent donc d’abord ce que valent les critères de base et ainsi le Minnesota qui repose sur une nosologie de type kraepelinien a pu être critiqué de ce fait par les psychanalystes. Mais il y a dans ce M.M.P.I., en particulier, tant de garanties statistiques, tant de perfectionnements techniques pour éviter le subjectivisme et la fraude, qu’il n’est plus possible d’admettre l’habituel scepticisme devant la méthode. Pichot précisément a démontré que ce questionnaire était, non certes une machine à poser des diagnostics, mais un instrument au service du clinicien, aussi précieux que les tests projectifs et particulièrement intéressant dans la recherche systématique (1955).

À signaler l’heureuse initiative d’Heuyer et Shentour qui ont mis au point, sur la base du test de Woodworth-Mathews, un Questionnaire en images destiné aux enfants et qui semble appelé à un large développement (1955).

2. Les techniques : Elles consistent également à dégager certains traits définis du caractère, mais en éliminant le témoignage subjectif par le recours à des épreuves, d’ordinaire du type papier-crayon.

Ces tests se sont d’abord multipliés à partir des données de la psychologie implicite et surtout pour mettre en évidence la composante éthique de la personnalité :

a) Soit le jugement, par exemple, dans le test de Kohs (1922), qui comprend divers problèmes moraux à résoudre et dont s’inspire le Tsedek de Baruk (1947).

b) Soit le comportement, ainsi dans les tests d’honnêteté et de coopération de la batterie C.E.I. de Hartshorne et May (1928), ou celle, plus prétentieuse, de Henning (1929).

Si l’on est tenté de retenir, depuis la mise au point de Thurstone, le test Will Temperament de Downey qui semble atteindre quelques caractéristiques fondamentales de la personnalité, reconnaissons que ce épreuves promettent plus qu’elles ne tiennent et en effet, malgré l’ingéniosité des méthodes, elles n’apprennent d’ordinaire pas plus, remarque Wallon, qu’une bonne observation. C’est pourquoi Lagache a pu conseiller une prise de conscience clinique dont le test serait le prétexte, en étudiant la batterie psychotechnique de Carrard, avec le souci d’organiser méthodiquement cette investigation (1943).

Aujourd’hui, pour dépasser cette situation, la recherche s’engage, souvent avec un luxe de précautions statistiques, dans deux directions :

a) Quelquefois, la signification d’épreuves, utilisée classiquement comme tests d’intelligence, a été modifiée. Ainsi :

1. Porteus insiste à nouveau sur l’intérêt de ses labyrinthes comme mesure de l’adaptabilité sociale (1946) ;

2. Zazzo commence l’étude du test de barrage en montrant qu’il conduit à la découverte de types psychopathologiques (1948).

b) D’autre part, des techniques nouvelles sont proposées, basées sur des concepts psychologiques originaux :

1. Lewis, avec Dembo, introduit, à partir de recherches théoriques encore confuses, les intéressants tests de niveau d’aspiration, qui, à l’aide d’un matériel de type des appareils à sous, déterminent l’aspiration d’après les résultats obtenus (1944) ;

2. Cattell, surtout, dans une perspective factorielle, propose entre autres :

– Un test P mesurant un facteur « disposition-rigidité » (1947) qui renseignerait aussi bien sur le type d’intégration de la personnalité que sur les modes d’affectivité ou les intérêts professionnels;

– Un test F, traduit par Chauffard en Bénassy (1948), qui met en évidence un facteur « surgence – désurgence », préféré à l’opposition traditionnelle « introversion-extraversion » où un élément d’inadaptation figurerait.

S’il peut attendre de ces recherches une exploration plus objective et plus complète de la structure de la personnalité, le psychiatre leur reprochera au moins de reposer d’ordinaire sur des conceptions psychologiques qui lui sont, sinon étrangères, du moins difficilement traduisibles dans les termes de la clinique et donc d’être gêné dans la conclusion pratique à tirer des résultats obtenus, obstacle que s’efforce d’ailleurs de lever Eysenck (1953).

II. Les tests d’attitudes et d’intérêts

D’inspiration généralement psychanalytique, ils ont pour but de découvrir les objets d’ « investissement libidinal » de la personne.

Hormis dans le test d’intérêts A 15 de Cattell (1948), qui mesure les connaissances relatives dans différents domaines, la technique utilisée reste le questionnaire direct :

1. Les questionnaires d’attitudes apprécient l’opinion sur divers sujets. Ainsi Thurstone a proposé 34 échelles (1931), qui se rapportent à des problèmes généraux (la peine de mort, le divorce, Dieu) et surtout américains (le nègre, la prohibition)…

Plus intéressant, en psychiatrie infantile du moins, sera l’échelle de Sweet (1929), introduite en France par Chauffard et Bénassy, sous le nom de test M.T.I. (1948), qui détermine les attitudes des enfants et leurs idéaux vis-à-vis de la famille et de l’école;

2. Les questionnaires d’intérêts précisent les valeurs reconnues par l’individu. À côté des questionnaires professionnels qui se sont multipliés depuis le Carnegie Interest Inventory de Freud (1922). Divers questionnaires psychologiques ont été établis, d’ordinaire sur la base de la distinction faite par Spranger des six secteurs d’intérêts : esthétiques, économiques, politiques, religieux, sociaux, théoriques.

Le meilleur exemple de ces inventaires est celui d’Allport et Vernon (1931), prototype de la plupart des test postérieurs, dont celui de Glaser-Maller (1940), et qui, grâce à une présentation en choix multiple, permet d’indiquer le degré atteint dans chacun de ces secteurs.

Il est regrettable que les applications psychiatriques de ces épreuves ne soient encore qu’à leur début, car la valeur révélatrice des intérêts et des attitudes d’un individu est incontestable, sinon toujours dans le diagnostic, du moins dans l’établissement d’une « politique » thérapeutique surtout dans les « cas-frontières ». Cependant, l’outil devra alors être perfectionné, car, remarque Cattell, « la définition de facteurs est ici moins satisfaisante que dans tout autre domaine », sans qu’une garantie de vérification empirique soit toujours donnée, et d’ailleurs les objections précédemment soulevées contre les tests de caractère se retrouvent, évidemment encore plus fortes.

Il faut donc avouer, avec Pichot, qu’«une impression de confusion se dégage de cette revue des tests analytiques de personnalité ». Mais, plutôt que dans l’insuffisance des validations structurales, dont se plaint, la raison n’en est-elle pas précisément dans cette perspective analytique? Il semble que, « par une sorte de modestie professionnelle, signale Boven, les psychologues du laboratoire voient le caractère comme une unité d’un tel ordre de grandeur qu’ils n’osent pas l’envisager tout entière ». Or en retrouvant, sur le plan de la personnalité, la vieille erreur atomistique qui a faussé la recherche dans le domaine de l’intelligence, la psychométrie ne perdait-elle pas encore la possibilité d’atteindre l’essence de la personne? Ainsi s’explique qu’en réaction contre ces vues partielles et abstraites se soit développée avec succès la conception globale qu’appelait Stern.

III. Les tests synthétiques

Si l’on écarte les épreuves de « mise en situation » qui consistent à réaliser les conditions optima d’observation et évidemment peu utilisables en psychiatrie, il s’agit des techniques que Frank, en 1939, proposa de nommer tests projectifs. Leur principe est, dans l’hypothèse suivante, dégagé par Rappaport : « Les manifestations du comportement de l’être humain, au moins les plus significatives, révèlent sa personnalité, c’est-à-dire le principe individuel dont il est le messager. » Ainsi se trouve signalé à l’arrière-plan théorique de leur développement :

a) La psychanalyse, qui a initié à l’interprétation symbolique de la conduite, en particulier dans les actes manqués ;

b) Les psychologies « holistiques » qui, de multiples manières, ont mis en évidence la nécessité d’une approche synthétique du moi.

Les classifications de tests projectifs peuvent être faites selon des points de vue différents. Mais, reconnaissant certes les insuffisances de notre distinction, car toute bonne épreuve – sinon l’intention de l’auteur du moins dans l’application qui en est faite – sert les deux buts, nous avons préféré opposer :

1. Les tests qui renseignent sur l’organisation de la personnalité pour en tracer les lignes fondamentales et éventuellement pour découvrir la nature des troubles qui entravent le déploiement du moi ;

2. Les tests qui éclairent le contenu de ces aspects pathologiques en décelant les facteurs qui sont intervenus pour perturber la psychogenèse de la personne.

A) La structure de la personnalité

Le Psychodiagnostic de Rorschach (1921), qui est incontestablement l’instrument le plus célèbre, consiste en dix planches représentant des taches d’encre, noires ou polychromes présentées dans un ordre déterminé, en demandant au sujet ce qui cela pourrait représenter.

Le trait de génie du psychiatre suisse a été d’avoir découvert que la personnalité se projette bien davantage dans la manière d’appréhender et d’interpréter que dans la signification donnée aux taches. C’est pourquoi, si l’on peut certes accorder, avec Mohr, une attention au symbolisme des réponses, chacune d’entre elles devra, avant tout, être notée selon 3 critères principaux :

1. L’appréhension, où l’on distingue, suivant que l’ensemble ou un détail de la planche est interprété :

– Les réponses globales ;

– Les réponses de détail,

qui se subdivisent en plusieurs sous-groupes.

2. Le déterminant qui permet d’opposer :

– Les réponses formes dans lesquelles l’interprétation dépend de la forme de la tâche ;¸

– Les réponses couleurs où elle est déterminée par la couleur ;

– Les réponses kinesthésiques, en principe, quand le sujet donne une interprétation d’être humain en mouvement, avec, ici encore, particulièrement sous l’influence de l’école américaine, d’autres complexes sous-groupes.

3. Le contenu, qui est réduit d’ordinaire à une vingtaine de catégories, avec subdivisions, par exemple :

– Les interprétations animales ;

– Les interprétations humaines ;

– Les interprétations anatomiques…

Un critère accessoire est alors fourni par le caractère de « banalité » ou d’«originalité des réponses ».

À partir de ces données, pour obtenir un portrait de la personnalité du sujet :

1. Divers rapports sont calculés, dont :

a) Le type de « résonance intime » qui est le rapport de kinesthésies et de réponses-couleur;

b) Le type d’appréhension, indiquant la proportion des modes d’appréhension.

2. Une interprétation générale des résultats est faite, fort délicate, puisqu’elle tient compte :

– Des résultats bruts ;

– Des rapports calculés ;

– Des relations entre les éléments ;

– Enfin, de la présence de certains « signes » particuliers.

Il est donc certain que, malgré les tentatives de Beck ou de Klopper et Kelley, la valeur de l’application de cette épreuve dépend surtout du sens clinique et de l’expérience du testeur, Bohm (1951), auquel Minkowska fait cependant une part trop large dans une technique exagérément impressionniste (1940).

Une méthode scientifique et rigoureuse n’a d’ailleurs pas présidé à l’élaboration du test de Rorschach et c’est sans doute ce qui explique la multiplicité des recherches et des réformes dont l’intérêt n’est pas toujours apparent. La simplification de l’épreuve a été tentée par plusieurs procédés, surtout intéressants dans les applications collectives, par exemple :

– L’inspiration technique de Munroe, qui, par la recherche de signes simples et précis, donne un index d’intégration de la personnalité exprimant le degré de normalité (1945) ;

– La méthode du choix multiple de Harrower-Erikson, où le sujet doit choisi sa réponse parmi un certain nombre d’interprétations d’intégration (1943).

L’intérêt de séries parallèles a inspiré Zulliger qui a présenté un Behn-Rorschach assez connu, tandis que, dans un souci de précision ou de richesse de diagnostic, des variantes ont été décrites, dans la méthode et dans le matériel :

1. Le Rorschach graphique de Rochlin, Lévinne et Grassi, qui font dessiner certaines interprétations pour dégager des déviations dites caractéristiques de certains troubles mentaux (1942);

2. Outre le test des images de nuages, de Stern (1931), sans grand intérêt pratique, le test de perception tridimensionnelle de Twitchell-Allen (1949), et surtout le tautophone de Skinner, où le stimulus est constitué par des sons sans signification, le sujet devant dire quel mot il entend (1939).

Si le Rorschach a largement fait ses preuves en pratique psychiatrique, il n’en est pas de même de trois épreuves qui soulèvent aujourd’hui un intérêt souvent passionné :

1. Le Mosaïc test de Lowenfeld (1943), qui comprend 465 petites plaques de formes, de dimensions et de couleurs différentes que le sujet assembler à sa convenance, consigne modifié par Sanguinetti et Sigurta qui impose le dessin d’une grappe de raisin. L’hypothèse de base, qui a certes une part de vérité, est que la structure de la personnalité se projette dans la structure de la construction qu’elle réalise, mais la facilité aux généralisations abusives et aux analyses superficielles dont tant d’exemples ont été donnés justifie son emploi prudent.

2. Le Minnesota psychodiagnosis de Mira (1940). Il consiste dans une simplification de la graphologie, en faisant porter l’investigation sur des dessins, des figures, des lignes, et son et son principe est qu’à toute disposition mentale correspond une attitude musculaire qui facilite les mouvements par lesquels se réalise cette disposition. Introduite en France par Ombredane, cette méthode, dont les résultats connus sont encore maigres, semble posséder par contre l’avantage de conditions rigoureusement standardisées dans son emploi et son interprétation.

3. Le Triebdiagnostik de Szondi (1941). Son originalité tient, sans doute, moins au matériel – photographies des malades mentaux dont on doit choisir celles qui plaisent et qui déplaisent le plus – qu’aux implications théoriques qui le soutiennent, en particulier la thèse d’un strict déterminisme génétique, représentant, en quelque sorte, « la main cachée du destin ». En réalité, sa valeur clinique est peut-être importante, mais une simplification de la cotation et une clarification des concepts explicatifs seraient nécessaires pour que cette épreuve rencontrât un autre succès que celui de snobisme.

B) Les thèmes de la personnalité

Il faut d’abord rappeler l’épreuve d’association de mots de Jung, qui est en quelque sorte le premier, avant la lettre, des tests projectifs.

Utilisée pour la détection des complexes en vertu du principe psychanalytique que l’activité associative n’est pas libre, la technique originale consistait à présenter au sujet un certain nombre de mots, en lui demandant de répondre, aussi vite que possible, par la première association qui lui venait à l’esprit.

Depuis 1904 cependant, de multiples transformations ont été proposées, surtout :

1. Soit, en admettant, avec Kent et Rosanoff, l’existence de « réponses communes », sans signification personnelle et rares chez les malades mentaux (1910);

2. Soit, en appréciant l’importance de la modification émotive par enregistrement du réflexe psychogalvanique ou, avec Luria, des mouvements synchrones des mains (1932).

Mais une diffusion de plus en plus large est accordée au Thematic Aperception Test de Murray, proposée pour la première fois en 1935. Il comprend, dans sa forme définitive, 20 images qui représentent des scènes très évocatrices, mais assez ambiguës pour permettre des interprétations différentes quand elles sont montrées au sujets avec la consigne de raconter l’histoire qui chacune suggère. Il est, en effet, bien évident qu’un individu ne peut ainsi « imaginer » sans révéler les caractéristiques les plus saillantes de sa personnalité et, en particulier, sans renseigner sur les expériences qui ont eu de l’importance dans sa vie. Toutefois, la cotation et l’interprétation apparaîtront très délicates. Murray et Morgan se contentent donc, comme Rappaport, d’une technique assez impressionniste où l’analyse de chaque histoire est faite à partir de la distinction :

– Du héros, c’est-à-dire du personnage de l’histoire auquel s’identifie le sujet;

– De la press, c’est-à-dire des forces qui agissent sur lui.

Balken et Masserman, Tomkins et, en France, Ombredane ont proposé des méthodes de dépouillement sans doute objectives, mais d’une grande complexité et qui, donc, apparaîtront, le plus souvent, inutiles, car l’interprétation clinique donne, à moins de frais, des résultats aussi précieux et précis.

À signaler les variantes du T.A.T. :

1. Le test de Symonds, destiné surtout aux adolescents où les scènes représentées sont de nature moins traumatisante (1950);

2. Le test de Van Lennep qui a l’avantage, avec 4 planches représentant des situations générales, d’une application plus rapide (1941);

3. Le M.A.P.S. (Make a Picture Story Test) de Schneidman comprend 61 personnages en carton que le sujet doit disposer sur une scène de théâtre miniature pour lequel il a le choix entre plusieurs toiles de fond, avec consigne d’imaginer une histoire à partir de la scène composée (1947).

À rapprocher de ces techniques, le test de Rozenzweig qui consiste en une série de dessins représentant des personnages en situation de frustration, le sujet devant indiquer la réponse qu’il ferait. Avec une cotation précise, cette épreuve permet de fixer la réactivité aux frustrations dans son sens et dans son intensité (1945).

La plupart des tests projectifs peuvent être appliqués aux enfants ou comportent une version particulière. Ainsi le C.A.T. de Bellak donne les images d’animaux et non d’êtres humains comme dans le T.A.T. Mais en pratique infantile, avant que l’on parlât de techniques projectives, diverses épreuves avaient été décrites, sous l’influence des psychanalystes, dans un but autant thérapeutique que diagnostique et dont la valeur a quelque fois été vérifiée. Nous retiendrons :

1. Méthode de jeu : Au jeu libre est préféré d’ordinaire un jeu contrôlé en particulier avec les Guignols de Rambert, que l’enfant anime de ses sentiments inconscients (1938). Signalons, à ce propos, l’intéressant test du Village d’Arthus, d’ailleurs utilisé également pour les adultes, qui consiste à construire un village à partir de divers éléments fournis (1944).

2. Méthode du dessin : Il faut citer, entre autres, outre les indications de Traube, sur l’interprétation des dessins libres (1937), le dessin de la famille que s’attribuent divers auteurs et surtout le H.T.P. de Buck (1941), qui consiste à demander de dessiner la maison, l’arbre la personne et ensuite à interroger, selon un questionnaire assez précis.

3. Méthode des histoires : Avec celle de Potter et Despert (1936), deux techniques suisses sont importantes, qui visent au dépistage des complexes et des conflits affectifs :

– Celle de Thomas qui comprend 24 histoires dont l’enfant doit donner la conclusion (1937);

– Celle de Duss, en réalité une variante de la précédente, où chacune des fables est centrée sur la détection d’un ensemble complexuel (1940).

L’attitude devant ces techniques projectives manque d’ordinaire de mesure. Un certain scepticisme es classique dans les milieux formés à la discipline psychométrique, car la validité de ces tests, malgré les tentatives, n’a pu être prouvée statistiquement, et ainsi Cattel y voit « un mélange d’intentions mal définies ». Tandis qu’Eysenck compare leurs adeptes à Tartarin de Tarascon (1955). Pourtant en pratique psychiatrique où « il faut de l’intuition et non seulement des calculs », réplique Bleuler, leur utilisation rend d’incontestables services, du moins lorsque sont employées des méthodes qui ont fait leurs preuves et non le dernier-né d’une famille déjà trop prolifique.

Conclusion. – Il faut d’ailleurs conclure avec Lagache que « L’étude d’une personnalité est une tâche théoriquement infinie et inachevable. Aucun test, aucune batterie de test qui puisse donner une connaissance adéquate de la personnalité dans sa multiplicité et son unité : ce ne sont que des sondages plus ou moins nombreux, ordonnés et profonds. Dans l’état actuel de nos connaissances, le problème appartient donc à la « clinique armée » dont le recours à des tests judicieusement choisis, maniés, interprétés, accroît la rapidité, la pénétration et multiplie les systèmes de référence.

H. Luccioni.

test psychométrique

« Les tests d’intelligence mesurent-ils réellement l’intelligence ? Ou bien l’aptitude à passer des tests ? » (David Cohen, historien et papyrologue, né en 1882 et décédé en 1967). Image : © Megan Jorgensen.

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