L’itinérance au Québec
Au Québec, le terme «itinérant» désigne les reclus de la société, vêtus de loques, quêtant quelques sous pour se payer un frugal repas. On les confond bien souvent avec les sans-abri et les clochards (la différence est subtile, mais elle existe, parce que l’itinérant est plutôt un nomade qui ne reste pas dans une ville, mais qui se déplace de région en région). Les personnes itinérantes sont extrêmement pauvres, elles vivent dans une ambiance d’instabilité, sans faire de projets à long terme, sans ressources.
Plusieurs facteurs mènent à l’itinérance. La pauvreté et un revenu inadéquat pour payer son logement, le stress suite à la perte d’un emploi, les conflits familiaux, l’abus de substances psychoactives, la toxicomanie, l’impossibilité de gérer ses propres affaires (admettons que s’orienter dans la société moderne est parfois une tâche difficile, voire impossible pour certaines personnes). D’autres fois, la maladie mentale peut être responsable de cette situation.
Parfois encore, l’itinérance est un mode de vie choisi par la personne consciemment (ces cas où on choisi de «vivre en liberté» sans dépendre de la « société de consommation» sont néanmoins extrêmement rares et c’est plutôt une justification a posteriori de la part de certains itinérants). Il est pourtant vrai que plusieurs itinérants proviennent de milieux aisés, mais c’est plutôt les aléas de la vie qui les ont lancé dans l’itinérance.
Il semble que les autochtones sont surreprésentés chez les itinérants, au moins c’est ce que démontrent les résultats de recherches au Canada anglais (à Vancouver, les autochtones représentent 2% de la population totale et 30% des itinérants).
Quant à la santé, les itinérants sont particulièrement vulnérables et souvent victimes de nombreuses maladies. Les troubles mentaux, qui peuvent aussi être la conséquence d’abus d’alcool et de drogues, sont vraiment répandus chez les itinérants: plus de 50% des itinérants admis dans les hôpitaux sont diagnostiqués comme ayant de graves problèmes de santé mentale. Quant au reste de la population, 5% présentent les même signes.
Personne ne peut dire exactement combien il y a d’itinérants au Québec. Certains parlent de 3 mille, d’autres de 10 mille et d’autres encore avancent un chiffre de 30 mille itinérants (les dernières données ont été publiées par le Réseau solidarité itinérance du Québec, mais ce chiffre regroupe peut-être toutes les catégories, soit les sans-abri, les clochards, les jeunes qui ont décidé de passer quelques temps hors de leur foyer, etc.).
Lors du recensement de 2001, on a dénombré environ 1800 itinérants à Montréal, dans la ville de Québec, il y en avait plus de 250, tandis qu’à Sherbrooke, on en a recensé plus de 150 et à Trois-Rivières, seulement 10. Cependant, ces données sont basées sur le nombre d’itinérants qui fréquentent les refuges pour les sans-abri et d’autres institutions de bienfaisance. Combien d’itinérants sont-ils restés hors des statistiques, personne ne le sait parce qu’il s’agit d’une strate de la population difficile, voir impossible à cerner. Au Québec, après Montréal, la région où l’itinérance est la plus présente est la Montérégie, deuxième région la plus peuplée du Québec, une région prospère en plein développement qui attire peut-être aussi les itinérants du fait de la proximité de la métropole.
Au Québec, des centaines de services et d’organismes sont en contact permanent avec les personnes itinérantes et plusieurs de ces organismes sont entièrement destinés à l’aide aux itinérants. Le nombre de ces institutions est-il suffisant pour combler les besoins ? La plus grande partie des sociologues sont d’avis que ce n’est pas le nombre d’organismes qui est insuffisant, mais la structure et la qualité des services offerts. On devrait plutôt inciter la personne à aller chercher les ressources permanentes qui lui sont nécessaires, à lui assurer une formation, à l’aider psychologiquement à surmonter cette étape, à trouver un sens à sa vie…
En tout cas, personne n’est à l’abri d’un épisode d’itinérance. Personne ne peut être assuré contre l’éventualité d’une crise familiale ou d’une perte d’emploi qui paraissait impossible, ou d’un échec inattendu à l’école. Chacun de ces éléments peut agir comme un élément déclencheur. L’itinérance ne dure souvent qu’un temps. Elle se vit par cycle, de façon sporadique.
Remarquons aussi qu’une étude du centre d’hébergement la Maison Lauberivière, situé à Québec, a révélé en 2006 qu’il en coûte deux fois plus cher de laisser un sans-abri à lui-même que de l’aider. Ces données ont été dévoilées grâce aux recherches menées par l’anthropologue Karina Côté qui a fait des comparaisons entre les coûts des différents services qui jalonnent le parcours des itinérants et les coûts des services qui ont permis à certains de s’en sortir grâce à l’aide d’un organisme et d’un logement communautaire. Alors, le discours qui veut que «les services sociaux ne sont qu’une dépense inutile qui coûte trop cher à l’État» est faux, car il nous coûte plus cher d’entretenir les services de police, le système judiciaire et les hôpitaux pour les personnes qui, avec notre aide, pourraient retourner à une vie stable.



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Bonjour !
Dommage que l’article ne soit pas signé. J’aurais aimé m’adresser à la personne qui l’a écrit directement. Il est important de faire attention aux jugements de valeur, car, dans son article, Mme ou M. X en a lancé plusieurs qui m’ont fait grincer des dents. Je tiens à souligner qu’un itinérant, selon la définition des Nations Unies, est “quelqu’un répondant aux deux critères suivants : (1) il n’a pas de domicile et vit dehors ou dansun refuge d’urgence pour itinérant; (2) il habite un logement ne répondant pas aux normes de base des Nations Unies, c’est-à-dire un logement qui n’offre pas de protection contre les éléments ni aucun accès à de l’eau potable et à des toilettes et lavabos, dont le prix n’est pas abordable, qui ne garantit pas la sécurité personnelle et la stabilité d’occupation et ne procure aucun accès à l’emploi, aux études et aux soins de santé.”
Je tiens aussi à préciser qu’un itinérant n’est pas nécessairement vêtu de loques, qu’il ne quête pas nécessairement d’argent sur la rue, qu’il fait peut-être des projets à long terme (tout le monde a des aspirations), qu’il ne se déplace pas nécessairement de région en région, et ainsi de suite.
J’ai aussi une question, d’où vient cette information qui dit que “50% des itinérants admis dans les hôpitaux sont diagnostiqués comme ayant de graves problèmes de santé mentale” ? J’aimerais bien le savoir.
Je ne m’attarderai pas plus. Merci de m’avoir lue. Au plaisir de recevoir un feedback pour mon commentaire.
Laurianne Dufour
Étudiante, techniques de travail social
Stagiaire au Café-Jeunesse de Chicoutimi
Cégep de Jonquière
L’homme derrière le vagabond…
Par Daniel Deslauriers
Fou ou génie? Une chose est sûre : ce vagabondpoète
ne laisse
personne indifférent. Son parcours de vie est à l’image des routes
qu’il arpente jour et nuit : tortueux et imprévisible.
Originaire de La Tuque, il a grandi à quelques rues du grand Félix
Leclerc. « Mon père a été le premier, au Canada, à ouvrir une station
de télévision communautaire dans les années ‘60 », explique cet
ermite des routes. L’expérience a mal tourné. Ruiné et sans le sou, il
confie son fils aux frères du Collège Jean de Brébeuf à Montréal.
« Je peux me vanter d’avoir été le seul pauvre à étudier dans ce
collège en échange d’un peu de travail », ditil
avec un grand rire.
Plus tard, il enseignera la philosophie au Conservatoire de musique
de Montréal avant de se consacrer corps et âme à la musique. Il
fonde le groupe Les Contretemps, puis ouvre la boîte Les Deux
Pierrot dans le VieuxMontréal
et chante un peu partout dans le
monde (Afrique, Allemagne, France et Japon). « Je n’ai jamais
manqué de travail », précise Pierre Rochette avec une certaine fierté.
Libre comme l’air
Mais, l’appel de la liberté le tenaille sans cesse. Et puis, à l’aube de
ses 50 ans, en plein spectacle et au beau milieu d’une chanson de
Jacques Brel, il quitte la petite scène de l’Auberge La Calèche à
SainteAgathedesMonts
en disant :
Tabarnack,
laissezmoi
partir!
« Il nous restait encore trois ans de contrat », explique l’imprévisible
Pierrot. « Je ne suis jamais remonté sur scène. »
Son partenaire de scène, Denis Lamarre, ne lui en veut pas.
Ensemble, ils ont fait plus de 3 000 spectacles au Québec et chanté
devant plus d’un million de spectateurs pendant les 18 ans de leur
association. « Pierrot est un homme sans attaches », ditil.
« Il a
toujours insisté pour serrer la main de tous les spectateurs présents.
C’est un homme généreux, tourné vers les autres, mais qui veut
rester libre dans toutes les facettes de sa vie. »
Il donne ensuite sa maison, ferme ses comptes de banque et
distribue tout son argent. Il laisse derrière lui ses trois enfants, issus
de trois unions différentes, et bon nombre d’amis dans son village
d’adoption, ValDavid,
où il a été conseiller municipal avant de faire la
chasse aux gourous (Médecins du Ciel) dans une saga qui a
alimenté les médias pendant plusieurs mois en 1995.
Assoiffé de connaissances
« J’ai quitté la maison en laissant la porte ouverte avec, comme
seules possessions, les vêtements que je portais et ma vieille guitare
Yamaha. »
Il s’enferme ensuite, sept jours sur sept, dans une bibliothèque de
Victoriaville pour « raffiner sa culture générale » et « trouver sa place
dans la littérature mondiale. » Assoiffé de connaissances, il lit
régulièrement une dizaine de livres en même temps en commençant
toujours par la fin. Avec une maîtrise sur le rire en poche, il prépare
maintenant un doctorat en intelligence collective.
Le squatter, qui sommeille en lui, s’installe ensuite au soussol
d’une
librairie alternative de cette ville. Entouré de livres, il dort sur une
table. Il termine alors l’écriture du premier tome (Monsieur 2.7K) de
sa trilogie. Son oeuvre compte plus de 3 000 pages. Depuis quelques
jours, ce premier tome est disponible gratuitement sur le web à
l’adresse qui apparaît plus bas.
« Je suis un homme choyé. J’ai eu de bons parents et de bons
partenaires de spectacle. Il insiste pour parler de son partenaire
actuel, Michel Woodard, un vieil ami chansonnier qu’il a retrouvé
après 35 ans de silence. Avec lui et sa conjointe Marlene Hall, ils ont
décidé de réseauter tous les « rêveurs équitables » de la planète et
organisent, de façon ponctuelle, des rencontres avec le public. Un
site internet a été créé dans cette foulée (
www.reveursequitables.com).
merciii
*Dimanche 19 décembre, 5 à 7 (film à 18h)
Québec, Le Cercle, 228 St-Joseph Est
Réservation: 514 750-3103
*Le film est d’une durée de 45 minutes et sera suivi d’une discussion avec les coréalisatrices.
Coût: 10$
Réservation nécessaire
Pour une rencontre surprenante, une réflexion sur la vie et une soirée différente, venez en grand nombre!!!
Pierre Rochette : l’ermite des routes allume les coeurs
Par Daniel Deslauriers
Depuis trois ans, Pierre Rochette pourchasse les rêveurs partout où il
passe.
« Je suis comme l’allumeur de réverbères du Petit Prince », ditil.
«
J’allume la flamme enfouie dans le coeur des gens que je rencontre
en les incitant à vivre leur rêve. Je vais là où il y a des rêveurs.
Chaque fois que je rencontre quelqu’un, je lui demande : connaistu
quelque part un grand rêveur? »
Pour cet homme à l’allure singulière, chaque humain possède en lui
une petite bougie qui mérite d’être allumée et nourrie. Par peur ou
par conformisme bien souvent, les gens passent à côté
d’expériences merveilleuses, selon lui. « Je suis assoiffé de
contribuer à une nouvelle vision : un pays « oeuvre d’art » où chaque
citoyen, en rêveur équitable, prend soin de la vie privée de l’autre
sans intérêt personnel caché. Imaginez la fête quand toutes ces
chandelles illumineront le pays. »
Tournant décisif
Il n’a fallu qu’un seul regard, un simple sourire, pour le convaincre de
tout abandonner encore une fois et de prendre la route.
« Complètement édentée, c’est probablement l’une des femmes les
plus laides que j’ai rencontrées, mais il y avait plus d’amour dans ce
regard que dans tout ce que j’avais pu écrire. » De là est née l’idée
de faire le tour du Québec à pied pour écouter les gens et les aider à
réaliser leur rêve.
Avec son bâton de pèlerin, sa vieille guitare et son sac à dos, le vieil
homme à la barbe blanche a traversé le Québec plusieurs fois. Il a
dormi sous des ponts, dans des fossés et sur des congélateurs. Il
mange quand il le peut sans demander quoi que ce soit. « Je me
nourris de toutes ces rencontres avec ces milliers de gens qui
partagent leur histoire avec moi », ditil.
« Un jour, j’ai rencontré un homme qui sautillait sur place et agitait les
bras comme un fou. Je lui ai demandé pourquoi il bougeait sans arrêt
et quel était son rêve. Il m’a répondu : je veux faire un métier qui va
me permettre de bouger sans cesse. Je l’ai croisé à nouveau sur ma
route, peu de temps après, il était devenu éboueur. Quel beau métier
pour cet homme qui avait un rêve. »
Documentaire
Cette aventure a inspiré la production d’un documentaire de 50
minutes (voir démo au www.enracontantpierrot.blogspot.com). Avec
des moyens de fortune, deux jeunes finissantes en journalisme de
l’Université de Montréal, Véronique Leduc et Geneviève VézinaMontplaisir,
l’ont suivi sur la route pendant deux ans. « Je l’ai
rencontré par hasard en octobre 2007.
Il avait dormi sur la galerie de la salle de spectacle de mon copain à
Lavaltrie », explique Véronique Leduc. Au début, je l’ai trouvé bizarre.
On a jasé un peu, puis il a sorti sa guitare. J’ai été captivé par son
histoire et l’idée d’un documentaire a germé tout de suite. »
« Bien sûr, Pierrot ne fait pas l’unanimité auprès de tout le monde »,
explique Véronique. « Son choix de vie, c’est un peu égoïste dans un
sens, mais, en même temps, il est tellement tourné vers les autres.
C’est un personnage très attachant. »
Présenté en avantpremière
au théâtre Le Patriote de SainteAgathedesMonts
le 30 octobre, Pierrot : Le dernier homme libre s’amène au
Café Qui fait quoi du 3428, rue StDenis,
à Montréal le 4 décembre à
20 heures (entrée 10$).
« À 61 ans, je suis hanté par le succès de ces filles. En même temps,
je suis complètement déstabilisé parce que le film porte sur moi. J’ai
besoin que la salle soit pleine, pour elles, mais j’aimerais aussi
m’enfouir 10 pieds sous terre, par trop de fragilité. »
Au service des autres
Son aventure lui a inspiré plus d’une centaine de chansons depuis le
début de son vagabondage. « Je me suis inspiré de la vie de tous
ces gens que j’ai rencontrés au fil de mon voyage. »
Pierrot le vagabond est formel : la souffrance est nécessaire pour
remplir son coffre à outils. Plus on souffre et plus notre coffre à outils
s’enrichit.
« C’est aussi le message que je veux transmettre. En fait, si j’ai une
seule crainte, c’est celle de ne pas avoir assez servi. Je ne suis pas
libre parce que je travaille. Dans les épreuves comme dans
l’abondance, il faut s’occuper du rêve des autres. »
Et puis d’un seul trait, après deux heures d’entrevue, Pierrot range sa
guitare et ses souvenirs. « Je dois reprendre la route », ditil
sans
prévenir. « Il y a d’autres rêveurs qui attendent… »
Vignette (Photo Pierre Rochette 1 ou 2)
Pierrot le vagabond arpente les routes du Québec depuis plus de
trois ans.
Pour le commentaire de Pierrot Rochette :
Pierre Rochette, vagabond céleste, Pierrot la lune Pierrot l’ermite des routes et j’en passe…
“SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” mon œil!
Peu de gens savent que l’idée de marcher le Québec lui vient de l’auteur Ubald Picard de Victoriaville et que ” Rêveur Équitable” lui a été inspiré par les recherches philosophiques de Gérard Cadieux décrites dans le livre ” Le prince a réussi” Édition originale février 2008. Deux rêveurs que Pierre Rochette a vampirisés. Sans un vrai rêveur près de lui Pierre Rochette n’est que l’ombre de lui-même. Serez-vous le prochain rêveur à tomber dans ses griffes?
“SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” Mon oeil!
Gérard Cadieux
La pire chose qui peut arriver à un philosophe c’est :
Qu’un professeur de philosophie médiocre (Pierre Rochette) dénature sa philosophie sur le rêve pour se partir une « gagne ».
Je ne pensais pas vivre cela de mon vivant!
Pierre Rochette a bénéficié d’un accès privilégié à mon processus de création. Il aurait pu faire le choix de faire le bien, en le fessant bien! Il a plutôt choisi la facilité de la tricherie malgré les enseignements que je lui ai donnés.
Moi, Gérard Cadieux créateur de la philosophie du Wow et auteur du livre ” Le Prince a réussi” tiens à me dissocier des activités de “Rêveur équitable” et de ses exploitants.
Le tout étant fait sans mon consentement.
Puisse le fatum rattraper les tricheurs et tenir loin de vous les tueurs de rêves! Wow-T=G3 (wow moins la tricherie égale le génie au cube)
Gérard Cadieux
Créateur de la philosophie du Wow décrite da le livre “Le prince a réussi”