Québec psychologique

Euphorie

Euphorie

Euphorie en psychologie

Disposition de l’humeur vers l’optimisme et la joie empreignant le comportement du sujet. Il y a une euphorie que l’on pourrait dire normale, celle qui donne un équilibre mental heureux et la sérénité de la conscience s’allant à une cénesthésie et à une vie organique en parfait état de fonctionnement (état hygide des anciens).

L’euphorie peut être légère et discrète ou, au contraire, expansive et bruyante ; elle peut constituer un état continu et permanent ou n’être que permanente et intermittente. Par tempérament, certains individus sont euphoriques et optimistes ; ils se recrutent surtout dans le type piquenique de Kretschmer ; quelques hypomanes constitutionnels, par ailleurs bien doués, alliant l’euphorie à une certaine hyperactivité sociale, peuvent être rangés dans cette catégorie. Mais l’euphorie peut coexister avec l’insuffisance intellectuelle ; c’est le cas de l’euphorie niaise de certains débiles mentaux.

Accidentelle ou acquise, l’euphorie peut prendre un caractère morbide : euphories toxiques recherchées par certains toxicomanes (opium, chanvre etc.) ; euphorie qui marque le début de certaines ivresses (alcool, éther) et qui se transforme vite en un désordre de l’esprit.

L’euphorie accompagne le plus souvent l’accès maniaque dans sa forme expansive. Avec les idées de satisfaction et de grandeur souvent énormes et absurdes, elle est un signe fréquent et révélateur de la paralysie générale.

Certaines euphories sont vraiment discordantes et contrastent avec la misère ou la déchéance physique et mentale sur lesquelles elles reposent. Tel est le cas de l’euphorie vraiment extraordinaire de certains tuberculeux à la dernière période de leur maladie.

On la rencontre volontiers dans certaines formes de démence sénile, particulièrement, dans la presbyophrénie.

Ant. Porot.

Fond mental

On emploie couramment l’expression de fond mental pour caractériser certains aspects du psychisme sous-jacents à une manifestation pathologique.

Ce fond est considéré comme un terrain (Delams) et l’on parle d’un délire éclos sur un fond débilitaire ; tantôt il s’apparente à un niveau de dissolution (fond mélancolique, schizophrénique, démentiel) ; tantôt il désigne une structure (fond paranoïaque) où un élément symptomatique lié à la constitution (fond mythomaniaque) ou à une dominante sémiotique (fond d’anxiété ou d’euphorie).

Minkowski donne une image de cette notion globale et plus intuitive que définissable di fond mental en comparant sa signification à celle du « fond de toile » d’un tableau, à l’atmosphère d’une scène ou d’un paysage.

D’autres auteurs (Guiraud), considèrent plutôt « la valeur des grandes fonctions psychiques » dont est faite la personnalité, évoquent le fonds mental comme la somme des disponibilités psychiques de l’individu. En ce sens, on peut parler de l’altération ou de l’intégrité du fonds mental, parallèlement au délire, aux préoccupations, à la dépression affective, etc.

On peut dire aussi d’un fonds qu’il est débilitaire, pervers, etc.

Il semble que les deux termes, relatifs à des objets sensiblement distincts, méritent d’être conservés concurremment avec leurs nuances propres et leurs orthographes différents.

Ch. Bardenat.

Fond mental

La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n’a rien à voir avec l’euphorie, l’optimisme ou l’enthousiasme. Elle n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables. La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors — une chose de rien, circulante, aérienne, volante. (Christian Bobin, écrivain français, né en 1951, La Plus que vive, éditions Gallimard, 1996). Le fond ou le fonds mental comme la somme des disponibilités psychiques de l’individu. Image : © Megan Jorgensen.

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