Québec psychologique

Émotivité

Émotivité

Émotivité en psychologie

Définition : L’émotivité désigne cette propriété fondamentale qu’a l’individu de réagir – réactions psychiques et somatiques – à des excitations physiques ou à des modifications de la situation organique ou psychique. Elle est donc l’un des aspects fondamentaux de l’affectivité, mais :

  • L’aspect le plus élémentaire,
  • Limité exclusivement aux réactions suscitées par des modifications brusques et immédiates de la situation du sujet,
  • Embrassant non seulement les manifestations psychiques de ces réactions, mais aussi leur concomitant somatique, neurovégétatif et expressif.

–La réaction émotive. – Elle comporte, en effet, un phénomène psychique spécifique et inanalysable qu’on appelle l’affect et un ensemble de phénomènes végétatifs (cardiaques, vaso-moteurs, endocriniens, sécrétoires, pilo-moteurs) et toniques (spasmes, relâchements, tremblements), particulièrement différenciés au niveau de la musculature faciale, linguale, pharyngo-laryngée et respiratoire, qui concourent à son expression. Le centre de cette activité nerveuse est la région opto-striée. Selon la forme de cette expression et son contenu affectif, on distingue 4 modes principaux de réactions : le plaisir, la tristesse, la colère et la peur.

– Hyperémotivité. – Il faut, pour établir une limite entre le normal et le pathologique, distinguer les réactions adéquates, proportionnées et adaptés à l’excitation, et les réactions diffuses, inadéquates, dépassant en intensité, en durée ou en étendue les nécessités que l’excitation requiert pour l’action.

Dans l’hyperémotivité dont Dupré a donné une étude très complète en 1915, toutes les réactions sont excessives : tachycardie, rougeur ou pâleur, sudation, polyurie, spasmes coliques, spasmes faciaux et respiratoires du rire et du pleurer, etc. A l’état habituel, on décèle chez l’hyperémotif une hyperexcitabilité de toutes les voies de la réaction émotive et, en outre, tout un cortège de petits signes : tremblement, papillottement des paupières, voix saccadée, regard instable, gestes vifs et maladroits, bref un tableau d’hyperesthésie, d’inadaptation et d’instabilité motrices.

L’hyperémotivité peut exister dès la naissance, comme une disposition constitutionnelle : constitution émotive. Elle fait d’ailleurs le lit de constitutions plus complexes : obsessionnel, anxieuse, hypocondriaque. Elle peut être occasionnée par des chocs affectifs, des ébranlements nerveux graves (commotions cérébrales, lésions des nerfs périphériques), des fléchissements de l’état général (asthénies post-infectieuses, inanition, fatigue), des intoxications (alcool, café), des modifications humorales (menstruation, puberté, ménopause, Basedow).

– Accidents paroxystiques. – Des excitations ou des chocs particulièrement intenses peuvent déclencher des réactions émotives suraiguës :

  • Sidération : inhibition généralisée, stupeur ;
  • Ivresse émotionnelle : forme de confusion mentale avec désorientation et incohérence ;
  • Désarroi : « perdre le nord », anxiété au premier plan ;
  • Crise émotive : contingent important des « crises de nerfs ». C’est une crise sincère, souvent honteuse (le malade cherche à se cacher), avec décharges motrices diffuses et désordonnées, cries, larmes, polyurie, etc.

A côté de ces grands paroxysmes, il y a des formes mineures et localisées de l’hyperémotivité aiguë : bégaiement, aphonie, asthme, tremblement, faux angor, impuissance sexuelle, etc., et des formes plus coordonnées : colère agressive, fuite. On voit l’importance médico-légale, surtout en médecine militaire, de toutes ces manifestations.

– Thérapeutique. – Les médicaments les plus appropriés sont les barbituriques à petites doses réfractées (5 à 10 cg de gardénal par jour), associés à des sédatifs végétaux : valériane, belladone, jusquiame, saule, crataegus, passiflore, ballote. Le calcium est, en même temps qu’un calmant, un stabilisant de l’équilibre humoral.

La psychothérapie, la détente, le repos, un règlement d’hygiène psychique bien approprié fournissent à l’émotif des possibilités de maîtrise et d’équilibre trop souvent négligées.

Th. Kammerer

Émotivité

Je vois très bien ce que vous voulez dire. Image : Émotivité par © Megan Jorgensen.

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