Québec psychologique

Écriture

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L’écriture est un geste très hautement différencie qui vise à traduire la pensée par le trait, dans un système de signes conventionnels accessibles à la vue.

Son acquisition suppose donc, d’une part un niveau mental suffisant pour saisir qu’à toute parole répond un symbole graphique (âge mental de 3 à 5 ans) et, d’autre part, un développement pratique assez différencié pour réaliser les gestes fins nécessaires à la production des lettres. Elle suppose un long apprentissage au cours duquel l’enfant acquiert peu à peu les fonctions practognosiques nécessaires (orientation droite-gauche, haut-bas, etc.) Au début, on constate l’inorganisation des données spatiales, l’identification seulement partielle des formes qui lui sont proposées au mépris de certaines coordonnées relatives (inversions, écriture en miroir, condensations, amputations).

Peu à peu l’écriture devient un mécanisme de plus en plus automatique, susceptible de traduire immédiatement la parole et le langage intérieur. Mais sa forme reste encore aussi fidèle que possible à la calligraphie qui lui a servi de modèle.

Ce n’est qu’à la prépuberté qu’elle se remanie : après une période dysharmonieuse qui traduit la crise de la personnalité, apparaît un type plus personnel d’écriture, plus dégagé des formes apprises.

Écriture et psychopathologie :

1) La fonction de l’écriture peut être atteinte quand sont perturbés soit les mécanismes du langage, soit les praxies et gnosies optico-spatiales qui la conditionnent : il en résulte des formes très diverses d’agraphie.

2) Dans certains états de désintégration (confusionnels ou démentiels à leur débuts) ou de retard de développement, l’écriture peut revêtir des aspects proches de ceux qu’on trouve dans les stades initiaux de l’enfance : écriture en miroir, répétitions, oublis de lettres, déformations. Ces formes sont très voisines de la paragraphie.

3) Dans les psychopathies, l’écriture est parfois la manifestation fidèle et comme l’enregistrement du trouble psychique. Chez les schizophrènes en particulier, elle traduit le maniérisme, (boucles, surcharges, décorations), l’affectation (calligraphie minutieuse), la stéréotypie (répétition indéfinie de syllabes ou de mots), l’hermétisme (signes cabalistiques, ponctuations symboliques, etc.). La disposition du texte est souvent désordonnée et fantaisiste et traduit la dissociation (lignes entrecroisées, en cercles ou avec des cercles, annotations aberrantes, surcharges brusques, modification du type des caractères employés).

Certains auteurs (Lévy-Valensi, Migault et Lacan) ont donné le nom de schizographie à une incohérence graphique correspondant à la schizophasie dont elle peut d’ailleurs rester tout à fait indépendante.

4) Signalons aussi l’écriture automatique qui a pour caractère propre d’être produite sans l’initiative ni le contrôle volontaires, soit dans des états seconds, soit dans l’état de rêverie où le relâchement de l’attention laisse libre cours aux associations. Elle n’est que l’expression de la pensée subconsciente).

Mentionnons enfin la graphorrée des maniaques, de certains délirants.

Les écrits des aliénés ont fait l’objet de nombreuses études. Citons en particulier : Rogues de Fursac : Les écrits des aliénés, Rudolph Koester : Diee Schrift bei Gesiteskranken, les ouvrages de Max Pulver, de Streletski, la thèse de Barillot.

Th. Kammerer

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« Toute écriture est politique puisque toute écriture est une vision du monde. » (Marie Darrieussecq, écrivaine française). Photo : GrandQuebec.com

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