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Blériot traverse la Manche

Blériot traverse la Manche

Il est maître de l’espace

Louis Blériot, le célèbre aviateur français, traverse la Manche en aéroplane à une altitude moyenne de 250 pieds, en moins de 30 minutes

Douvres – Hier matin (25 juillet 1909), ce petit port a éprouvé une émotion vive, alors qu’une machine ressemblant à un oiseau aux ailles blanches, est sortie du brouillard, a fait deux fois le tour des falaises de Douvres, puis a atterri sur le sol anglais.

Un Français à l’air calme, Louis Blériot, un homme de trente-cinq ans aux moustaches rousses, descendit de la sellette, boitant un peu, un de ses pieds ayant été brûlé dans un vol précédent. Deux de ses compatriotes, qui avaient agité un grand drapeau tricolore, pour lui indiquer l’endroit où atterrir, se précipitèrent sur lui, l’embrassant avec enthousiasme,, criant et lui tapant dans le dos. Avec quelques soldats qui se trouvaient par hasard sur les lieux, ils ont été les seuls témoins de cet exploit très remarquable.

Vitesse de 45 milles à l’heure

Blériot a quitté Les Baraques, à trois milles de Calais, vers trois heures et demie hier matin, dans un des plus petits monoplans dont on ait jamais fait usage. Il a traversé la Manche en un peu moins d’une demi-heure, deux fois plus vite que le paquebot poste. Il a atteint une vitesse moyenne de plus de quarante-cinq milles à l’heure, et s’est parfois approché de soixante milles à l’heure. Il s’est tenu à peu près à 250 pieds au-dessus du niveau de la mer, et pendant dix minutes, à mi-chemin, il a perdu de vue les deux côtés et les contre-torpilleurs français qui le suivaient ayant à son bord sa femme et quelques amis.

Le vent soufflait à une vitesse de vingt milles à l’heure et la mer était houleuse. L’aviateur était couvert d’un vêtement imperméable au vent, qui ne laissait voir que sa figure. Il portait aussi une ceinture de sauvetage en liège.

Par son exploit, Blériot a gagné le prix de $500 offert par le Daily Mail de Londres, pour la première traversée de la Manche.

Blériot, qui parle peu l’anglais, a décrit très modestement son vol.

« Je me levai à trois heures, dit-il, et me rendis au garage de l’aéroplane. Trouvant tout en ordre, je décidai d’entreprendre le vol. Le contre-torpilleur français fut averti et se rendit à environ quatre milles du rivage. Je m’élevai alors dans l’air et mis le cap directement sur Douvres. Au bout de dix minutes, j’avais perdu la terre de vue et j’avais laissé le navire de guerre assez loin en arrière.

« J’ajoutai une fois du pétrole. J’estime que les hélices faisaient de 1,200 à 1,400 révolutions à la minute. Le premier objet que le vis fut des navires au large de la côte anglaise; puis j’aperçus Deal et découvris que le vent, qui soufflait du sud-ouest, me portait de ce côté. Je tournais au sud dans la direction du château de Douvres, et je vis alors des amis qui brandissaient un drapeau dans une vallée propice à un atterrissement (sic!). Je décrivis deux cercles tout en réduisant la vitesse de la machine, puis plongeai, mais je vins en contact avec la terre plus vite que je ne m’y attendais. Nous fûmes rudement secoués, la machine et moi ».

M. Blériot fut conduit à l’hôtel, ou il fut bientôt rejoint par sa femme, qui l’embrassa en pleurant. Le maire et d’autres fonctionnaires vinrent saluer M. Blériot, au nom de la ville et de la nation, comme le pionnier du vol international.

(C’est arrivé le 25 juillet 1909)

bleriot à douvre

Louis Blériot, en costume d’aviateur, à Douvres, après l’atterrissage. Photo du domaine public, prise le 25 juillet 1909

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