Places et rues de Paris

Avenue Hoche

Avenue Hoche

Avenue Hoche

Située au 8e arrondissement de Paris, l’avenue Hoche commence au numéro civique 67, rue de Courcelles et place du Général-Brocard pour se terminer place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l’Étoile). L’avenue Hoche traverse le quartier du Faubourg-du-Roule. Elle a une longueur de 760 mètres et une largeur de 36 mètres.

Cette avenue fut ouverte en 1822, sous la dénomination de Sainte-Marie, mais à l’époque la rue était un chemin privé qui comportait, à chaque extrémité, des grilles qu’on refermait pendant la nuit. La rue reliait la rue du Faubourg-du-Roule (aujourd’hui rue du Faubourg-Saint-Honoré) au chemin de ronde de la barrière du Roule. En 1854, on ouvre une voie publique, dénommée avenue de la Reine-Hortense, en l’honneur de la mère de Napoléon III, entre la place de l'Étoile et la rue de Tilsitt.

En 1857, on prolonge l’avenue jusqu’à la rue Courcelle. En 1879, on la rebaptise en l'honneur du général de la Révolution française Lazare Hoche (1768-1797).

Lazare Hoche fut promu au grade de sergent en 1789, mais en 1793, à l’age de 25 ans, il fut nommé général de division, puis général en chef de l’armée de la Moselle. Il fut nommé à la tête de l’armée formée en hâte pour pacifier la Bretagne et la Vendée contre l’insurrection des Chouans. En 1797, il participe activement dans la guerre contre les Prussiens à la tête de l’armée de Sambre-et-Meuse. Il refuse ensuite le poste de ministre de la guerre qui lui est proposé et retourne vivre en Allemagne au milieu de ses soldats. Il meurt en 1797 au camp de Wetzlar (Prusse), à l’âge de 29 ans, probablement empoisonné.

Des bâtiments qui ornent l’avenue Hoche, remarquerons les suivants :

#2 : Ici résida Jean Commelin (1919-1988), ingénieur des mines et polytechnicien, pionnier de la rétro-ingénierie, dont les travaux discrets au sein de ses sociétés d’engeneering permirent de prodigieuses avancées techniques dans le domaine informatique.

#4 : Maison où mourut l’historien Gabriel Hanotaux (1863-1944) qui dirigea entre autres travaux littéraires la pubication de l’Histoire de la nation française. C’est lui qui dit : Si tout le monde savait ce que tout le monde dit de tout le monde, personne ne parlerait à personne. Paul Claudel (1868-1955) habita également cet immeuble, en 1938. En 1784, à l’âge de 17 ans, il servit dans les Gardes- Françaises comme fusilier et y fut remarqué par ses chefs.

#5 : Ambassade d’Arabie saoudite.

#6 : Dans ce ravissant hôtel ou s’est installée La prévention routière, fut imaginé, dans les années 1920 le concept de Réarmement moral sur une idée proposée par le révérend Frank Buchman (1878-1961), pasteur évangéliste luthérien de Pensylvanie, et soutenue par Romain Rolland, Rabindranath Tagore, Shoghi Effendi, Georges Leroy, le comte Harry Kessler, Louise Weiss. Cette grande et noble idée fut concrétisée en 1937 à Caux (Suisse), mais trop tard pour empêcher la Seconde guerre mondiale.

#7 : Ambassade du Japon.

#12 : Hôtel provenant de ceux que possédait Arsène Houssaye et qu’achetèrent, en 1878, Albert Arman de Caillavet et sa femme, née Léontine Lippmann. Celle-ci y tint salon le mercredi, un des salons les plus courus de l’époque, que fréquentèrent pêle-mêle artistes, hommes politiques et gens du monde. On pouvait y rencontrer aussi bien Sarah Bernhardt, Louis Barthou, Tristan Bernard, Léon Blum, Antoine Bourdelle, Aristide Briand, Paul Bourget, Georges Clémenceau, Colette et Willy, le Dr Paul-Louis Couchoud, Alexandre Dumas fils, Loïe Fuller, Mata Hari, Abel Hermant, Paul Hervieu, Jules Lemaître, Lecomte de Lisle, Pierre Loti, Maupassant, Charles Maurras, Robert de Montesquiou, l’abbé Théophile Moreux, Edouard Pailleron, Raymond Poincaré, de Porto-Riche, Réjane, Marcel Schwob, Vandèrem, Melchior de Vogüe, etc. Ce fut chez elle que Marcel Proust, très lié avec son fils, connut Anatole France, qui lui servira de modèle pour le personnage de Bergotte.

#15 : Ce joli hôtel abrite un haut lieu du cinéma contemporain : le quartier général des Films 13, de Claude Lelouch l’un des plus talentueux réalisateurs de sa génération.

#18 : Cet immeuble d’angle au carrefour de la rue du Faubourg Saint-Honoré (N° 215) abrita de 1987 à 2001, les éditions musicales Max Eschig.

#18 bis : Un joli hôtel particulier avec jardin suspendu, d’où Christian Brégou dirigeait CEP Communication, le groupe d’édition qu’il avait créé et conduit entre 1975 et 1997, avant qu’il ne soit absorbé par Havas lui-même phagocyté par Vivendi Universal.

Au 28 demeura la très belle, pieuse et sage Wanda Marie-Emilie Rutkowska (1872-1902). Sa brève carrière laissait prévoir une grande artiste.

Au 32, le siège social de Bouyghes à l’architecture moderne étincelante et flamboyante est venu remplacer des bâtiments au charme désuet où résidèrent des familles patriciennes et des artistes aujourd’hui oubliés.

#37 : Hôtel Royal Monceau, fondé dans les années 1920 par Pierre Brémont et André Jugnot chefs de file de l’hôtellerie française. Les signatures de Walt Disney, Hemingway, Maurice Chevalier côtoient celles du général Eisenhower ou de la comtesse de Paris sur le livre d’or. Hô Chi Minh y séjourna plusieurs semaines, en 1947, à l'occasion de la conférence de Fontainebleau. Norodom Sihanouk, le souverain du Cambodge indépendant y négocie avec Jean Sainteny. David Ben Gourion et Golda Meir y signent en 1948, l'acte de création de l'État d'Israël en Palestine. Des acteurs comme Omar Sharif, Mistinguett, Maurice Chevalier y établirent leurs pénates comme Madonna, Sharon Stone, Michael Jackson et d’autres.

#45 : Emplacement du Tattersall à l’angle de la rue Beaujon. Le premier “manège paré” de la capitale fut inauguré le 4 Juin 1898 par le Président Félix Faure, soirée mémorable au cours de laquelle Mme Segond-Weber récita quelques strophes d’Edmond Rostand présent dans la tribune, tout auréolé de la jeune gloire de Cyrano.

#50 : Eglise catholique anglaise Saint-Joseph et ancien couvent des Pères Passionnistes anglais.

#53 : Hôtel où demeura le célèbre marchand d’armes Sir Basil Zaharoff (1849-1936). Basil Zaharoff -Zacharias Basileios de son vrai nom – fut un aventurier d’une envergure exceptionnelle, à la fois financier, spéculateur hors pair et marchand d’armes international.

avenue hoche

Avenue Hoche. Photo : © GrandQuebec

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