Faune parisienne

La girafe

La girafe

La girafe de Charles X

En 1825, aventurier et antiquaire italien, Bernardino Drovetti (1776-1852), consul de France au Caire à l’époque, apprend que le Museum d’histoire naturelle de Paris réclame quelques animaux exotiques. Drovetti songe alors à lui faire envoyer l’une des girafes que possède le pacha d’Égypte Mehémet-Ali. C’est Mouker, seigneur soudanais, qui lui a envoyé deux girafons capturés. Drovetti demande à Mehémet Ali l’attribution d’une des deux bêtes comme cadeau pour le roi Charles X. Mehémet Ali accepte la proposition, comprenant que le cadeau apaisera peut-être les tensions qui existent entre son pays et la France depuis l’affaire de la révolte des Grecs contre les Turcs.

Le 23 octobre 1826, la girafe, une femelle de cinq mètre de haut baptisée Zarafa, arrive dans le port de Marseille à bord d’une embarcation spécialement conçue pour elle.

L’animal est accueilli par le zoologue et naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et un grand nombre d’académiciens, venus préparer le voyage de Zarafa pour Paris. Une foule se rassemble poussée par la curiosité.

Le 19 mai 1827, le ruminant prend place au milieu d’une caravane composée de vaches laitières, nécessaires à son importante consommation de lait quotidienne. Le convoi est entouré de gendarmes à cheval, de gardes égyptiens et de mouflons.

Le cortège parcourt entre 25 et 30 kilomètres par jour et arrive début juillet à Paris. Le roi Charles X demande à la voir avant qu’elle ne gagne le Jardin des Plantes : C’est à la girafe d’être conduite au roi, et non pas au souverain de se précipiter comme le vulgaire au-devant du cadeau qu’on lui fait ». Ainsi, le 9 juillet, escortée par les plus hauts dignitaires, Zarafa fait-elle un détour par Saint-Cloud, où Charles X lui offre de pétales de rose à manger.

La présence de Zarafa en France aliment les chroniques des journaux et surtout les pamphlets, qui ne manquent pas de la comparer au roi. En effet, ce dernier, de retour d’exil quelques années plus tôt, avait déclaré : « La France, je la revois enfin! Et rien n’y est changé, si ce n’est qu’il se trouve un Français de plus! »  On lui fait dire alors : « Rien n’y est changé, si ce n’est qu’il se trouve une bête de plus.»

La girafe s’éteint en 1845, au Jardin des Plantes. Après son décès, Zarafa est empaillée et, beaucoup plus tard, au XXe siècle, envoyée au Musée d’histoire naturelle de La Rochelle.

girafe

Girafe, gravure des années 1820

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