Outaouais

Exploitation minière

Exploitation minière

L’exploitation minière dans l’Outaouais

En fait, il est impossible de faire coïncider les divisions administratives et géologiques de la région de l’Outaouais et celle des Laurentides, ces deux régions se partageant les caractéristiques de la province géologique de Grenville.

Au titre des richesses minières, vers la fin du XIXe siècle, l’Outaouais fut le centre minier le plus actif du Canada et constituait la première région minière d'importance au niveau du Canada avec l'extraction et le traitement chimique du graphite, du mica, du fer, du quartz et du feldspath entre 1875 et le tournant du XXe siècle.

Ouverte en 1873, la mine Bristol, dans le Pontiac, fut la principale mine de fer au Canada (cette mine ferma ses portes en 1984).

Dans l’Outaouais, c’était l’apatite ou le phosphate qui était le principal minéral exploité avant l’arrivée sur le marché du phosphate des vastes gisements américains. En fait, vers 1870, on entreprenait l’exploitation des innombrables gisements d’apatite (fluorapatite) qui parsèment le territoire de l’Outaouais. Ce minéral servait à l’industrie chimique et à la préparation de fertilisants, et l’extraction de la fluorapatite a contribué au développement de l’économie et des infrastructures de la région de l’Outaouais. Plusieurs mines virent le jour alors dans la région inférieure des rivières Gatineau et du Lièvre (cantons de Hull, Templeton et Portland), au coût d’investissements considérables, avec pour résultat de faire de la région le centre minier le plus actif au pays.

Le travail s’effectuait à ciel ouvert, dans des tranchées, ou par des galeries souterraines. On racontait qu’un cristal parfait d’apatite, d’un poids de 320 kg, long de 215 cm et large de 120, a été un jour découvert, mais on a échoué à le dégager intact.

Pendant une courte période, on put croire que l'Outaouais deviendrait le principal exportateur de phosphate au monde. En 1885, année faste, 28 5000 tonnes de phosphate furent extraites et convoyées par 2000 mineurs et ouvriers. Vers la fin de cette décennie, cependant, la mise en valeur des gisements de Floride et d'Afrique du Nord, autrement plus vastes et aisés à exploiter, brisa l’euphorie.

Dès 1890, le phosphate de la région s’avère plus cher et les mines connaissent un déclin rapide. Vers 1892, l’industrie minière se tourne alors vers le mica (phlogopit) qui prend le rôle dominant laissé par l’apatite, d’autant que ces deux minéraux se rencontrent au sein des mêmes gisements dans les filons de calcite-apatite-mica.

Le mica apparut alors comme la solution de rechange idéale : les deux minéraux, apatite et mica, étant associés dans les mêmes veines.

La brucite, le fer, le graphite, le kaolin et la magnésite, ainsi que de l’or et de l’argent sont également exploités (de l’or et de l’argent sont extraits plutôt comme produit secondaire de la mine de zinc et de plomb New Calumet, située sur l’île du Grand Calumet).

On exploitait des gîtes de feldspath, mais après 1930, l’exploitation de ces minéraux entre dans une phase moins prospère et vers la fin des années 1960, les mines de feldspath ferment leurs portes.

Les calcaires et dolomies ordoviciens (calcaire magnésien) affleurent le long de la rivière des Outaouais, de Thurso à Fort-Coulonge, à Hull et Aylmer. La région leur doit la «pierre grise» si caractéristique qui a servi à édifier murets, maisons, collèges, églises et bâtiments publics. Aujourd'hui, on en fait de la pierre concassée (quatre carrières à Gatineau).

Dès le XIXe siècle, on a exploité le grès cambro-ordovicien dans la région de Montebello et de Papineauville. Au lac Beauchamp, à Gatineau, le grès, broyé sur place, a produit de la silice pour l'industrie du verre dans les années 1930 et 1940.

Le granit est exploité dans les Laurentides (Brownsburg) et près de Mont-Laurier (Guénette) depuis le début du XXe siècle. Le marbre dolomitique précambrien (distinct de la dolomie ordovicienne) de Portage-du-Fort a servi, au XIXe siècle, à répondre aux besoins locaux, de même que la pierre de petites carrières ailleurs dans l'Outaouais. Des carrières sont actives à Labelle (gneiss) et à Mirabelle (granit).

L’industrie des mines et de l’extraction de la pierre, qui employait 700 salariés entre 1940 et 1950, s'efface au point de presque disparaitre durant les années 1970 en Outaouais, à quelques exceptions près pour ne renaître que vers la fin des années 1980, parce que la région possède toujours plusieurs gisements du cuivre, fer, nickel, zinc, ainsi que des minéraux industriels (feldspath, graphite, mica, pierre, sable, gravier.

En 1989, au sud de Mont-Laurier, dans les Hautes Laurentides, la mine Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles est ouverte pour exploiter un vaste gisement de graphite. Timcal Canada inc. est le seul producteur de graphite cristallin en paillettes en Amérique du Nord et la mine de Timcal Canada (anciennement Stratmin Graphite inc.) est une mine de graphite à ciel ouvert qui utilise les procédés de flottation et de concentration pour traiter le minerai extrait. Considéré comme de très bonne qualité, ce type de graphite est utilisé pour des applications réfractaires. L’usine peut produire plus de 25 000 tonnes de concentré de graphite en paillettes par année. Le site possède un parc à résidus miniers et un bassin de sédimentation qui permet le traitement de ses effluents. Timcal exporte la majeure partie de cette production vers les États-Unis et l’Europe.

Dans la région, des carrières de pierre sont actives. On y extrait du granit, de la dolomie, de la pierre calcaire. Sur le territoire, on prospecte actuellement le zinc, le graphite et la wollastonite, au nord de Hull, dans la région de Grenville, de Saint-Jovite et de Saint-Sauveur.

La Golden Calumet Exploration a entrepris des forages sur le site de l'ancienne mine de zinc-plomb-argent-or New Calumet, dans l’île du Grand Calumet, qu'elle envisage de rouvrir pour ses réserves en or et en argent. Des indices de zinc et plomb ont justifié l'entreprise de travaux d’exploration dans la région de Gracefield-Maniwaki, de Mont-Laurier et de L’Ascension. La prospection du graphite se concentre dans la région de Hull-Buckingham, de Mont-Laurier et de Lachute. Le potentiel d’anciennes mines est réévalué et de nouveaux indices de graphite ont été découverts dans les régions de Buckingham, de Saint-Jovite et de Bouchette. Des gîtes de diopside, dans la région de l’île du Grand Calumet, de Wakefield et de Lost River, sont également étudiés.

La région de l’ancienne mine Renzy de cuivre-nickel suscite un intérêt nouveau pour son potentiel en platine et en cobalt. Certains terrains considérés comme stériles du point de vue minier, en particulier un complexe gneissique dans la réserve faunique Papineau-Labelle, pourraient abriter des sulfures massifs (chalcopyrite) porteurs de cuivre. Leur contexte serait aussi favorable à la présence d’or.

Durant les années 1950, dans l’Outaouais, on a prospecté l’uranium et on en a découvert de nombreux gisements, mais aucun qui soit rentable. Aujourd’hui, on assiste à un regain de la prospection de l'uranium. Certaines carbonatites immédiatement au nord de Gatineau ont attiré l'attention des compagnies minières par leur teneur en terre rares. Des indices d’uranium, de thorium et de molybdène sont étudiés dans la région de Maniwaki – Grand-Remous et dans le Pontiac. Des indices de terres rares se trouvent dans la région de Maniwaki-Gracefield.

Des microdiamants et des minéraux indicateurs de la présence de diamants ont été découverts dans les sédiments glaciaires près du lac Bryson, en 1992. Des recherches ont été entreprises afin de repérer une lamproïte, roche mafique potentiellement diamantifère. L'entreprise semble avoir été abandonnée, faute de résultats prometteurs.

Sources :

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