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Terrorisme aveugle

Terrorisme aveugle

Une Montréalaise victime d’une explosion dans le métro parisien

Le 3 décembre 1996, une nouvelle attaque terroriste a lieu à Paris. La bombonne de gaz de 13 kilos qui a explosé à 18h05, en pleine heure de pointe, dans une station du métro régional parisien – le RER, était une bombe aveugle faite pour tuer.

On dénombrait deux morts, trois blessés dans un état «désespéré», 25 autres dans un état grave ou très grave. Aussitôt après, tous les regards se sont tournés vers la piste islamiste, qui avait déjà frappé en 1995.

À quelques dizaines de secondes près, le bilan aurait pu être encore plus lourd au milieu de cette foule compacte. Il se trouve que l’engin de fabrication artisanale a explosé dans un wagon de RER au moment où la rame entrait en gare de Port-Royal, et que cette station est à ciel ouvert, ce qui a atténué l’effet de la déflagration.

Parmi les deux victimes tuées sur le coup dans l’attentat à la bombe du métro Port-Royal à Paris, il y avait une femme, tellement déchiquetée par l’explosion que son identification posait problème à la police.

Il s’agit d’une Montréalaise de 36 ans, Hélène Viel, à peine arrivée dimanche à Paris avec son conjoint, Franklin Stonebanks, un Canadien de 31 ans, originaire de Victoria, et avec qui elle vivait à Saint-Lazare, près de Rigaud, depuis environ cinq ans. C’est elle qui, selon les enquêteurs, a pris la déflagration de plein fouet, protégeant même de ce fait les autres passagers du wagon. Son conjoint, qui se trouvait à côté d’elle, a été sérieusement brûlé aux mains et blessé aux jambes, mais son état n’inspire plus d’inquiétude.

Cadre supérieur chargé de la production au sein de la société pharmaceutique Rhône-Poulenc, M. Stonebanks venait d’être nommé à Paris, et le couple cherchait un appartement où s’installer dès la fin de la première semaine de janvier. Hélène Viel était elle-même chercheuse en pharmacie et comptait trouver un emploi dans ce domaine à Paris.

Le rêve a tragiquement pris fin à 18h05 lorsque la rame du métro régional entrait dans la gare de Port-Royal, à la limite sud du jardin du Luxembourg.

La jeune femme était assise sur le strapontin au-dessous duquel les terroristes avaient précisément laissé la bombonne de gaz (de camping) remplie de poudre et de ferraille : «C’est elle qui a tout pris directement, à un point tel qu’elle a pratiquement constitué un rempart pour les autres passagers, et considérablement amorti l’impact».

(Texte publié le 4 décembre 1996)

attentat port royal

Station RER Port Royal, à la mémoire des victimes de l’attentat du 3 décembre 1996. Source de la photo : Sos-Attentats

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