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Suffragettes

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Femmes Suffragettes et Furies

Ce que la société attend du sexe faible, les prétentions de celui-ce, ses réclamations drôles, ses excès… L'anarchie en jupon! Oui à la femme au foyer

Le monde entier s’occupe aujourd’hui des suffragettes. Elles ont assez fait de bruit en Angleterre pour attirer l’attention universelle. On ne rit plus, maintenant, des agissements des apôtres du féminisme politique; elles sont devenues une cause de désordre extraordinaires que la police a bien du mal à réprimer, et les gouvernements se demandent quelles mesures il faudra prendre à l’avenir pour faire respecter la loi à ces énergumènes qui font une triste réputation à leur sexe, dans quelques pays.

Il convient pourtant de faire une distinction entre les suffragettes anglaises et celles d’Amérique; autant celles-là sont violentes, autant celles-ci se montrent pacifiques. Cela ne veut pourtant pas dire que les suffragettes américaines manquent de fermeté; au contraire, elles poursuivent leur but avec une constance digne d’un meilleur sort. Il faut, pourtant, convenir que dans nul autre pays au monde le féminisme fait plus de progrès qu’aux États-Unis, en ces dernières années. Les économistes les plus éclairés, toutefois, voient en cela un grand danger social. Les moins anti-féministes y trouvent une anomalie sérieuse.

Il existe aujourd’hui trois catégories de femmes qui occupent l’attention du monde entier. Il a d’abord la femme, la vraie femme, celle qui, fille, épouse ou mère se consacre uniquement à la mission qui lui a été assignée par la Providence, la femme qui est l’ornement du foyer, et l’adoration de tous ceux qui l’entourent.

Il y a ensuite la suffragette modérée, celle qui, non contente de l’émancipation dont elle jouit dans notre société moderne, réclame, mais sans se livrer à des voies de fait et à des excès répréhensibles, des droits politiques qui ont été jusqu’ici l’apanage exclusif de l’homme. Le bon sens nous dit que ces femmes se trompent et que leur place n’est pas dans les assemblées politiques tumultueuses, dans les bureaux de votation ou dans l’enceinte du parlement, mais au foyer qui réclame sa constante présence.

Pourtant, il serait difficile de ne pas reconnaître le droit qu’elles ont de présenter leur cause, de la discuter et de tâcher de la faire triompher. Les concessions qui ont été faites aux femmes, dans certains pays, comme aux États-Unis, les autorisent, pour ainsi dire, à continuer la campagne destinée à faire étendre davantage leurs privilèges politiques.

Mais il est une classe de suffragettes que l’humanité repousse : ce sont celles qui, comme à Londres, se livrent à toutes les violences, au crime même, sous prétexte de réclamer justice. Celles-là, la société ne peut les souffrir; elles cessent d’être femmes pour devenir furies, et l’autorité ne peut que les traiter comme elles le méritent, c’est-à-dire avec toute la rigueur qui doit poursuivre les criminels.

(Ce texte a été publié dans La Presse, le 8 mars 1913).

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